Bonsoir les Skillos,

Mon dilemme est le suivant :

J'ai créé une nouvelle société ce printemps. Pour cela, j'ai fait appel aux services d'une relation professionnelle "locale" dans une banque traditionnelle parce que nous sommes dans le même business club depuis plus de 5 ans. Cependant, les tarifs pratiqués peuvent vite devenir prohibitifs (un montant forfaitaire mensuel + un %age sur les montants des sorties d'argent du compte).

Je me pose donc la question de migrer vers ces néo banques (Qonto ou N26) qui pratiquent des tarifs bien plus abordables avec une "expérience utilisateur" bien meilleure.

Cependant, je me fais quelques réflexions, de niveaux différents, sur ce sujet :

  1. Le coût est moindre et prévisible pour ces néo-banques. En même temps les services sont moindres. Par exemple, la plupart de ces neo-banques n'autorisent pas le découvert. Bien que sur une activité de services et de conseil et non de négoce, les trous de trésorerie, ça peut arriver. Et là, pas de possible de négocier un découvert, même temporaire.
  2. Pour avoir posé la question à N26 - et je pense que Qonto c'est un peu pareil - impossible d'encaisser des chèques, ni d'en émettre vu que nulle part il n'est fait mention de chéquier dans les services. Or, j'ai des clients qui me paient encore aujourd'hui par chèque. Et quelques fois, je ne peux faire autrement que payer par chèque. #ShitHappens. Mais dans mon territoire rural, tout le monde n'est pas encore à l'aise avec ces expériences utilisateurs nouvelles... Ceci dit, je peux aussi participer à l'éducation locale par le fait d'obliger mes clients à ces nouveaux usages également...
  3. Nous sommes dans un monde plat, dixit Thomas Friedmann. Il est aujourd'hui possible d'utiliser les meilleurs services aux moindres coûts un peu partout dans le monde. Il n'est qu'à voir le concept de e-résident mis en place par l'Estonie permettant à n'importe qui de créer une entreprise et ouvrir un compte bancaire là bas pour 3 fois rien. En même temps, quid de cette réflexion sur le "local", de maintenir des tissus économiques locaux ? L'intérêt financier, certains, l'intérêt qualitatif tout aussi certain de ces nouveaux services éloignent un peu plus ce maintien local, sauf à créer localement certains de ces services. Je suis donc très partagé entre payer un peu plus cher pour un service vraiment pas "user friendly" et un peu lourd, mais qui maintient du lien local ou bien payer moins cher, pour un peu moins de services et quitter l'esprit "local", mon territoire...

C'est un vrai dilemme pour moi, surtout dans cette économie numérique et d'innovation qui est mon coeur de métier.

Si vous avez des avis, des remarques, des questions..

banques économie locale economie numérique
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6 réponses

il y a 13 jours par olivierChaillot

Bonjour Guillaume,

Merci pour cette question de fond qui ne concerne pas que les services bancaires ... En effet, le monde en mutation nous propose un modèle où le prix deviendrait le seul critère pertinent pour faire le choix de nos actes d'achat ...

Ce modèle conduit à mettre tout le monde en concurrence sans aucune prise en compte du cadre juridique, fiscal, social ... dans lequel l'heureux élues évolue ... et ainsi contribuer à tirer tous les prix vers le bas ...

La question est donc très politique au sens où la réponse que chacun apporte façonne le monde dans lequel nous allons vivre et celui que nous laisserons à nos successeurs ... Alors, le choix pourrait devenir un arbitrage en "après moi le déluge" et "maintenir des solidarités locales" ou "vers une harmonisation mondiale" ou "on tire tout le monde vers le haut" ou ...

Alors, peut on encore penser que l'action de chacun influe le collectif ? ou que, quoique nous fassions, les carottes sont cuites ? dans un monde où de moins en moins de personnes se déplacent pour voter, nos choix de consommation deviennent ils les nouveaux bulletins de vote ?

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il y a 13 jours par ChristopheFantoni

Entièrement d'accord.

Personnellement, j'apprécie tout particulièrement de passer par des structures locales comme la Poste, pour mes colis, et la Banque Postale, pour mes comptes bancaires, plutôt que de passer par des sociétés privées en dehors de ma région.

Après, quand ça ne va pas, je sais être dur, mais juste. Et étant donné que je suis quelqu'un de très procédurier, les erreurs commises à mon encontre ne le sont souvent qu'une fois...

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il y a 13 jours par EtienneZulauf

Bonjour,

Je pense que les néo-banques pour les pro "c'est chaud". Tu pointes du doigt le problème des chèques (bien qu'il soit possible de les refuser, comme beaucoup de commerçants) mais je pense plus en particulier au premier point que tu relèves : les autorisation de découvert. Une entreprise peut temporairement y avoir recours et c'est bien d'avoir une relation humaine dans ce cas plutôt que des algorithmes et un central d'appel.

De fait cette présence humaine a un coût, économisé par les banques en ligne.

Personnellement je ne m'y risquerais pas. A mon échelle les coûts globaux bancaires pour ma société sont de quelques centaines d'euros par an tout compris (chéquier, CB, tenue de compte, autorisation de découvert). En regroupant les comptes des autres entreprises et mon compte perso, j'ai noué une bonne relation avec mon banquier qui m'accorde quelques ristournes mais qui est surtout bien présent et volontaire. Il se déplace et j'ai le sentiment d'être bien suivi, ça n'a pas de prix pour pouvoir me consacrer à mes activités.

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il y a 14 jours par ChristopheFantoni

Excellente question. Merci de l'avoir posé. En fait, j'ai actuellement le même problème. Mon choix fut vite fait : banque locale. Pire que ça. J'ai choisi la Banque Postale. Une raison toute simple à cela : j'ai un compte personnel chez eux depuis de (très) nombreuses années. Ils me connaissent. Ils savent que je suis un type réglo. La confiance est donc là.

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il y a 14 jours par ChristianWAGNER

J'ai toujours un souci à avoir un compte perso et un compte pro dans la même banque

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il y a 14 jours par ChristopheFantoni

Personnellement, c'est bien simple : les autres banques me font toujours la tête quand j'essaye d'ouvrir un nouveau compte chez eux. Et Dieu sait que j'ai essayé. Par contre, avec la Banque Postale, je n'ai jamais eu ce type de problème.

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il y a 13 jours par ChristopheFantoni

Je tenais juste à préciser que j'obtiens également ce type de refus avec les néo-banques. Il faut dire aussi que quand j'ouvre un compte, c'est juste pour y mettre occasionnellement un peu d'argent et non pas pour l'alimenter tous les mois avec des revenus sans cesse croissants.

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il y a 14 jours par ChristianWAGNER

Salut Guillaume,

Alors ta question tombe bien. En effet, je me posais cette question ce matin même ayant eu un petit soucis de carte avec un compte à l'étranger. En 2 minutes, j'ai eu mon conseiller par téléphone (numéro non surtaxé) , et résolu la situation en 5 minutes. En france (CIC), je n'arrive jamais à joindre mon conseiller et la situation n'est jamais résolu en moins de 24 heures avec un Webbanking à la ramasse. Que ce soit en Pro ou en Perso,  je paie des frais important qui  ne servent qu'à rémunérer un conseiller qui est la pour me vendre des assurances. Alors, en perso, je bascule chez N26 et en pro je pense aller chez Quonto. Il est vrai que je ne suis pas confronté au depôts de chèque simplement quelques problèmes avec les prélèvements où malgré la mise en place de la norme SEPA, les entreprises ne jouent pas le jeu et refusent les IBAN étranger.

Il est encore très difficile de ne posséder qu'un compte dans une Neobanque, il faut encore composer avec une banque traditionnelle mais en service minimum

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il y a 13 jours par ChristopheFantoni

@gmaison et @ChristianWAGNER :

Je tenais à vous remercier, car grâce à vous j'ai découvert Qonto que je ne connaissais absolument pas. Je suis d’ailleurs en train d'échanger avec eux étant donné que beaucoup de mes questions demeurent pour l'instant sans réponses. En effet, l'offre proposée me parait intéressante, mais elle ne semble pas suffisamment mature pour se suffire à elle-même (pas de chéquier, pas de possibilité de déposer des espèces, des CB de type prépayées, pas de crédit possible, etc).

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il y a 13 jours par ChristianWAGNER

Effectivement Christophe, a coupler avec une banque traditionnelle en service minimum. en attendant l'évolution

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il y a 13 jours par ChristopheFantoni

Personnellement, c'est effectivement ce que je compte faire.

Par ailleurs, beaucoup de réponses à des questions pourtant assez élémentaires n'apparaissent pas dans leur aide. Par exemple, lorsqu'on est en domiciliation, le contrat de domiciliation suffit si l'entreprise de domiciliation dispose déjà d'un agrément préfectoral. En effet, si on s'en tient à ce qui est indiqué sur leur site web, il faudrait récupérer une copie du K-bis ainsi qu'une copie de la carte d'identité du patron de l'entreprise de domiciliation. Au moyen-âge peut être ;). Mais pas en 2017. 

Même pour les sociétés en création, certaines choses ne sont pas expliquées clairement. Par exemple, pourquoi passer par leur notaire y déposer son capital social ? Tout simplement, car c'est la seule solution légale existante quand on n'est pas une banque. Il faut simplement le notifier noir sur blanc dans les statuts.

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il y a 13 jours par ChristopheFantoni

Autre problème que je viens de découvrir : l'augmentation progressive du capital social n'est pas possible. En effet, le capital social doit être libéré en intégralité dès la création de l'entreprise. Par contre, la bonne nouvelle - et ça c'est un scoop ! - il prépare la gestion des chèques, au moins pour l'encaissement, pour l'année prochaine. ;)

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il y a 13 jours par ChristopheFantoni

Je continue mes échanges avec Qonto et je m'aperçois que la solution proposée n'est bonne qu'au démarrage d'une entreprise. En effet, l’augmentation du capital social n’est visiblement pas possible. Les entreprises qui utilisent leurs services sont donc comme figées. Elles devront sans doute changer de « banque » pour quelque chose d’un peu plus sérieux, tout en enregistrant une modification de leur statut (puisque le passage par un notaire nécessite, justement, d’être notifié dans les statuts).

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il y a 13 jours par ChristopheFantoni

Conclusion de la journée après mes nombreux échanges avec Qonto : pour l'instant, ils n'ont pas les épaules suffisamment solides pour devenir l'unique partenaire bancaire des entreprises. Ils préfèrent se contenter d'être la banque des toutes petites sociétés, voire d'aider les sociétés en formation. Mais il ne faut pas attendre plus de leur part. Peut-être dans le futur, mais pour l'instant - et ils le disent eux-mêmes - ils ne sont pas prêts (pas de chéquier, pas de solutions de paiement autre que Paypal / Stripe, un renvoi systématique vers la solution GoCardlessCard pour les solutions de prélèvements automatiques, etc).

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il y a 12 jours par gmaison

Merci beaucoup pour tous ces retours @ChristopheFantoni !! :)

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il y a 12 jours par ChristopheFantoni

@gmaison : De rien. De rien. ;)

La prochaine de ma liste sera sans doute IbanFirst. Une néo-banque belge soutenue par Xavier Niel. Rien que là, on sent déjà le paradoxe.

En fait, je leur ai déjà posé une première question et j'attends leur réponse. Pour l'instant, je note qu'ils sont moins réactifs que Qonto.

Ensuite, l'étude attentive de leur site web met indirectement en lumière - pour qui sait lire entre les lignes - les nombreuses faiblesses de leur solution bancaire, à commencer par des CB virtuelles uniquement en Euro. Pour une banque qui se prétend être LA solution pour les achats internationaux, il y a, à mon avis, comme un petit problème. Visiblement, la banque ne semble pas être au courant des nouvelles pratiques de certains pays, à commencer par le Chine, qui préfèrent de plus en plus la CB au virement bancaire, notamment dans le cadre de ses ventes en Europe.

De plus, les cartes bancaires virtuelles proposées ne gère pas le protocole de sécurité 3-D Secure de Mastercard. Là aussi,question sécurité, on repassera, étant donné que la majorité des sites français,je parle là des plus sérieux, utilisent tous ce protocole. Pourtant, le site prétend proposé une solution "blindée" au niveau sécuritaire. Pas tant que que ça, visiblement.

Et des petites choses comme ça, sur leur site web, il y en a des tonnes...

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il y a 11 jours par FredericLibaud

Bonjour,

Attention, le refus d'un paiement par chèque est assimilable a du refus de vente. Tout du moins pour des opérations avec des consommateurs, a ma connaissance.

Le problème des néo-banque c'est le service, alors que les banques de réseaux on développez au fil du temps justement ceux-ci, même si ils sont considérés comme coûteux. Ce qui au passage n'est pas forcément le cas, il faut donc faire jouer la concurrence.

La meilleure des pratiques est de faire appel à deux établissements/réseaux différents quand on le peu.

Quand aux Néo-banques celles qui résisteront seront celles adossées aux grands réseaux et pour cause.

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il y a 11 jours par gmaison

Faire appel à deux réseaux, pourquoi pas...

Mais, en tant qu'entreprise, tu paies deux fois des frais maousses...

C'est ça qui est embêtant...

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il y a 11 jours par FredericLibaud

Tout dépend des frais... faut comparer et faire jouer la concurrence !

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