tant de questions et de débats sur ce sujet, selon-vous et avec vos mots, comment définir une innovation de rupture ?

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11 réponses

il y a 7 ans par FranckLenoir
Je ne sais pas comment on la défini mais je sais qu'on la constate a posteriori. Je suis très sceptique sur les intentions d'innovation de rupture. Il y aura rupture si l'innovation transforme en profondeur les comportements. Et on ne peut le savoir qu'après coup.
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il y a 7 ans par BrieucD
Je suis tout à fait d'accord avec le point de vue précédent. Le terme de rupture ne peut être utilisé que rétrospectivement. Et c'est donc souvent stérile, voire dangereux, de vouloir à tout prix "créer une rupture".

Cela étant dit, concernant les ruptures technologiques que je connais le mieux, elles ne se traduisent pas nécessairement par une rupture dans l'usage qui en est fait. Ne pas oublier non plus d'aller investiguer jusqu'aux aspects théoriques (scientifiques par exemple), pour lesquels on parle moins de rupture que de "changement de paradigme".

Bref, la recherche de rupture n'est souvent qu'une illusion, un voeu pieux, et c'est une notion dont je me méfie.
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il y a 7 ans par PatriceCAZALAS
L'innovation de rupture génère de nouveaux usages et de nouvelles habitudes de consommation, impliquant la transformation ou la création d'un nouveau marché.
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il y a 7 ans par AdrienRougier
merci à tous pour vos retours. ca confirme la difficulté de la définir en amont... :)
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il y a 7 ans par FlorieBousquie
L'innovation par définition doit à mon sens amener une rupture, technologique par exemple. L'innovation de rupture permet de rompre avec les habitudes, avec les systèmes/concepts déjà connus, elle doit d'une certaine façon révolutionner le quotidien et s'imposer comme LA nouvelle solution : plus pratique, moins coûteuse...
Afin de mieux échanger sur ta question, peux-tu préciser le (les) domaine auquel tu penses ?
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il y a 7 ans par AdrienRougier
merci pour vos réponses !

en réalité, en tant que consultant en innovation, je suis souvent confronté à devoir définir la notion d'innovation de rupture. Par expérience, ca ne raisonne pas de la même manière chez tout le monde. De plus, une innovation de rupture pour l'un peut être une innovation incrémentale pour l'autre, etc.

Il est donc difficile je trouve de définir cette notion de rupture d'autant plus que chaque secteur à sa "rupture" et dans un monde en pleine transformation qu'est ce qui est vraiment "rupturiste" ou incrémental...

D'où ma question... J'aimerais pouvoir, de manière collective/collaborative, définir "innovation de rupture" :)
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il y a 7 ans par FranckLenoir
En plus de ce qui a deja été dit, ce sont l'ambition et le rythme qui distinguent l'innovation incrementale et de rupture, non ? Sinon pour votre demande, une definition, je crois que le collectif a bien joué son role en vous apportant de la matière. A vous de jouer maintenant. Quelle définition proposez vous du coup ?
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il y a 7 ans par daniellasaygues
Bonjour,
j'aime bien l'approche portée par BPI le LAB, sur "le numérique déroutant", avec quelques exemples décrits sur leur étude www.bpifrance-lelab.fr/Ressources/Ressources-Bp...
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il y a 7 ans par daniellasaygues
une autre analyse sympa "Moderniser et offrir des solutions jusque-là inexistantes, le leitmotiv des start-up disruptives " pour "l'Atelier" : www.atelier.net/trends/articles/moderniser-offr...
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il y a 7 ans par MathieuMenet
J'adore ta question Adrien. Tu as pas mal de données avec les réponses des autres mais on constate rapidement que cette notion est floue. Et si chez tes clients ce n'est pas clair, c'est la même situation dans la sphère innovation. Je dirais que tout dépend ce que tu souhaites caractériser par innovation de rupture: est-ce la technologie utilisée ou la nouvelle utilisation apporter au "client"?

Si c'est la technologie, Triz a sa définition caractérisée en 5 niveaux d'innovation. Mais honnêtement, ce n'est pas celle que je préfère car je part du principe qu'une technologie n'est pas innovante en elle-même mais c'est son utilisation (rencontre avec le marché) qui va la transformer en innovation.

Je préfère donc celle de Christensen dans son livre Innovator's Dilemma, et qui est capable d'expliquer toutes les innovations de rupture passées. Selon lui, soit tu fais une rupture inférieure, soit une rupture de marché. Tu trouveras les définitions exactes dans son livre ou ici fr.wikipedia.org/wiki/Technologie_de_rupture

Et avec ces définitions, on est capable de dire objectivement si une innovation est de rupture ou pas. Ce qui se constate a posteriori c'est son succès pas son caractère de rupture.
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il y a 7 ans par CeciliaSkroder
J'adore Ornikar et DemanderJustice, merci Daniel pour l'article! Très intéressant d'ailleurs le site.
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il y a 7 ans par LionelBruel
Une rupture, c'est peut-être ce que l'école de Palo Alto définit comme changement de degré 2. Vous savez ? Au lieu de faire plus de plus, ça fait... très différent. Bascule par la qualité, le changement de donne, plutôt que l'accumulation de quantités.
Exemple concret ? Si les fourgons de transports de fonds ont, dans les années 90, augmenté l'épaisseur de leur blindage ("plus de plus", logique de degré 1), ils ont surtout gagné en efficience (sauver leur peau, avec peu) sitôt qu'ils se sont mis à modifier aléatoirement leur trajet du point A au point B et aussi à se fondre dans le paysage urbain. C'est un changement de paradigme : on bouleverse la façon de satisfaire ses clients (internes, externes), on change surtout la façon de répondre à un impératif (ici, survivre), que l'on pose au commencement de tout. Comme une base, une hypothèse de travail. Quelles que soient les conséquences et la chaîne de surprises. (Effet-dominos.)
La solution, habituellement proche de ses concepteurs, semble alors venir de quelqu'un d'étranger — L'ADN se transforme, tout ou partie. Mieux : la solution possible se met à satisfaire la finalité, cette fois-ci en frayant des chemins tout nouveaux. Voire en dévoilant une nouvelle finalité, plus fondamentale encore : bosser sereinement. (Plutôt que de survivre aux projectiles.)
Le moyen : penser d'abord finalité (réussir ci ou ça) plutôt qu'en objectifs immédiats (l'on considère comme réussite l'atteinte de tel ou tel seuil), donc voir d'emblée les choses au global, par un résultat heureux. C'est le "happy end" des consultants : "Dans ce qui nous occupe, ça veut dire quoi une réussite complète ? Si on se concentre là dessus, le film, il dit quoi ? il montre quoi ? on constate quoi ?" En parallèle, c'est être sûr qu'on abandonne les choses prévisibles (ex. de Paul Watzlawick, avec l'emblématique siège de la cité médiévale et la solution contre-intuitive permettant à une poignée d'habitants de dérouter une armée entière). Pour finir : il faut généralement copier-améliorer ce qui marche dans d'autres secteurs (mimétisme, banchmarking, dynamique de groupe et pensée latérale façon Edward De Bono).
L'expérience montre surtout qu'il faut savoir gérer les contrecoups, les secousses et les furieuses envies de retourner à ce qu'on connaît. C'est le job du manager, qui anticipe, rassure et s'empare vigoureusement de la chose. Il y a, pour cela, des outils fort pratiques : minorités persuasives de Serge Moscovici (piloter les quatre composantes de leur impact) et inéquation du changement de David Gleicher (amplifier le ras-le-bol, réussir les tout premiers changements, etc.)
C'est très concret. Et c'est, de mémoire, l'objet d'un autre post dans Skiller :)
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il y a 7 ans par Julien
Dans mes confs sur le lean startup, je le mets en opposition avec l'amélioration continue. En gros, un changement qui est tellement radical qu'il met en évidence une marche (innovation techno) ou au contraire que peu de personnes comprennent (d'usage ou de business). Le problème c'est que ça couvre aussi les mauvaises idées cette description... D'où le lean startup...
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il y a 5 ans par CeciliaSkroder

Et voici une remise à plat par Christensen himself: hbr.org/2015/12/what-is-disruptive-innovation

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il y a 5 ans par JacquesFuchs

Si nous regardons plus globalement, nous avons deux types d'innovation :

1) l'innovation incrémentale : on améliore l'existant (le passé)

2) l'innovation de rupture : le "nouveau" n'est plus de l'ancien amélioré : exemples

- un papillon n'est pas une chenille améliorée

- du son ou de la vidéo en numérique n'est pas de l'analogique amélioré

- Un saut en hauteur en Folksburry n'est pas du rouleau ventral amélioré

Un billet qui développe ceci un peu plus : www.jfinsights.com/creativite-innovation-et-si-...

Bonne lecture :-)

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