Bonjour tout le monde.

Je vous explique la situation :
 

Depuis quelques temps, mon collègue et moi-même (tout deux développeur web) avons décidé de quitter notre entreprise actuelle (agence de communication) pour créer notre propre structure.
Dernièrement, nous en avons fait part à nos employeurs avec qui nous avons une bonne relation (notamment de confiance).
Nous leurs avons proposés de mettre en place une rupture conventionnelle, eux peuvent nous garder encore un peu, pour finir les projets en cours, avoir le temps de se retourner, former les nouveaux arrivants... etc. Nous, cela nous donne accès au chômage pour aider à notre création. Nous avons aussi proposer, que par la suite, nous pouvons toujours continuer de bosser pour eux en tant que sous traitant s'ils avaient encore besoin d'aide.

Aujourd'hui, 3 semaines après avoir fait notre proposition, nous avons eu une longue discussion avec eux sur le sujet (première discussion depuis notre annonce).

De manière générale, le ton était cordial, chaque partie souhaitant que cela se passe bien. Ils ont toute fois insisté sur le fait de vouloir mettre en place un partenariat. Ils achèteraient des parts, et en échange nous fournirait du boulot (beaucoup de boulot).
Le problème ici, est que nous ne voulons pas d'eux dans l'entreprise. Nous voulons être sur d'être 100% indépendant dans nos projets, décisions...etc. Nous n'avons pas la même vision de cette futur société, et nous avons peur de ne pas nous reconnaitre dans ce projet avec eux. Nous avons aussi d'autres clients à côté (nous sommes tout deux freelance parallèlement à notre activité de salarié depuis plusieurs années) ainsi que des projets de produits en SaaS. Et pour finir, si nous avons décidé de partir de cette entreprise et de monter la notre, ce n'est pas pour refaire ce qu'on faisait avant avec juste un statut différent.
En revanche, travailler avec eux par la suite serait intéressant (finance et réseau) et c'est pourquoi nous aimerions leurs faire une autre proposition.
C'est là que nous avons besoin de vous :) Nous pensons à mettre en place un contrat stipulant qu'on travaillera pour eux minimum tant de jours par mois (on pensait à 20j). Ainsi cela peut les rassurer sur l'avenir (sur le fait qu'on ne va pas les lâcher du jour au lendemain après avoir obtenus notre rupture). Avez-vous d'autres idées?
Autre chose, à quel pourcentage de parts pourraient-ils devenir "dangereux" pour nous? A quel moment vont-ils pouvoir bloquer nos décisions ou en prendre a nos places. Quels pièges pourrait-il avoir dans cette proposition? Nous aimerions comprendre pourquoi ils ont insisté sur ce partenariat. Que peuvent-ils y gagner? Qu'avons nous à y gagner?

J'ai hate de lire vos réponses.

Merci de m'avoir lu.

création d'entreprise partenariat partage de parts ancien employeurs
5
5

10 réponses

il y a 1 an par EtienneZulauf

Il y a 2 points dans ta question :

L'association c'est comme un mariage. Si tu veux pas vivre avec eux, pas de parts ! C'est pas facile de récupérer des parts une fois qu'on les a cédées ! Le mieux reste d'en garder le plus possible et de prévoir un pacte d'associés (plus permissif en SAS) ! Il y a je pense un souhait de contrôle du prix et du temps pour assurer leurs besoins de leur part, tout ce dont vous n'avez pas besoin ! Ils justifient qu'ils font de l'apport d'affaires ? Ok mais pour combien de temps ? Autant négocier un TJM spécifique. Surtout (je me permets, vous en faites ce que vous voulez), ne cédez aucune part à votre ancien employeur, ou pour des raisons qui peuvent paraître alléchante mais absolument pas payables en actions ! Quand on monte une boite, on met bien un an avant de trouver sa "voie", son axe, sa vision, ses produits, etc...Franchement, ne vous enfermez pas avec votre passé sous contrôle de vos anciens patrons. Ils insistent parce que vous doutez, donc ils sentent qu'ils peuvent faire le hold-up : obtenir ce à quoi ils n'ont aucune raison de prétendre, à vil prix j'imagine en plus.

Le nombre de startups qui "financent" leur produit avec des prestations et finalement sont coincées par ces prestations...c'est effarant ! . Ils vous promettent "beaucoup de boulot" ? Mais votre boite elle est censée faire quoi ? Ne vous mettez pas la pression, ne promettez rien de général, c'est eux qui ont besoin de vous. Si vous partez, c'est que (j'espère) vous pouvez faire sans eux. J'ai vécu un "partenariat" avec mon dernier patron en lançant ma boite. On a bossé ensemble un mois.... Je pense que vous seriez contents de ne PLUS RIEN avoir à faire avec eux lorsque votre boite sera montée en fait, nouvelle page, boum ! Vous pouvez vous refaire un réseau, si vous êtes bons vous trouverez du travail. Votre TJM doit être normal, ne vous bradez pas (au moins 400 € HT / jour, et un jour c'est 7/8H, pas plus). Faites une remise sur objectifs : à partir de 20.000 € HT facturés dans l'année, remise de 10% sur les factures suivantes jusqu'à la fin de l'année (exemple). Remise à zéro le 1er janvier suivant. Là c'est vous qui posez les conditions, elles sont saines, basées sur du concret (vous avez déjà facturé X €, pas de remise sur des promesses). Et vous appliquez cela à tous vos clients (CGV), pas de faveurs.

Si vous voulez sortir un produit, demandez-vous comment faire en sorte qu'il soit rentable le plus vite possible. En effet, un produit pas rentable au début veut dire qu'il séduit peu de clients et qu'il a peu de chances de se rattraper par la suite. La perfusion aux prestations est ensuite une boucle sans fin.

Bon courage les gars ! Si vous êtes sur Toulouse, suis dispo pour discuter plus.

6
il y a 1 an par thibault

Bonjour,

Merci pour ta réponse. Ton retour d'expérience par rapport à ton dernier patron est intéressant, cela fait réfléchir.

Nous allons réfléchir à la remise sur objectif. On pensait mettre en place une vente de "packs de jours" avec tarif dégressif (plus une entreprise nous prend de jours, moins elle paye). Et pour nos anciens employeurs, un accès unique au niveau au dessus. Mais la remise sur objectif est bien vu! C'est encore des points que nous devons étudier.

Nous sommes sur Toulouse effectivement :) Je crois que nous sommes une majorité de Toulousain sur skiller.

2
il y a 1 an par EtienneZulauf

Et bien n'hésite pas à me contacter si tu le souhaites.

3
il y a 1 an par thibault

J'ai vu que ta société est proche de Saint Michel, on peut peut être se retrouver avec mon associé autour d'un verre en début de soirée? (Je suis dans le coin).

1
il y a 1 an par EtienneZulauf

Désolé pas ce soir. Demain ? Passez nous visiter vers 18H. On prend le relais par email ? etienne@occitech.fr

3
il y a 1 an par thibault

Bonjour tout le monde,

Un petit mot pour vous tenir au courant de la situation.
Tout va bien pour nous ! Ce fut long, nous avons eu de longues discussions avec nos employeurs mais nous sommes parvenu à un accord.

Nous avons obtenu notre rupture conventionnelle et nous partons à la fin du mois. Cela correspond à nos délais souhaités, nous partons proprement, serein.

Merci à vous tous pour vos conseils & avis, particulièrement à @EtienneZulauf qui nous a accueillis dans ses bureaux, tard le soir et en plus avec quelques bières !

Passez tous une bonne journée !

Thibault & Marceau

6
il y a 1 an par oimoci

Sans cette proposition, aurais-tu imaginer un instant proposer à tes employeurs actuels de s'associer à votre entreprise ? Probablement pas ! 

Tu peux tenter de peser le pour et le contre... Mais si dans "le pour" tu mets l'apport de business, je t'invite à relativiser ce point.

Si vous êtes bons, ils vous sous-traiteront le boulot de toute façon, jusqu'au jour où vous n'en aurez plus besoin car vous travaillerez pour vos (leurs ?) clients en direct.

Dans "le contre", tu as bien posé le problème et les réponses ici vont toutes dans le même sens... J'ajouterais que les doutes que tu partages avec nous en disent long sur votre relation de confiance -> ne brade pas ta liberté !

C'est déjà assez compliqué comme ça d'être totalement aligné sur la stratégie à 2 ! Sans compter qu'un matin en te levant tu regretteras amèrement que 10 ou 20% de ton travail finisse en dividendes pour ces personnes...

Je pense que c'est à eux de vous faire une nouvelle proposition en terme de partenariat, sans passer par la case "capitalistique" : par exemple un volume d'affaires (en nombre de jours) versus un tarif préférentiel, éventuellement avec plusieurs niveaux de remise en fonction de la réalité du business. Comme le propose @EtienneZulauf, une remise de 10% après X milliers d'euros facturés, puis 20% après Y milliers d'euros facturés par exemple...

All the best pour votre projet :)

5
il y a 1 an par thibault

Bonjour.

Merci pour ta réponse. Effectivement, ta première phrase fait mouche, nous avions déjà imaginer une association avec eux, et notre conclusion était qu'il n'en était pas question.

2
il y a 1 an par gmaison

@thibault Beaucoup de chose ont déjà été dites et dans ta question, il y a beaucoup de sujets différents

Pour éviter de paraphraser de trop, je vais essayer d'avoir un point de vue différent et pas trop technique. Tout d'abord, léger point technique : en mode SAS, tu peux définir des types d'actions différents (droits de vote et parts sociales) et DES pactes d'associés (par exemple entre toi et ton collègue en premier et entre vous toi, ton collègue et d'autres) qui laissent une grande liberté. Ensuite, tes anciens employeurs peuvent n'être qu'associés, minoritaires, et n'avoir rien à dire ni même à trop savoir avant les clôtures annuelles. 

Dans tout projet, surtout au démarrage, le plus important c'est de savoir ce qui vous motive, ce sur quoi vous pouvez vous appuyer (vous principalement et vos réseaux). Mais avant tout, l'élément de départ qui vous permettra de vous lancer, c'est ce que vous acceptez de perdre. En gros, dans cette perte acceptable, vous allez y placer des éléments très "techniques" et "matériels" comme de l'argent, du temps, une situation financière/pro un peu tendue pendant un certain temps, ... Mais il y aura aussi des éléments moins techniques et plus d'ordre ... motivationnels : quelles sont les contraintes que je ne peux éviter mais surtout quelles sont les contraintes que je peux accepter et jusqu'où ? C'est quelque chose à établir entre ton collègue et toi, en partageant vos pertes acceptables et vos niveaux de pertes acceptables. 

Ensuite, ce sera à vous et à chacun d'entre vous de déterminer ce vers quoi vous voulez aller, comment vous pouvez agir pour transformer votre environnement pour pouvoir le rendre plus propice à ce que vous voulez réellement faire. La tentation est grande d'utiliser la "bonne volonté" de vos anciens employeurs et "l'argent et le business facile" qu'ils vous proposent.

Mais, sauf erreur de ma part, tu le dis très bien :

Le problème ici, est que nous ne voulons pas d'eux dans l'entreprise.

Donc... Vous êtes, eux d'un côté et ton collège et toi de l'autre, sur des objectifs différents. L'afectio societatis risque d'être forcément tendu et vous allez, je pense, plus aller sur des rapports menant à des compromis et ne pas être "100% libres de vos choix" non pour des raisons techniques si vous restez majoritaires, mais plus pour des raisons "morales", éthiques, ... C'est à vous de rester maître de vos choix et donc de choisir comment vos "parties prenantes" vont s'insérer dans votre projet. Le meilleur critère, mais pas toujours le plus pertinent non plus, pour déterminer les meilleures parties prenantes pour votre projet est souvent de savoir pourquoi la partie prenante à intérêt au succès de votre projet. Ca peut être une question à leur poser :) et ça peut aider à connaître la sincérité de leur réponse ;)

Pour revenir à des choses plus pragmatiques, je te recommanderais, non pas de les faire entrer à ton capital, mais de définir avec eux soit des contrats sur des projets, soit des contrats annuels correspondant à des pools d'heures (que je ne recommande pas ==> il est préférable de baser des contrats sur des livrables). L'avantage de tels contrats c'est qu'arrivé au bout de la période du contrat (ou à tout le moins dans la période de dénonciation), si les termes du contrat ou de l'association ne conviennent plus, il suffit de rompre le contrat.

S'il y a une chose que la vie entrepreneuriale m'a apprise, c'est que toute perte, pour douloureuse qu'elle soit, est également une délivrance.

Et puis... il y a Skiller :)

Tiens nous au courant et reviens si tu as de nouvelles questions :)

5
il y a 1 an par thibault

Bonjour et merci pour ta réponse.
J'avais lu il y a quelque temps cette différence de type de part en SAS, mais merci pour ce rappel, j'avais oublié...
Et en effet ça change pas mal de choses si on peut différencier les parts.

Je pense leur poser ta question à notre prochaine rencontre, peut-être les amener à dévoiler leurs intentions maintenant que je comprends mieux la situation actuelle.

Ce que tu dis sur les pertes à fait mouche à moi et à mon collègue..

3
il y a 1 an par thibault

Bonjour tout le monde,

Tout d'abord un grand merci à la communauté Skiller.
Outre vos réponses complètes, l'attention que vous nous avez portés à été particulièrement motivante (déjà qu'on bouillonnait d'énergie!)
Tous vos retours/conseils/explications ont été lues et relues maintes fois.
Nous allons prochainement revenir vers nos futurs anciens employeurs pour leur faire part de notre réponse (à savoir, pas de partage de parts) et de notre proposition de retour (tarif de sous traitants, contrats pour les sécuriser les premiers mois...etc).
On vous tiendra au courant bien évidemment.
Merci encore à vous tous, de nous avoir permis d'y voir plus clair.
 

5
il y a 1 an par olivierChaillot

Bonjour,

Dans un projet de création, un des premiers travail (si ce n'est le premier, voire le seul vraiment indispensable !) est de définir la stratégie :

  • cadre de référence (finalités, valeurs, règles du jeu, contraintes, ...)
  • Environnement (DAS visé, FCS pour chaque DAS, profilage de la concurrence, jeu des acteurs, ...)
  • conception du plan d'actions stratégique et formalisation du projet ... c'est à dire que la stratégie générale défini la gouvernance, puis est déclinée pour chaque fonction opérationnelle (production, marketing, ressources humaines, finance) c'est cet ensemble qui constitue le PAS (Plan d'Actions Stratégique) de ton projet

Il est vrai que nombre de créateurs (sans doute obnubilés par la pression de leur environnement) focalisent sur le dernier point (déclinaison de la stratégie générale sur la fonction finance) opération couramment nommée "business plan" ... comme si l'argent était une finalité, perdant de vue que ce n'est qu'un moyen ... souvent la conséquence de u reste du plan ... en particulier ce qui permet de répondre aux question de base : qu'est-ce que je vais vendre ? à qui ? a quel prix ? comment ? pourquoi les clients vont-ils m'acheter à moi plutôt qu'aux concurrents déjà implantés ? ... que du bon sens paysan ..

Oui, je sais, la prescription actuelle de ceux qui n'ont en généra jamais créé, pris de risque avec leur argent, mis leur patrimoine en caution ... est de démarrer en étant agile pour "pivoter" jusqu'à trouver un modèle économique qui fonctionne ... induisant 97 % d'échecs avant la 3° année si les études sur les "start-up sont justes ...

Alors que le travail "à l'ancienne" permet plus de 50 % de pérennité après 5 ans ... Si ce travail (fastidieux je te l'accorde et moins sexy que la mode des startupeur ...) est fait pour ton projet, l'ensemble des réponses aux questions que tu pose sont contenues dans ton premier PAS ... sinon, il faut le faire ...

Ma réponse te semble décalée ? normal ;)

Je suis à ta disposition :)

4
il y a 1 an par thibault

Bonjour et merci de ta réponse.
Effectivement, une réponse un peu "décalée" au premier abord, mais après plusieurs relectures je pense mieux comprendre où tu veux en venir.

Niveau PAS..etc nous commençons à nous immerger dans ce monde (merci internet pour ses multiples ressources, et skiller bien évidemment). Actuellement, nous sommes en train de lister toutes nos compétences / outils nécessaires et surtout toutes nos potentielles activités ( Sous traitance, Production pour client final, produits SaaS) afin de les prioriser. Chaque élément que nous listons est accompagné de données reliées (coût de production, marché actuel, prix, stratégie de vente à mettre en place..etc).

Nous espérons ainsi avoir une meilleure vision d'ensemble, et mettre en place nos objectifs à court, moyen et long terme.

Toutefois, pour en revenir à la proposition de nos employeurs actuels, j'aimerais mieux comprendre l'impact que cela pourrait avoir (donner des parts). Je peux déjà lister quelques avantages et désavantages, mais je n'arrive pas à avoir une vision totale de l'impact de cette proposition. Pour moi, ce n'est pas un pré-requis à un travail commun entre les deux entités. Outre la relation de confiance que nous avons déjà actuellement, des contrats de maintenance où on peut assurer un temps minimal et maximal d'heures mensuelles pour eux est déjà intéressant.
En parcourant Skiller sur ce sujet, j'ai vu des postes parlant de mise en commun de compétences pour développer un produit (mince je n'arrive plus à trouver les links..). C'est typiquement ce qu'on pourrait utiliser ici (le fait de développer des produits en commun avait déjà été mit sur la table, mais en passant par un partage de parts avec eux.) Si des types de contrats, d'associations, telles que celles-ci existent, nous n'avons pas besoin de le faire venir dans l'entreprise. Rien qu'un GIE est intéressant.

Qu'en penses-tu?

Sachant que notre réflexion se base sur minimum 2 sujets:
-Que veut-on faire pour la boite? Comment? A qui? Pourquoi? (ici, cela revient au bon sens paysan dont tu parlais plus haut)
-Qu'allons nous faire avec nos anciens employeurs (que voulons nous faire, et que pouvons nous faire surtout?)
 

2
il y a 1 an par ChristopheFantoni

Pour répondre à votre question, je vais me permettre de paraphraser Sun Tzu dans "l'Art de la Guerre". Celui-ci dit : "Si tu connais ton ennemi, essaye d'abord d'en faire ton allié avant de le combattre". Voilà pourquoi vos anciens employeurs essayent de rentrer dans le capital de votre entreprise. Ils auront ainsi un oeil quasi perpétuel sur votre activité et commenceront à se manifester réellement à vous, c'est-à-dire en devenant nuisibles, si vous leur volez de gros clients/contrats.

4
il y a 1 an par thibault

Merci pour votre réponse.

Effectivement, il y a un peu de ça. Le fait d'entrer dans notre capital ferait qu'ils seraient au courant des décisions prises (notamment de bosser pour une autre agence ou autre).

Toutefois, comment pourraient-ils devenir nuisibles? Sans avoir la part majoritaire?

1
il y a 1 an par ChristopheFantoni

Il n'y a nullement besoin d'avoir beaucoup de parts sociales ou d'actions dans une société pour être nuisible. Par exemple, imaginez qu'un gros client soit prêt à signer avec vous. Et bien, il suffit que vos anciens employeurs, au courant de l'intérêt de ce client pour votre entreprise, lui fassent une proposition tarifaire largement inférieure à la vôtre, tout en argumentant en plus d'avoir été votre (premier) patron, pour que celui-ci vous passe sous le nez. C'est aussi simple que ça. Le but de vos anciens employeurs, c'est très clairement de vous avoir à l'oeil. 

2
il y a 1 an par EtienneZulauf

Vous nuire c'est une autre chose, mais plus logiquement parts = dividendes. Le fruit de votre travail que vous voudrez redistribuer en dividendes leur sera acquis en proportion de leurs parts, et c'est je pense leur premier intérêt.

5
il y a 1 an par Julien_

Salut !

C'est un cas intéressant. À ton stade c'est délicat de faire une proposition, parce qu'il y a beaucoup d'inconnues. Ta société n'ayant pas d'activité, c'est délicat de la valoriser.

Tu peux éventuellement te projeter en imaginant: "On estime pouvoir faire X€ de chiffre d'affaire sans vous les 5 premières année. Avec vous on pourrait  en faire Y€, soit Z% de plus."

À quel point sont-ils prêts à s'engager eux ? Est-ce qu'ils peuvent te donner un chiffre sur le nombre de contrats ?

Parce que ça m'a l'air assez simple de leur côté. Le travail qu'ils vont te donner, ça sera sans doute celui qu'ils n'ont pas envie de faire (trop lourd, pas assez rentable,...).Donc ils ne perdent pas grand chose.

Après ça peut être très intéressant pour toi. Si aujourd'hui vous êtes 2, ça peut vous permettre d'avoir suffisamment d'activité pour recruter, et grandir rapidement.

Par contre le coup de vendre des parts (à quel prix déjà?), c'est un peu compliqué parce que la notion de durée n'est pas la même. Les parts, ils les auront pendant la durée de vie de la société (jusqu'à ce qu'ils les vendent). Donc si dans 10 ans vous avez une belle boite, ils en auront un certain pourcentage, sans forcément avoir quelque chose à faire.

Tu peux peut-être envisager de leur reverser des parts chaque année, en fonction du pourcentage du CA qu'ils apportent. Par exemple tu leur vends 1% par an pour 10% de contribution, avec un maximum de 5%.

Aussi une question: est-ce que tes employeurs veulent t'acheter des parts à titre perso, ou au nom de la société ? Parce que si c'est à titre perso, je me méfierais sur leurs intentions.

Ce qu'ils peuvent faire avec les parts:

  • Recevoir des dividendes, si vous décidez de vous payer avec des dividendes (ce qui sera peut-être le cas plus tard, si par exemple vous ne travaillez plus pour la société), ils auront un pourcentage de votre distribution qui sera proportionnel à leurs parts
  • Voter en AG. Je n'ai pas été confronté à cette situation personnellement, mais il peut s'agir de nommer le président, ou de voter des budgets. Tant qu'ils sont minoritaires, vous aurez la décision finale. Par contre, si avec ton futur associé vous avez des parts équivalentes, ça peut servir à vous départager (ce qui peut être pratique, mais aussi poser problème si toi ou ton associé commence à pencher de leur côté). Dans les statuts, tu peux prévoir que certaines voix (par exemple les tiennes et celles de ton associé) comptent double. Si tu décides de t'associer avec eux, je te conseille de prendre un avocat pour bien verrouiller les choses, surtout si tu veux rester indépendant.

Après, dans votre cas, si jamais ça se passe mal, ça ne serait pas trop contraignant de liquider la société pour en créer une nouvelle (attention aux closes des statuts par contre). Vous aurez les contacts des clients, et votre réputation sera établie.

Sinon, pour avoir créé une agence, en général c'est pas trop difficile de trouver des clients. Et avoir trop de contrats ça peut aussi être pénalisant (tu risques de ne pas pouvoir les terminer à temps, ça prend du temps de recruter, et tu n'as pas toujours le cash à ta disposition immédiatement).

Moi je commencerais à trouver l'offre intéressante, si je devais vendre un maximum de 10% des parts à un prix de 20-30k€ (ce qui permettra d'avoir du cash pour recruter), avec un engagement d'apporter un CA de 100 k€ la première année. Et j'essayerai de répartir ces 10% sur 5 ans avec des conditions.

De toute façon tu n'as pas vraiment envie de travailler avec eux, et tu peux probablement bien te débrouiller sans. Donc il faut vraiment que ça soit intéressant.

3
il y a 1 an par thibault

Salut et merci pour ta réponse, notamment pour ton résumé sur les parts.

Avec vos différents retours, je comprends mieux les enjeux présents.

Aussi une question: est-ce que tes employeurs veulent t'acheter des parts à titre perso, ou au nom de la société ? Parce que si c'est à titre perso, je me méfierais sur leurs intentions.

Pour répondre à ta question, ce sujet était assez vague de leur part. Disons qu'ils ont lancé l'idée sans prévenir, et quand j'ai demandé s'ils avaient plus de concret, ils nous ont répondu qu'ils n'y avaient pas vraiment réfléchis jusqu'à maintenant et qu'ils voulaient donc voir avec nous. Mais sinon oui, ils ont parlé d'acheter les parts au nom de la société ou à titre perso. Comme toi, j'ai tiqué sur l'annonce du titre perso..

2
il y a 1 an par Julien_

Je pense que tu seras le plus à même de juger de leur potentielle sincérité dans leur négociation, mais à ta place je garderais un peu de méfiance.

Comme tu peux le voir, les parts que tu pourrais leur céder n'auraient peut-être pas beaucoup d'importance aujourd'hui, mais dans 5-10 ans ça pourra changer. Et ça me semble clairement en leur faveur. Les actionnaires changent parfois très radicalement de position, surtout quand ils voient une autre opportunité plus grande.

En tout cas tu as reçu beaucoup d'avis, merci d'avoir partagé pour ton cas, ça a donné un débat intéressant !

Sinon un dernier petit conseil: ne lâche pas la rupture conventionnelle. Moi je l'ai fait, parce que la société m'a dit que c'était impossible (politique RH blablabla). J'ai appris plus tard qu'ils disaient toujours ça, et que ceux qui insistaient l'avait reçue.

Ça m'a beaucoup pénalisé de ne pas l'avoir, et je pense que dans un cas où tu t'es investi dans ton travail, c'est légitime de la recevoir (l'entreprise ne perd pas grand chose). 

2
il y a 1 an par thibault

Tu as entièrement raison, ici la méfiance va avec bon sens.

Nous ne lâcherons pas la rupture, mais on l'espère l'avoir "proprement" sans engager un bras de fer avec eux.

Merci pour ton aide, je ferais une nouvelle "réponse" sur ce post d'ici ce soir pour vous faire un résumé.
 

2
il y a 1 an par olivierChaillot

En préparant le flux (dubitare.fr/pages/comprendre-pour-agir ), je trouve ça : www.maddyness.com/innovation/2016/09/30/maddyh... pour alimenter ta réflexion ;)

2
il y a 1 an par EtienneZulauf

Très bon article qui j'espère pourra aider @thibault !

2
il y a 1 an par thibault

Merci pour le lien, je vais lire ca ce soir calmement après le boulot :)

1
il y a 1 an par davidclech

Bonjour,

Une question qui peut être aussi une réponse: vos anciens employeurs ne pourraient ils pas simplement avoir des parts non majoritaires et ne donnant lieu à aucun droit de vote? Ils auraient alors des parts mais vous garderiez votre liberté de décision. En revanche, qu'ils vous donnent du travail en échange peut être une opportunité si celui-ci entre dans le cadre de l'offre de votre entreprise. Dans le cas contraire, vous allez vous disperser... sans compter que dans votre situation, je ne vois pas l'intérêt de faire en tant que patron la même chose que lorsque vous étiez salariés. Les risques sont plus grands pour vous. Vous pouvez peut-être leur proposer de mettre "gratuitement" du temps de salarié de votre employeur (le votre ou celui de vos collègues) pour travailler pour votre entreprise. Cela constituerait une sorte de paiement/contrepartie "en nature" / en temps (attention aux risques si vous déposez des brevets toutefois) et vous épargnerait des embauches dès le départ tout en augmentant votre flexibilité.

Cordialement

2

Vous aimez Skiller?

Rejoignez la communauté.