Bonjour à tous,

Petit échange que j'ai eu hier à mon groupe de développeurs Android, et qui m'a amené à cette question : A qui incombe le coût induit par de la veille ?

La veille qu'est ce que c'est ? C'est se tenir à jour des dernières nouveautés dans son métier.

La veille apporte de la valeur pour tout le monde :
- pour le salarié, c'est améliorer ses connaissances et son CV
- pour une entreprise, c'est ne pas se faire dépasser.

Sauf que cette veille c'est du temps. Du temps à lire, à chercher, à regarder, à écouter... etc... Temps dont le ROI est quasiment impossible à mesurer.

Ma question est donc la suivante : a qui incombe l'investissement de veille ?

Ma vision en réponse à la question.

ps : question subsidiaire, et pour un fondateur/associé est ce que ça doit être valorisé dans le temps investit pour l'entreprise ?

innovation veille veille digitale
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8 réponses

il y a 3 ans par EtienneZulauf
Salut Julien,
Chez nous la veille fait partie du flux de travail.
Il y a des ateliers du midi pour montrer aux autres les "défrichages" de nouvelle technos.
Quand on part sur une nouvelle techno pour un projet, nous prenons à notre charge la formation à cette techno.
Nous faisons du pair et des revues de code quotidiennement.
Tout cela entraîne de nombreuses heures "non facturables", vraiment beaucoup.
Mais c'est aussi cela qui nous permet de marquer des points en avant-vente, vraiment beaucoup aussi. (notre ROI à mon avis).
La rentabilité est sérieusement entamée, mais c'est aussi un plaisir partagé que de travailler sur des technos à jour voire très récentes, ce qui est aussi un motif de satisfaction fort de l'équipe.

Bien sûr chacun fait aussi sa veille de son côté, à son rythme, sur ses domaines de prédilections, mais on ne peut pas obliger ses salariés à faire de la veille sur leur temps libre.

Donc en substance, pour moi, c'est à l'entreprise d'investir dans une culture de veille et dans des temps dévolus à la veille, si la veille est moteur de son business

Pour ta question subsidiaire, tu parles de valorisation en terme de parts dans une association, ou dans la rémunération mensuelle face à ceux qui ne font pas de veille personnelle ?

Une personne qui fait de la veille, c'est plutôt une qualité qui donne envie de s'associer avec elle. Ce temps elle le passera de toute façon. C'est sa passion.
Donc valorisé spécifiquement : non, mais valorisé globalement dans les qualités et compétences de la personne : oui.
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il y a 3 ans par Julien
Je pense que c'est possible parce que tu embauches des gens qui ont déjà la culture de la veille.

Au boulot, ce n'est pas le cas. Très peu de personnes le font de façon spontanée. Mais on veut sensibiliser à cette culture.
On a essayé par le leadership, dans le sens où ceux qui le font spontanément partagent beaucoup, organisent des TechLunch le midi... malheureusement, ça ne suffit pas. Les autres consomment ce qui est proposé sans chercher à produire. Et ceux qui produisent se lassent d'être seuls.

On a beaucoup de collaborateurs qui se plaignent de manquer de temps, et que si on leur dégage du temps ils le feront. Sauf que pour une boite de service, du temps sans facturation, c'est un coût. C'est donc très difficile à engager comme dépense.

Et l'idée sinon, c'est de valoriser ceux qui font de la veille qui apporte directement ou indirectement à l'entreprise. Mais ça crée de jalousies.

C'est pas facile.

Pour la partie association oui c'était la question. Et je pense effectivement que c'est un élément discriminant dans le choix ou pas de s'associer mais pas nécessairement dans la valorisation financière.
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il y a 3 ans par Julien
Ma vision. Deux types de veille :
- Celle "commandée" par l'entreprise, qui s'approche plus à de la R&D. Ca soit doit être payé, un point c'est tout.
- La veille à la discrétion de l'individu. Là je pense qu'il est difficile de le valoriser à priori, par contre, les entreprises doivent pouvoir le valoriser à posteriori si c'est intéressant pour l'entreprise. Sinon, l'individu peut changer de boite pour trouver une qui le valorise :)
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il y a 3 ans par christineROSSANO
Ayant vécu un bon moment à l'étranger, cette question me fait sourire bien qu'elle soit extrêmement pertinente. En ce qui me concerne je pense que la "veille" au sein d'une entreprise doit concerner au premier chef, l'entreprise grâce à un environnement ad hoc, propice au travail, à la reflexion ...si cette "veille" s'avère obligatoire, il serait normal, en effet de rémunérer le salarié.
Cependant, à mes yeux, la vraie "veille" technologique" est essentiellement d'ordre personnel. Elle exige un esprit curieux, affûté, indépendant et surtout passionné, capable de gros efforts et de prendre des risques.
Ici, au Gabon, très peu de résidents et d'expats pratiquent cette veille; résultats des courses, beaucoup tombent de très haut quand ils retournent en France.
Ici,plus qu'en France être à l'affut est vital mais demande des efforts énormes et coûte cher.
Après, c'est une question de choix personnel...
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il y a 3 ans par Cherif
La question "à qui incombe ?" n'admet jamais de réponse dans l'absolu. Elle suppose l'existence d'un cadre règlementaire, explicite ou implicite, auquel on doit se référer pour trancher. Si ce cadre est la loi, la réponse est immédiate : c'est l'entreprise.

La question subsidiaire amène un éclairage très intéressant puisqu'elle révèle un cadre beaucoup plus flou que la loi, l'engagement moral entre associés fondateurs. Portés par l'enthousiasme du projet, les fondateurs passent souvent trop vite sur la répartition précise des rôles et de ce qu'ils sont en droit d'attendre les uns des autres.

Si le sujet de la "valeur de la veille" fait irruption dans une discussion entre associés sans qu'il n'ait auparavant été abordé, personne n'a tort ni n'a raison. C'est justement l'occasion pour les associés d'en discuter, et de se mettre d'accord sur la valeur de cette activité et la manière dont elle doit dorénavant être distribuée entre les membres de l'équipe.

Ce sont donc les associés fondateurs qui définissent ensemble le niveau de priorité de la veille, et à qui elle incombe.
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il y a 3 ans par Hadrien
Retour de ma dernière expérience en tant que dev chez Tigerlily. Suite à des propositions lors des rétrospectives, l'équipe avait mis en place ce qu'on appelait des "sprint break". C'était l'équivalent des célèbres "20% time" de google et ça se faisait le dernier jour de chaque sprint, donc un vendredi sur deux. Pendant cette journée, chaque tech avait carte blanche pour bosser sur ce qu'il voulait : amélioration d'un outil interne, prototype d'une fonctionnalité pour le produit ou simplement veille et formation. J'ai ainsi pu découvrir des outils qui m'ont été utile pour optimiser le front-end du produit par exemple. Ce que j'ai apprécié ici, c'est que c'était clairement formalisé et assumé par la direction. Dans les autres boites où j'ai travaillé, ce genre de choses se faisait beaucoup en sous marin. Il ne fallait pas que la direction le voit, même s'ils savaient que ça se faisait. Mais de le savoir assumé par la direction était un important gage de confiance réciproque.
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il y a 3 ans par Julien
Malheureusement, dans une boite de service où chaque journée non facturée est de l'argent perdu. C'est pas facile à mettre en place. C'est un cercle vicieux. Parce que pour mettre en place ce genre de mécanisme, il faut sortir plus de marge, pour sortir plus de marge, il faut créer plus de valeur, et pour créer plus de valeur, il faut faire plus de veille :/
Fucking cercle vicieux.
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il y a 3 ans par olivierChaillot
il est possible de faire une réponse un peu lapidaire et provocatrice à ta question : celui à qui elle profite ! Mais tu va trouver que c'est un peu juste et mérite une explication !
Sans vouloir faire trop de théorie, il faut bien revenir à quelques définitions pour cadrer la réflexion.
Je vais donc te livrer la compréhension que j'en ai en tant qu'analyste (celui dont le métier est de concevoir et mettre en œuvre des dispositifs de veille et d'influence, de les sécuriser, et de produire les synthèses et les recommandations qui découlent des flux d'informations générés (la définition "officielle" du syndicat est : synfie.fr/index.php/analyste)
Un dispositif de veille a pour objectif de fiabiliser une décision, un plan d'action, une action d'influence, ... il est donc conçu en fonction des enjeux qu'il doit "assurer" et son coût doit donc être pris en compte pour être en rapport avec lesdits enjeux.
Le processus de conception du dispositif de veille prend en compte la mobilisation des ressources nécessaires à sa mise en œuvre et à son fonctionnement. Il est donc financer par définition !
Ça c'est pour le cadre général.

Une autre partie de ta question pose l'éternel problème du management et de l'adhésion des équipes pour participer et utiliser les méthodes, techniques et outils mis en place. Il existe quelques règles simples qui sont, pour une bonne part, commune à tout dispositif qu'il faut mettre en place au sein d'une organisation qui n'en sent pas le besoin :
- que chacun ait un retour en valeur ajoutée sur sa participation au dispositif (ici c'est facile d'avoir des retours en informations, en synthèses, ...)
- commencer par donner pour espérer recevoir ...
- Valoriser ... et laisser un peu de temps au temps ...
Et ne pas oublier que les équipes adhèrent QUE si elle ont compris leur intérêt ... et bien sur où "on" veux les amener !

Maintenant, si je comprends bien ta question, tu nommes "veille" quelque chose de non structuré, qui n'a pas été décidé ni dans ses objectifs, ni dans sa structure, ni dans son organisation, ni dans ... un dispositif qui s'est mis en place pour combler des manques ? et pour lequel aucune évaluation de pertinence n'existe ? dont les coûts "réels" ne sont pas connus ? Dont le retour sur investissement n'est pas évalué ? qui n'est pas valorisé (ni valorisable) auprès des clients (tu parles à plusieurs reprises de la nécessité de facturer le temps) ? ... Dans ce cas, je te proposerai bien de faire un diagnostic des besoins et de l'existant (action généralement "finançable" ...) pour structurer un système de veille qui soit en rapport avec les enjeux ...
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il y a 3 ans par LaurentLEMERRER
Si la veille est une activité stratégique pour une organisation donnée (ce que je crois), il serait normal qu'elle soit organisée par elle. On pourSi cette activité incombait à l'entité salarié, elle ferait explicitement partie de sa rémunération.
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il y a 3 ans par PascalW
Bonjour,
Pour moi, la veille devrait faire partie des charges de l'entreprise, j'en connais même qui la passe dans le budget formation.
Après, il y existe un second niveau de veille que le collaborateur fait de lui-même, selon des critères qu'il choisit lui-même. Cette veille est plus difficile à valoriser et à capitaliser pour une entreprise mais elle devrait pourvoir l'encourager parce que cela représente souvent un "potentiel" pour elle.
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il y a 3 ans par HGAD_Consulting
La veille est l'affaire de tous dans un mode collaboratif, ou on communique à égalité entre individus. Le partage est un des piliers de l'entreprise actuelle, ou je te rejoins dans le fait ou tout le monde doit contribuer, et pas seulement être receveur. J'insiste auprès de mes 'clients' de pousser la valeur du don envers les autres, de l'entraide, qui sont fondamentaux pour rétablir des valeurs de confiance au sein des équipes, les managers devant être exemplaires... si il y a encore des managers. Par contre, je conseille de mettre en place un rôle tournant de Community Manager Veille pour faire des synthèses, des briefs régulièrement au reste de l'équipe pendant un 1/4 h, pour échanger physiquement, et continuer de créer du lien. Le digital ne remplace l'humain, bien au contraire : il remet l'humain au centre.
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il y a 3 ans par Julien
Les roles tournant... ou seules 2 personnes se proposent c'est compliqué :/
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