Bonjour et merci pour l'accueil au sein de la communauté Skiller,

Pour ma première participation j'aimerais lancer un petit débat... il concerne le développement stratégique d'un site de e-commerce.

À chaque fois que j'entends parler de stratégie digitale, cela signifie en fait stratégie marketing sur web (avec une pincée de commercial, une pincée de communication... etc mais passons je vais appeler ça du marketing). Or je pense que définir une stratégie digitale dans le e-commerce correspond à une réalité beaucoup plus large. Même dans le cas du e-commerce. Bon sang ! mais les consommateurs ne sont pas des porte-monnaie sur pattes ! ce sont des être humains avec des valeurs et des émotions ! Un e-commerçant devrait donc d'abord avoir une stratégie de marque avec des valeurs humaines, au travers desquelles il transmettrait son savoir-faire en premier lieu à un public de passionné, tout en vendant en second lieu un ou plusieurs produits de qualité pour gagner sa vie.

Du coup quand je vois qu'on ramène tout au marketing, ça me désole... Cela dit c'est normal, les géants du web qui prennent tellement de notre temps (Google et Facebook en tête) personnellement comme professionnellement, on fini par nous faire croire qu'avoir une stratégie globale de croissance pérenne dans le e-commerce correspondait à engager des frais dans le marketing et notamment dans la publicité... Facebook Ads, Adwords, RTB... ça les arrange bien :)

Je ne dis pas que le marketing c'est mal. J'aimerais simplement savoir si vous aussi partagez (ou non !) mon sentiment de la situation dramatique (pour les e-commerçants) dans laquelle se trouve le e-commerce actuellement... Ramener toute stratégie digitale à un ensemble de dépenses marketing n'est pas seulement "idiot", c'est carrément malhonnête.

Par avance, merci pour vos réponses

croissance e commerce marketing publicité
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5 réponses

il y a 2 ans par ArnaudLemoine

Si je peux me permettre quand tu dis " Un e-commerçant devrait donc d'abord avoir une stratégie de marque avec des valeurs humaines, au travers desquelles il transmettrait son savoir-faire en premier lieu à un public de passionné, tout en vendant en second lieu un ou plusieurs produits de qualité pour gagner sa vie. "... c'est du marketing aussi...c'est juste une autre façon d'en faire.. la finalité restant la même.. vendre car si une entreprise ne vend pas... elle disparait.

A++

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il y a 2 ans par QuentinL

Merci pour ta réponse, il est vrai que c'est du marketing aussi.

Je voulais mettre face à face deux conceptions du marketing, l'une dont la finalité et de vendre un produit à court terme quel que soit le produit et le moyen, l'autre de vendre une passion à travers un produit.

Je trouve que le e-commerce actuellement tourne quasiment exclusivement autour du premier aspect et voulais savoir si je suis le seul à ressentir ça ou si d'autres, comme moi, pensent qu'il serait bon de prendre du recul par rapport au discours persuasif des "gros poissons" du marketing publicitaire (Google, Facebook en tête...).

Je suis peut être juste un utopiste et seul à penser que cela pose un problème... :)

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il y a 2 ans par ArnaudLemoine

Après, le marketing dépend de chaque entreprise... et de sa stratégie et de ce quelle est... notons aussi que les clients ne sont pas toujours dupes... Mac Do aura beau jouer sur l'humain, la proximité et un soit disant savoir faire.. cela restera de la M....!!

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il y a 2 ans par olivierChaillot

Accoler "stratégie" et "marketing" m'a toujours surpris car potentiellement la qualification du mot stratégie en lui adjoignant marketing, production, finance ou ressources humaines, prête à confusion.

La stratégie est la conduite des armées, c'est à dire la traduction de décisions politiques en actes. Nous parlons bien "des" armées (terre, air, marine) ... Quand "on" transfert cette notion militaire à la guerre économique, la stratégie est de la même façon la conduite des ressources distribuées dans les grandes fonctions de l'entreprise (marketing, production, finance ou ressources humaines) ... la stratégie ne peut être que générale et déclinée au niveau des fonctions opérationnelles.

Coté fonction opérationnelle, le marketing est la fonction qui a pour mission d'influencer les comportements des marchés en faveur de l'entreprise, elle ne peut être efficace que coordonnées avec les autres fonctions opérationnelles ... et c'est la stratégie qui assure (garanti) cette coordination.

L'expérience montre que c'est quand il n'y a pas de stratégie formalisée que les troupes râles de l'incompétence des autres "armes" ... N'avez vous jamais entendu les commerciaux se plaindre de ceux en charge de la production qui sont incapable de livrer ce qu'ils ont vendu, pendant que ceux qui fabriquent râlent après ces vendeurs qui sont incapables de vendre ce que l'on sait fabriquer et vendent n'importe quoi ...

La question est de savoir s'il pré-existe une politique ? Dans le cadre de l'entreprise la politique est décidées par les actionnaires, puis l'état major (direction générale) conçoit le plan d'actions qui va permettre d'atteindre ces objectifs ...

Un PAM (Plan d'Actions Marketing) prend toute son efficacité s'il s'inscrit dans une stratégie formalisée déclinée sur l'ensemble des fonctions opérationnelles.

En ne concevant que des plans opérationnelle par grande fonction sans assurer la coordination, l'entreprise risque de se retrouver comme ces pèlerins qui à la veillée ne se rappelaient plus d'où ils venaient, ne savaient plus où ils allaient ... mais passèrent la soirée à discuter sur le meilleur chemin à prendre ...

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il y a 2 ans par QuentinL

Belle allégorie guerrière !

Entièrement d'accord avec vous, et cette image "militaire" est riche pour comparer ce qu'une stratégie doit-être... elle est préalable aux stratégies opérationnelles et non la simple somme de ces dernières.

Merci !

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il y a 2 ans par ChristopheFantoni

Je ne sais pas trop quel type de produits vous souhaitez vendre dans votre futur e-commerce, mais en règle générale, vendre la même chose que le voisin, avec le même état d'esprit, voire la même éthique, c'est le meilleur moyen de "planter" une entreprise à très court terme. Si elle veut survivre, une entreprise doit toujours se distinguer de sa concurrence. Et peu importe le moyen utilisé (ex. : écologie, valeurs partagées avec le client, petits prix, produits inédits, etc.).  

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il y a 2 ans par QuentinL

En réalité, je réfléchis à la constitution d'une entreprise dont l'objet sera de conseiller les e-commerçants sur leur stratégie "marketing" (du coup, :) je n'aime pas utiliser ce terme car trop réducteur à mon goût, je parle en réalité d'une stratégie digitale de développement respectueuse de l'humain -certes c'est pompeux-).

Justement, l'idée serait de proposer un service sous la forme de conseils stratégiques qui permettent d'inscrire la stratégie digitale de mes clients dans la durée, en leur proposant une liste de bonnes pratiques qui seront autant d'actions à mettre en place, ainsi qu'un benchmark des pratiques de leurs concurrents (pour des recommandations en terme de priorités d'actions !).

Du coup je lançais ce débat afin de vous "sonder", je me demande si ce positionnement est un réel avantage concurrentiel par rapport aux agences de conseil en stratégie digitale plus "traditionnelles"...

Voilà vous savez tout !

Merci pour tous les retours (et critiques !) que vous pourrez me fournir :)

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il y a 2 ans par ChristopheRobinet

Je parcours avec intérêt ce fil skiller et je me permets de réagir à cette défintiion d'Olivier C.qui a semble-t-il reçu l'adhésion totale 
"Coté fonction opérationnelle, le marketing est la fonction qui a pour mission d'influencer les comportements des marchés en faveur de l'entreprise, elle ne peut être efficace que coordonnées avec les autres fonctions opérationnelles ... et c'est la stratégie qui assure (garanti) cette coordination"

OUI, le marketing doit être adossé aux autres fonction (opérationnelles ou support) de l'entreprise

NON, la mission du marketing n'est pas d'influencer les comportements des marchés en faveur de l'entreprise ... c'est une vision très très réductrice de ladite fonction. Je vous l'accorde, c'est celle perçue par les clients le plus souvent, avec les package Comm et tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Dans le B2C c'est flagrant (alors que dans le B2B les éléments tangibles ont bien plus importants que les seuls éléments d'affect ou influence via la pub).
Le marketing, c'est bien plus que cela. C'est contribuer à organiser, optimiser, la création de valeur à partir du client. On l'oublie trop souvent. Le marketing vient nourrir la stratégie et est en même temps à son service. Pour les plus curieux, je vous invite à vous référer à ma modeste page web FlightPlanConsulting .com où j'expose le motto qui m'est cher : MARKET DRIVEN VALUE CREATION
Au plaisir
Chris
 

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il y a 2 ans par olivierChaillot

Bonjour @ChristopheRobinet 

Dans un univers capitaliste, dont le fondement et la libre concurrence, le principe de l'activité marchande est que, quand je vends à un client mon concurrent ne lui vend pas, et inversement.
Dans un univers capitaliste, la fonction qui a en charge de générer le chiffre d'affaires de l'entreprise est le marketing. Sa mission première est donc d'influencer le comportement des clients afin qu'ils achètent à mon entreprise plutôt qu'à celle du concurrent.
Dans un univers capitaliste, quand ma fonction marketing est efficace, je vends plus que mon concurrent et, plus je vends, moins il vend jusqu'à passer en dessous de son seuil de rentabilité disparaître.
Dans un univers capitaliste un bon concurrent est donc un concurrent mort puisque, dans un monde où la concurrence est libre et non faussée, la disparition d'un concurrent me permet d'accéder à de nouvelles parts de marché améliorant ainsi ma position concurrentielle.
L'univers capitaliste dans lequel nous exerçons nos métiers conduits donc mécaniquement à des situations de monopole, au mieux d'oligopole.
Que la manière dont le marketing déploie ses méthodes, techniques et outils diffèrent quand l'entreprise exerce ses missions dans le monde du grand public ou dans le monde industriel, ne change rien à l'objectif qui est de conquérir des parts de marché et d'améliorer la rentabilité de l'entreprise.

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il y a 2 ans par Coquelicom

Aujourd'hui quand l'objectif majeur des entreprises est de faire du cash, de récupérer un max de blé en se foutant de ses cible de communication qui ne sont que des portes-monnaies, comment faire?
Mentir, inventer une identité de marque fictive faire rêver...
Il y a le fond et la forme. 
Et le fond est souvent indicible, alors on invente une forme... mais inventer du vent a ses limites.
Et avec les différentes variétés de vents qui cohabitent on est dans des tempêtes de vide...
Je pense que tu oublies l'essentiel... C'est qu'avant de vendre une stratégie humaine, un savoirs faire... Il faut être, incarner, porter ses valeurs.... Les afficher sans les incarner ne sert a rien... Sauf a créer du vent....

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il y a 2 ans par QuentinL

Bonjour,

La signature d'une charte dont les termes décrivent un engagement dans le respect de valeurs humaines redonnant confiance aux consommateurs permettrait-elle d'éviter la "tempête de vide" ?

Sinon, tout à fait d'accord avec ton analyse, un grand vide s'est actuellement emparé des stratégies de marques, qui semblent penser que le storytelling est une rhétorique sans fond à l'image de celle des professionnels de la politique contemporains...

Cela dit je pense qu'actuellement il y a plus d'e-commerçants ne sachant pas caractériser, incarner et "vendre" leurs valeurs que d'e-commerçants n'en ayant pas... ou alors qu'on parle beaucoup plus des quelques qui forment un Mistral que de la multitude qui incarne maladroitement car le canal internet a ses spécificités qu'il faut connaître pour une communication de marque efficace et pérenne

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