Début septembre, des "chercheurs" de l'Université de Stanford ont annoncé qu'ils avaient mis au point un programme d'intelligence artificielle algorithmique capable de déceler l'homosexualité d'une personne simplement en analysant la photo de son visage. Avec 81% de justesse pour les hommes et 74% pour les femmes. [Cette fois, l'inégalité avantage les demoiselles.] On n'arrête pas le progrès : un ado qui se demande si "il l'est" n'aura qu'à envoyer sa photo par courriel et montrer le diagnostic à ses parents pour faire son coming out -- à 13 ans au lieu de 23. Ces derniers ne pourront plus prétendre qu'il "traverse une phase". Ils le foutront d'emblée à la rue et le gamin se suicidera sans attendre. On apprendra ensuite que la machine s'était trompée : il faisait partie des 19% d'erreurs...

Selon le Journal of Personality and Social Psychology qui a publié ces travaux, les chercheurs Michal Kosinski and Yilun Wang auraient utilisé plus de 35 000 photos de femmes et d'hommes trouvées sur un site américain de rencontres pour mettre sur pied leur programme. Leur étude a démontré [prétendent-ils] que les femmes et hommes homos présentent des "traits atypiques" pour leur genre, soit des expressions, des types de coiffure et de vêtements qui font que les tantouses sont plus féminines et les camionneuses plus masculines d'aspect. Les lesbiennes ont une plus large mâchoire et le front plus petit que la moyenne des femmes hétéros. Tandis que nous les gays traînons une mâchoire plus étroite, un long nez et un front plus large que nos frères dits "normaux".

Ces audacieuses "découvertes" traduisent des lieux communs que nous connaissons depuis des siècles. Un groupe de personnes [combien ? seulement des étudiants de Stanford ?] auquel on a soumis les photos a pu identifier 54% des femmes et 61% des hommes. Pourquoi cette différence ? Parce que l'orientation sexuelle des femmes serait plus fluide. C'est ce que l'on prétend actuellement. À mon avis, dans une société où la fluidité des mâles serait mieux acceptée, il se pourrait que l'écart diminue. Enfin, l'article souligne que ces résultats soutiennent la théorie selon laquelle notre orientation sexuelle serait déviée de la norme par l'exposition du fœtus à un dérangement hormonal. D'être LGBT ne serait pas un choix de notre part comme l'imaginent ceux qui veulent nous "guérir".

Cette étude ne va pas modifier les attitudes homophobes, car il y a du fric à gagner en proposant des thérapies de conversion. Et aussi des voix à récolter pour les politiciens qui veulent effrayer leurs électeurs en nous faisant tous passer pour des violeurs d'enfants. Alors que les abus sont majoritairement commis dans les familles et les communautés religieuses ou sportives...

Les mecs, mes chers clients ! en attendant, félicitez-vous d'avoir le nez fin et le front large : il faut du flair et être ingénieux pour s'imposer dans un monde qui se contente d'être "tolérant" à notre endroit au lieu de manifester une intégration sans conditions.

algorithme intelligence artificielle
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3 réponses

il y a 1 an par olivierChaillot

Voilà quelques éléments qui devraient permettre aux commun des mortels que nous sommes de faire la part des choses :

www.pseudo-sciences.org/article.php3?id_article...

criminocorpus.revues.org/136

sites.google.com/site/cyrildomptail/liberte-de...  (là, je vous laisse fouiller dans les liens ;))

fr.wikipedia.org/wiki/Morphopsychologie#cite_n... (dont l'encart de début précise "Cet article est une ébauche con..."

Pour mémoire, n'oublions pas les travaux autour de la morphologie et les dérives que l'histoire à porté : depuis le grand nez et les doigts crochus des juifs, jusqu'à la présupposée intelligence supérieure des blancs (qui d'ailleurs sont roses) sur les autres couleurs de peau ...

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il y a 1 an par PascalW

Bonsoir,

L'Intelligence Artificielle emble être un sujet en vogue... Il me tarde que la mode du "bon sens", même artificielle prenne la relève.

Sur cette étude en particulier, il faut se rappeler que les chercheurs anglo-saxons sont coutumiers des sujets d'étude surprenants, parfois loufoque ou choquant.

Je me rappelle d'une étude britannique qui arrivait à la conclusion que le chômage était contagieux (non, je n'exagère pas) , les exemples sont nombreux et pas assez intéressant pour que je les retienne. Je pense qu'il y a des raisons culturelles à cela et aussi un peu l'influence de mécènes privés.(visiblement il y a moins de problème de budget dans la psycho qu'en médecine)

Ne perdons pas de vue qu'il y a encore à peine un siècle,  la Science présentait des êtres humains dans des expositions universelles ou empaillés dans des musées pour le plus grand émerveillement de la population.(qui se moquait bien de leur orientation sexuelle)

Sur le fond, c'est tellement idiot qu''il ne faut pas y prêter attention...Ce serait offrir une chance à ce genre de bêtise de se propager.

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il y a 1 an par samhee

C'est tout le problème actuellement... souvent des titres racoleurs et lorsque je lis le contenu, je suis effarée de ne lire dans ces articles aucune critique ou question sur les données d'entraînement de ces modèles... Si les humains qui caractérisent les données ont des biais, les données seront biaisées et donc les résultats biaisés... 

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