Bonjour

Je réfléchis s'il faut que je lance ma start-up toute seule ou je cherche à intégrer un incubateur. Je développe une application mobile. J'ai l'impression de courir derrière 2 lièvres à la fois, j'aimerais me concentrer sur mon business mais j'ai peur de ne pas pouvoir sans incubateur. J'ai des compétences marketing et communication digitale, je suis un peu débrouillarde un peu sur tout mais est ce que ça suffit !

Merci pour vos conseils

incubateur startup
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7 réponses

il y a 3 mois par ChristopheFantoni

La première question que l'on pourrait se poser : pourquoi vouloir rentrer dans un incubateur ?

Vous croyez qu'ils vont coder à votre place ?

Qu'ils vont vous apporter de l'argent ?

Vous voyez qu'ils vont mettre à votre disposition de l'espace pour y entreposer tous les codeurs que vous aurez débauchés ?

Il n'en est rien.

Un incubateur, c'est avant tout pour briser la solitude du futur chef d'entreprise. C'est un club de rencontres. Mais ça ne va pas plus loin.

Ensuite, on vous mettra sans doute en relation avec des "experts", mais la plupart de ces experts, il faut bien l'avouer, sont assez mauvais (sinon, ils auraient du travail par-dessus la tête).

Et je vous dis tout ça, c'est que j'ai été incubé pendant 1 an.

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il y a 3 mois par AnouchkaMinkoueObame

Je développe l'application et je suis déjà bien avancé dans le développement, j'ai financé moi-même le développement. Je parle pour après la sortie de l'appli, est ce que je me lance seule ou je me cherche un incubateur !

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il y a 3 mois par ChristopheFantoni

Pour après la sortie de l'appli, l'incubateur ne pourra pas vous aider davantage.

La plupart du temps, ils vous pousseront à publier votre appli sur un ou plusieurs stores et attendront patiemment qu'elle se vende (ou se télécharge) d'elle-même.

Donc, pas de publicité à la TV, à la radio, ni même sur des panneaux de 4 m x 3 m dans la rue.
Votre appli sera donc seule, face à toutes les autres.

Dans les deux incubateurs que j'ai fréquenté, c'est à chaque fois ce que j'ai vu.
En clair : on suit plusieurs projets ne nécessitant pas d'argent, jusqu'à ce qu'il y en un qui décolle de lui-même.

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il y a 3 mois par AnouchkaMinkoueObame

Merci Christophe pour ce retour d'expérience, je crois que ma décision est prise ...merci

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il y a 3 mois par ChristopheFantoni

De rien. C'est avec plaisir.

Pour finir, dans les incubateurs, vous avez souvent des gens assez naïfs, des gens relativement jeunes, qui sont régulièrement la proie des responsables de ces structures.

Mais quand vous affrontez ces derniers en face, que vous leur demandez des comptes, de l'action, bref du concret, vous vous apercevez qu'ils n'ont strictement rien à fiche de vous, de votre projet, que ce qui les intéresse, en réalité, c'est leurs chiffres (ex : leur taux de remplissage, les applis développées, le nombre de téléchargements, etc).

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il y a 2 mois par ChristopheFantoni

Pour confirmer le choix que vous avez fait, je vous invite à lire à cet article qui vous rassurera encore plus : www.maddyness.com/2019/08/26/startups-bouder-i...

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il y a 3 mois par olivierChaillot

Un cas particulier ne vaut pas statistiques ! Une mauvaise expérience avec des incubateurs ne veux pas dire que les incubateurs sont toujours inutile ! Mais ils doivent être utilisés pour ce qu'ils sont !

Pour répondre à ta question il faudrait d'abord faire un petit point sur ce dont tu as besoin !

Quels sont les éléments, compétences, informations, financement,  techniques ou technologies,... Qui manquent pour la réussite du projet ?

Ce n'est qu'une fois ces éléments connus qu'il sera possible d'identifier le ou les structures à même d'apporter le soutien le plus adapté. 

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il y a 3 mois par ChristopheFantoni

Un cas particulier ? Vous en parlez comme si j'étais seul dans ces deux incubateurs...

Comme je le disais un peu plus haut, le tout était organisé comme une sorte de "club de rencontres" pour briser la solitude du futur entrepreneur. Donc, je côtoyais régulièrement les porteurs de projet des autres startups et quand mon aventure s'est arrêtée, nette, et que nous en avons discuté, nous avions tous ressentis exactement le même chose.

J'ai donc été l'un des premiers à partir, à affronter de face le responsable de l'incubateur (un vieil homme de plus de 70 ans, sans doute un peu déconnecté des réalités technologiques de demain), et peu de temps après, plusieurs autres startups ont eu le courage de faire de même. 

Je sais également que la jeune personne qui me suivait a eu exactement le même sentiment (celui de n'avoir aucun pouvoir) et à préférer partir, lui aussi, de l'incubateur... pour faire totalement autre chose... dans une autre région.

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il y a 3 mois par olivierChaillot

@ChristopheFantoni je maintien, et je vais développer.

il existe nombre d'incubateurs, de toutes sortes et de toutes qualités. Que celui (ou ceux puisque j'ai cru comprendre que tu en as essayé 2) auquel tu as eu à faire ne t'ai pas apporté ce que tu espérai ... j'entends ... mais est-ce à dire que tous les incubateurs, dans tous les cas ne seront pas à même d'accompagner un porteur de projet dans de bonnes conditions ?

Pour avoir participé à la création des premiers réseaux d'accompagnement de créateurs et des premiers incubateurs dédiés aux chercheurs, ma position sera plus réservée. la qualité d'un incubateur est lié à la qualité des Femmes et des Hommes qui le compose, à la qualité de la sélection des projets qui seront suivis, à la rigueur méthodologique ... bref, à un mix fort complexe.

Dans la multitude des incubateurs et autres pouponnières existantes il y en a des spécialisées (pour les chercheurs, pour l'ESS, pour les projets industriels, pour les coopératives, pour ...) encore faut-il identifier (de la part du futur créateur) ce qu'il attends, ce dont il a besoin, les compétences qu'il doit aller chercher, les ressources dont il a besoin, ... si ce travail n'est pas fait en amont, il y a toutes les chances que le résultat sera décevant !

je ne fais que conseiller à @AnouchkaMinkoueObame de mener cette réflexion préalable afin de définir son besoin. Ensuite seulement elle pourra identifier un incubateur (ou un autre type de réseau) qui sera à même de lui apporter des réponses pertinentes à ses besoins.

Dans le cas inverse, elle aura toutes les chances de te rejoindre dans la masse des déçus du système ...

Pour information, avant ces différents réseaux d'accompagnement seul (au mieux !) 1/4 des créations étaient encore en vie après trois à cinq ans d'existences ... et la casse sociale était insupportable ... aujourd'hui, entre ces différentes offres d'accompagnement (dans lesquels j'intègre les CAE et autres sociétés de portage qui permettent également de "tester" grandeur nature son projet) et les leviers financiers qui ont été mis en place, le taux de mortalité et les conséquences sont bien différents.

Il n'empêche que pour réussir, encore faut-il devenir à un moment Patron de son entreprise ! tous ceux qui ont créé pour créer leur emploi se plantent ou végètent (une fois leur emploi crée, qui dirige ?)

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il y a 3 mois par ChristopheFantoni

Je vais préciser un peu : j'ai été incubé un an dans deux incubateurs de ma région (Nîmes et Montpellier). Au début, comme je pensais un peu comme vous, j'ai été présenté mon projet à deux autres incubateurs, situés dans deux régions radicalement différentes de la mienne (la Lozère et l'Auvergne).

Finalement, même constat, on me proposait à chaque un simple accompagnement "pour briser ma solitude d'entrepreneur", accompagnement qui était le plus souvent totalement désargenté. En fait, ce que je développais devait se vendre de lui-même. Pire que cela : au début, je devais déjà avoir des clients intéressés par un produit qui était à peine en phase de développement. C'est vous dire si ces incubateurs croyaient en votre projet.

D'ailleurs, si vous en connaissez qui sont aussi bon que vous le dites, cooptez-moi afin que je leur présente mon projet de fabrication de semi-conducteurs de type microcontrôleurs, microprocesseurs et DSP, et on en reparlera.

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il y a 3 mois par olivierChaillot

la question reste entière pour @AnouchkaMinkoueObame comme pour @ChristopheFantoni !

" Dans la multitude des incubateurs et autres pouponnières existantes il y en a des spécialisées (pour les chercheurs, pour l'ESS, pour les projets industriels, pour les coopératives, pour ...) encore faut-il identifier (de la part du futur créateur) ce qu'il attends, ce dont il a besoin, les compétences qu'il doit aller chercher, les ressources dont il a besoin, ... si ce travail n'est pas fait en amont, il y a toutes les chances que le résultat sera décevant !"

Tant que cette étape n'est pas franchie, point de réponse possible !

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il y a 3 mois par ChristopheFantoni

En ce qui me concerne, j'avais parfaitement identifié ce dont j'avais besoin et je l'avais clairement explicité auprès des incubateurs.

Résultat : "on a, on pourra donc vous aider".

Par exemple, comme j'avais pas mal de propriété intellectuelle (PI) à protéger, je voulais rencontrer régulièrement un conseiller en propriété intellectuelle (ou CPI).

Eh bien, les deux que j'ai vu - à Nîmes et à Montpellier - ne savaient même pas ce qu'on appelait en PI la "topographie des semi-conducteurs" (sic).

Après enquête de ma part, les deux CPI m'ont finalement avoué qu'ils étaient nouveaux dans la profession : l'un, le plus vieux, était en totale reconversion professionnelle et l'autre, le plus jeune, sortait de formation et voulait se constituer une liste de clients potentiels en se présentant auprès des start-ups. De vrais experts, donc.

Par la suite, j'ai rencontré les gens de chez Occitanie Invest (qui, contrairement au nom, ne fait pas d'investissements -- il s'agit en réalité du nom du département de la région Montpelliéraine pour aider les startups) qui m'ont confirmé la difficulté en Occitanie d'arriver à trouver des CPI spécialisés dans les semi-conducteurs. Qu'il fallait que j'aille voir un peu plus haut, sans doute vers Toulouse. J'ai donc été mis en contact avec un gros CPI toulousain qui m'a clairement dit être débordé du fait de sa spécialité.

Pour la petite anecdote, il s'agissait du même CPI que celui d'Intel, d'Atmel et de ST Micro. Donc, effectivement, le bon CPI, mais dont la recommandation d'Occitanie Invest et/ou de mon incubateur ne m'a strictement servi à rien. J'aurai pu le démarcher moi-même, sans l'aide de personne, et le résultat aurait été le même.

C'est pour cela que je disais à @AnouchkaMinkoueObame  que les incubateurs n'ont aucun pouvoir et que, de ce fait, ils peuvent se permettre de mettre en relation des gens inexpérimentés auprès de leurs incubés. Cela donne l'impression extérieure qu'ils ont un réseau, un bon, un solide, mais dès qu'on passe sur du concret, tout s'écroule comme un château de cartes.

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il y a 3 mois par SauzetFrederic

Bonjour, en tant que responsable d'un incubateur, j'ai un point de vue différent de celui de @ChristopheFantoni.

La plupart des points de vigilance que Christophe mentionne sont tout à fait pertinents. Mais avec plus de 300 incubateurs / accélérateurs en France, les pratiques d'un lieu à l'autre sont fortement variables (medium.com/@AdrienChl/point-d%C3%A9tape-sur-l-...).

BPI décrit ici tous les avantages à chercher à rejoindre un incubateur (www.bpifrance.fr/A-la-une/Actualites/Accelerat...) et également dans cet article (www.ecoreseau.fr/tech/decryptage/2018/02/01/in...). 

Si un incubateur ne mènera pas le projet à votre place, il peut vous y aider, notamment en facilitant / accélérant la mise en relation avec de nombreux institutionnels (BPI, CCI et toutes les autres structures) et des potentiels clients, investisseurs, associés, employés ... Une très belle occasion, comme le dit Christophe, de réseauter.

Et ce point est fondamental, selon l’approche des réseaux d’acteurs (Akrich, Callon, et Latour 1988). Pour ces auteurs, le sort d'un projet dépend des alliances qu'il permet de créer et des intérêts qu'il mobilise. « Que le sort d'un projet dépende des alliances qu'il permet et des intérêts qu'il mobilise, explique pourquoi aucun critère, aucun algorithme ne permettent d'assurer à priori le succès. Plutôt que de rationalité des décisions, il faut parler de l'agrégation d'intérêts qu'elles sont ou non capables de produire. L'innovation c'est l'art d'intéresser un nombre croissant d'alliés qui vous rendent de plus en plus fort » (Akrich, Callon, et Latour 1988 : 22).

Plus que le nombre, c’est l’hétérogénéité des acteurs qui influence favorablement le succès d’un projet innovant (Gillier, Hooge, et Piat 2014).

En conclusion, je vous conseille de considérer l'option de bénéficier de l'accompagnement d'une structure, incubateur ou autre.

Très beau projet !

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il y a 2 mois par ChristopheFantoni

Pour mettre un peu d'eau à mon moulin, je vous invite à lire cet article qui résume parfaitement mes constations : https://www.maddyness.com/2019/08/26/startups-bouder-incubateurs/

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il y a 2 mois par gmaison

@AnouchkaMinkoueObame  Je vais apporter de l'eau au moulin des premiers répondants.

Il se trouve que j'anime un incubateur (celui du Campus Numérique 47). Je suis un multi entrepreneur multirecidiviste et cette animation est une source de revenus parmi beaucoup d'autres.

Comme tu l'as dit dans un de tes commentaires, la plupart des incubateurs sont animés par des personnes qui n'ont jamais entrepris, développé un projet entrepreneurial (entreprise ou association) mais appliquent à la lettre des méthodes comme on en voit des kilos sur le Net.

Donc, un incubateur a de la valeur sur ces critères là :

  • Les animateurs / accompagnateurs (coachs-mentors, quoi) ont de l'expérience en entrepreneuriat en tant qu'entrepreneurs. Leur historique doit être explicite sur ce point. L'échec entrepreneurial n'est pas un élément négatif dans l'évaluation
  • L'incubateur offre des compétences et ressources pour des besoins que tu ne peux/veux prendre en charge. C'est payant ou non. C'est fonction de l'incubateur.
  • L'incubateur doit avoir dans son environnement des investisseurs et des financeurs
  • L'incubateur doit proposer aux incubés des clients parmi ses partenaires, membres, etc.

Les éléments optionnels sont :

  • un lieu avec des bureaux ou salles de réunion
  • la connexion avec des autres startups

Ce sont, selon moi, les éléments clés d'un incubateur. Aujourd'hui, la capacité de faire du réseau est autant physique (bureaux, lieux) que numérique (réseaux sociaux, forums, etc.) et n'est pas exclusivement dépendante d'un incubateur.

Prends un peu de ton temps pour aller voir les incubateurs, discuter avec les représentants, etc... Méfie toi de leurs chiffres car, forcément, leurs chiffres seront choisis pour être vendeurs - même s'ils sont vrais.

Voici quelques lectures rigolottes et récentes : 

Ensuite, tu ne crées pas une startup, mais une entreprise. Si tu as un modèle d'affaire, alors tu n'es pas une startup mais juste une entreprise. Startup c'est un modèle de développement, basé sur la recherche d'un modèle d'affaire. D'où des levées de fonds pour compenser le manque de CA et de marge (pour payer les salaires, charges d'exploitation et les investissements)...

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il y a 1 mois par ChristopheArriege

Lancer une société tout seul c'est compliqué il vaut mieux être 2. Tu peux challenger tes idées plus facilement et c'est plus facile en cas de coups durs qui arriveront inévitablement. ça te fait aussi 2 fois plus de compétence. En plus si un jour tu souhaites lever des fonds, être tout seul sera discriminant pour un fond. Ils aiment les boites de 2 fondateurs. Pour ce qui est de l'incubateur c'est un passage à mon sens quasi obligé si tu es seul. Tu pourras échanger avec d'autres et éviter de te noyer dans un verre d'eau à tes débuts. Bon courage et fonce dans ton projet n'attends pas le timing parfait il n'arrivera jamais. 

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il y a 3 mois par AnouchkaMinkoueObame

Effectivement j'ai constaté que les mentors experts des incubateurs sont relativement jeunes et dans la plupart de leurs parcours beaucoup n'ont jamais crée d'eux-mêmes des entreprises(surtout des entreprises qui ont eu d'énormes succès), ils disent juste avoir accompagnés plusieurs start-up.

Merci encore, je suis en paix pour continuer sans eux !

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il y a 3 mois par ChristopheFantoni

C'est exactement ça.

Dans mon cas, par exemple, la personne qui me suivait avait à peine 26 ans, vivait en colocation (et donc n'avait elle-même pas d'argent). Par contre, effectivement, elle avait accompagnée un grand nombre de startups, mais sans en avoir créée une elle-même. Sa connaissance du sujet était donc essentiellement théorique, et non pas pratique.

Il est aussi intéressant de noter qu'une entreprise qu'elle avait accompagnée, et qu'elle citait sans cesse en exemple comme étant la parfaite startup, a été mise en liquidation judiciaire moins de 3 ans après avoir été créée (mon incubation datant de 2014).

Bref, beaucoup de ces incubateurs n'ont très clairement pas le nez pour suivre les bons projets en mettant pour cela à leurs dispositions les moyens qu'il faut pour réellement les aider.

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il y a 3 mois par Hervemary

Impossible de répondre à cette question. Cela dépend de votre activité, votre marché, vos objectifs, vos forces et faiblesses.
C'est un peu comme si vous demandiez : "Je vais marcher demain matin. j'ai prévu un T shirt. Est ce que je ne vais pas avoir trop chaud ou trop froid ? " :)

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