COlocation, COvoiturage, COavionage, CObanking, COfarming (jeune projet toulousain à découvrir au passage : www.wefarmup.com/fr/), COworking... Les "CO quelque chose" se multiplient mais posent de nombreuses questions :
- Est-ce un modèle démultipliable à l'infini (COmédecine ?) ?
- Quid du modèle et de la répartition de valeur (d'usage/d'échange) ?
- Pertinence du modèle en soit (effet de mode ou lame de fond) ?
Vos avis sur le sujet m'intéresse
Pour ceux que le sujet intéresse, je vous conseille la lecteur du très bon bouquin de Michel Bauwens "Sauver le monde : vers une économie post capitaliste avec le P2P".

économie collaborative stratégie peer to peer
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9 réponses

il y a 3 ans par oimoci
L'économie est-elle sans limite ?

Pour la santé, cela existe déjà avec de très nombreux forums de personnes atteintes de maladies, souvent graves, qui partagent leurs moments difficiles et leurs conseils. Cela va parfois très loin dans la "co-medication".

Pour l'éducation, j'adore cette initiative portée par la Fédération des enseignants aux USA, ShareMyLesson, "by teachers for teachers", qui revendique 10 millions de téléchargement de supports de cours partagés entre profs : www.sharemylesson.com/home.aspx

Plus globalement, la mutation du monde du travail va vers le "co", associant entreprises et indépendants et freelances... et certains ne se gênent plus pour parler de la fin du salariat, même dans le journal de France2 : youtu.be/aQV8s_ct8Jg

La valeur créée serait dans les data...? A suivre...!

Pour la suite, les prévisions annoncent une multiplication par 20 du business de l'économie collaborative dans les 10 prochaines années pour dépasser les 300 milliards de dollars... A tel point que nos amis sénateurs pensent à une nouvelle approche fiscale de ces activités.

Convaincu ?
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il y a 3 ans par PascalW
Bonjour,
Le développement actuel des initiatives collaboratives se fait dans un contexte social et économique installé, sans doute usé et défaillant , mais profondément ancré.
En cas de litige de co-truc, il a donc un recours naturel aux moyens existants de la société traditionnelle (assurance, justice, ...). Les récents déboires d'Uber contre les Taxis l'ont bien montré.
A mon avis, mais peut être, est-ce simplement parce que je ne connais pas suffisamment le sujet, la première limite sera dans les dispositifs d'arbitrage.
Ensuite, dans ce schéma, il va manquer un acteur important l'état et les collectivités locales. L'économie collaborative échappe le plus souvent à l'impôt (je ne pense que beaucoup de co-voituriers déclarent les rétributions perçues dans leurs revenus ou la TVA). Sans impôt pas d'infrastructure ni de service public.
Personnellement, je reste très attaché à une Education Nationale qui malgré ses défauts reste un rempart contre les gourous, intégristes ou fondamentalistes...
C'est aussi ce qui m'inquiète dans la co-medication.
Les initiatives soulignées par @oimoci sont pour autant très bonnes et ce serait dommage de les brider.
Pour ce qui est de la fin de statut de salarié, j'aimerai y croire mais mon banquier préfère me voir aujourd'hui en CDI pour m'accorder sa confiance mais si, au fond, "Indéterminé" n'a jamais été aussi vrai.
A moins d'une révolution, je pense que cela restera une économie parallèle jouant un peu le rôle de soupape sociale. J'espère me tromper
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il y a 3 ans par Antoine_BAUDON
Selon moi cette économie "co" est d'autant plus attractive en temps de crise, reste à savoir, comme cela est dit plus bas, comment les services publics veulent se positionner par rapport à tout ceci.
Pour les Gourous qui pourraient surfer sur cette vague, il est évident que toute dérive ou tout excès sont toujours mauvais.
Je partage également le fait que certains secteurs doivent restés mission d'état.
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il y a 3 ans par Pbernardon
Un changement de modèle est en route, l'économie de la collaboration doit trouver ses marques pour assurer une transition vers la rémunération du travail au regard d'une rémunération de l'emploi.

Et les acteurs ayant investi cette espace vont ils accepter de rémunérer les acteurs qui contribuaient gratuitement ou presque.
Et les états vont ils accepter les pertes fiscales engendrer par cette nouvelle forme Economique ?

Je pense qu'un accompagnement est nécessaire. Le modèle est à construire de manière collaborative.

Par exemple, pour votre métier :
- les entreprises sont elles prêtes à payer un indépendant pour une tâche plutôt qu'une durée ?
- les sociétés diffusant des appels d'offres sont elles prete à faire confiance à une tribu de travailleurs expérimentés indépendants pour répondre aux besoins ?
- les instances qui gère les contrats de travail, les cotisations retraite, les taxes et les impôts ont ils entamé une seule réflexion sur cette nouvelle économie ?
- la robotisation va prendre en charge 25% de nos tâches, comment continuer à gagner sa vie correctement dans un tel contexte ?
- Avez-vous entendu un partie politique inscrire dans son programme des initiatives pour accompagner l'économie collaborative ?

Voici peut-être les premières limites au modèle collaboratif sur lesquelles il faudrait une réflexion collaborative et remise à plat de nos usages et systèmes de valorisation ... Le revenu de base universel est il une des clés ?

Au plaisir de vous lire

Pascal.
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il y a 3 ans par olivierChaillot
Ce qui est passionnant dans les périodes de mutations c'est que le modèle qui sera la norme demain reste à inventer ... et que demain n'est pas écrit mais sera ce que nous en ferons, la conséquence de nos choix (collectif) d'aujourd'hui ...
La question du vivre ensemble est posé, nous semblons tous d'accord. Quid de l'état et plus généralement des services publics ? c'est là qu'il nous faut être inventif et que plusieurs futurs sont possibles et ouverts ...
la "CO" et ses avatars que chacun commence à lister remet en cause fondamentalement ce qui constitue les bases de la société actuelle : la propriété (voir le mouvement du "libre"), l'impôt (voir UBER, BLABLA ...), la solidarité (voir l'évasion fiscale), la rémunération liée au travail (voir ...), ...
Alors ? faut-il mettre en place un revenu d'existence ? une fiscalité appliquée sur toutes les transactions ? ...
Avec toutes les conséquences que cela implique ?
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il y a 3 ans par ArnaudLemoine
En ce qui me concerne je pense que le terme COLLABORATIVE il faut ben s'entendre sur ce que cela signifie et ne signifie pas.

Dans le cas des Uber, blablacar...c'est une usurpation de mot et de sens... c'est une manipulation marketing. Manipulation dont nous pouvons bien évidement discuter de ceux qui manipule et dans quel but ;-)

Je vous invite à lire ou relire

lemonde.fr/entreprises/article/2015/06/25/miche...

a++
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il y a 3 ans par gmaison
Je pense que le CO* (lire CO -star ;) ) n'est pas nouveau mais quelque chose de renouvelé. La solidarité et le "faire ensemble" sont des concepts qui existent depuis la nuit des temps et fait que nous sommes des animaux sociaux, en groupe.
Mais, les usages et les temps ont fait que l'on a oscillé - et probablement encore - entre d'un côté un individualisme - au sens individu ET égoïste - forcené puis vers un collectif - au sens le tout dépasse la somme - tout aussi déstructurant. Or, aujourd'hui, il me semble que nous allons franchir un pas important dans ces oscillations, ces déséquilibre. Je vois en maints endroits, dans des "univers" très différents auxquels j'appartiens, une tentative de dépassement de ce clivage. Je l'ai mentionné à plusieurs reprises ici mais aussi dans ma curation sur les RS. Un dépassement par le fait qu'il y a une demande forte de reconnaissance de l'individu (débarrassé de son égoïsme mais pas de son égotisme) mais également sa prise de conscience qu'il ne pourra s'épanouir sans son appartenance à DES réseaux, à une multitude à n dimensions, un collectif dynamique et vague mais résilient.
Et de cette prise de conscience découle cette volonté du faire ensemble, de manière permanente OU impermanente, ce CO*. Ce n'est donc pas neuf mais bien renouvelé.
Démultipliable à l'infini ? très certainement. Parce qu'elle rejoint cette économie de la connaissance où 1 + 1 = 3. Autrement dit, le CO* ne dépend que des limites de l'imagination humaine.
Pour ce qui est de la valeur, il est important de voir que ce CO* étend la notion de valeur à des choses que nous avions probablement perdu de vue : l'éthique, la valeur d'usage, les sentiments, la réalité (?), proximité et solidarité, ...
Quant à son devenir... là... je sèche... je n'ai jamais été bon en prédictions ;)
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il y a 2 ans par Vortex42

Bonjour,

J'aime bien les prédictions, il suffit de dire "dans 100 ans" car on sera mort avant vérification.
Voyons voir CO* ?

Bon je suis nul en chimie alors lançons-nous (en tout cas ça à l'air ennuyeux sur wikipédia).
- CO, CO1, CO2, CO3, C04, CO5, CO6, je vous laisse voir quand nous avons fait un voyage sur un satellite d'une autre planète du système solaire.

Question :
- Peut-on faire simple ?
- oui !
- alors faisons compliqué !
- ok j'ajoute un truc dans la sauce...
- abracadabra....A, B,C,D...
- stop
- H !
- ok COH !
- ça sert à quoi ?
- faire de l'alcool !
STOP VOUS DEVEZ REMETTRE UNE PIECE POUR LA PREDICTION :
choix 1 :
- boire un coup (ou plus)
choix 2 :
- allumer le feu !
choix 3 :
J'ai commencé par le choix 1 donc j'ai oublié le choix 3 !
Certains esprits critiques dirent plus tard que H pouvait faire référence à des substances prohibées ou à la bombe du même nom.
Voilà, tout est là !
Vous n'avez qu'à convertir la chime dans ce qui vous parle plus, simplifier l'équation
- supprimer l'utile,
- garder... rien,
- jeter le reste,
Et ...
Prier que l'on ne me donne pas l'état à gérer ! (plutôt l'état H).
Le principe, vous l'avez compris, n'est pas d'être pris au 1er degré...
Du coup là, je sèche, je vais boire... de l'eau ?

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il y a 3 ans par Hervemary
Bonjour,

Oui je suis d'accord avec les réponses précédentes.
Mais quid du "modèle et répartition de valeur ?"

Du point de vie Micro.
Si on regarde la courbe d'utilité du consommateur final, Il y à deux dimensions classiques . Le prix et la facilité d'utilisation. Jusque là c'est assez simple.
Donc tous les secteurs ou l'utilisateur final pourra trouver un meilleur prix et/ou une une plus grande facilité d'utilisation, peuvent être investis par le collaboratif.
La ou cela se complique, c'est qu'il existe un catalyseur, ou un frein ! Une autre dimension, nouvelle pour notre société de consommation. Une dimension sociétale, humaine, et là cela peut tout changer. Y compris la façon même dont nous consommons au quotidien. D'ailleurs les acteurs du net l'ont bien compris. "Vous n'allez pas seulement trouver une superbe guitare électrique, vous allez, peut être, rencontrer Iggy" :)
Ou réaction inverse : "je ne vais pas acheter une prestation sur internet, car je préfère faire travailler en local".

Du point de vue macro.
Nos sociétés développées ont atteint un "steady state" presque absolu. Il n'y à plus de croissance. Donc les marchés vont redoubler d'inventivité pour faire plus avec ce que nous avons. Car même si certains d'entre nous, sont prêt à renoncer à posséder plus de biens matériels, nous sommes toujours enclins à plus de bien être, certes non pas par la propriété, mais toujours par l'utilisation dérivée et le partage de ces moyens. Bref on n'achète plus. On va louer à plusieurs. Mais le besoin reste le même.

Sur le partage de valeurs entre les agents économiques.
C'est encore trop tôt pour prévoir quoi que cela; il semblerait que le point d'entrée ( site web notamment) soit la principale valeur ajoutée de cette nouvelle économie. Mais c'est sans compter le développement et la multiplication des "chipsets" toujours plus puissants et plus connectés, dans nos objets du quotidien, qui nous permettrons de partager... nos données, en effet ! Sans devoir se référencer sur une interface web.

Bref il semblerait que les conditions économiques et technologiques soient réunies pour un développement assez important, modulo en facteur plus ou facteur moins, la dimension sociétale voire éthique, "perçue" par le consommateur final, dans chaque nouveau service ou secteur.
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il y a 3 ans par FredericT
Pertinent ou pas ? bénéfique ou pas ? la question ne se pose même plus, la lame de fond est partie et rien de l'arrêtera, quoiqu'on en pense. La révolution digitale, prédite par certains, constatée maintenant par beaucoup (jusqu'à Davos et la COP21) est en marche et progresse vite. Comme les précédentes révolutions (y en a-t-il eu 2 avant : agriculture, industrie, ou 4 en rajoutant l'écriture et l'imprimerie, peu importe) elle génère des crises, des gagnants et des perdants mais elle avance.

Cela avait commencé avec le WEB 2.0 qui nous prédisait des rapports sociaux plus collaboratifs et plus horizontaux, plus participatifs (Twitter et facebook pour faire simple) mais ce n'était que le début !
Non seulement les hommes communiquent plus et plus vite (mieux ?) mais les machines et les monnaies d'échange s'y mettent aussi, court-circuitant les appareils centralisés. Grace au numérique la modification du génome est en train d'exploser avec des conséquences qu'on ne mesure pas (en bien et en mal).

Bref, les 5 ans qui viennent vont être passionnants !!!
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