Je vous partage ce (vieux) papier "De l’utopie numérique au choc social", point de vue à contre-courant sur la famous "économie du partage". www.monde-diplomatique.fr/2014/08/MOROZOV/50714...
Vos réaction ? Merci :)

economie partage
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6 réponses

il y a 4 ans par JoyceMarkoll
L'économie du partage existe depuis que des humains savent troquer. Il y aurait eu une loi promulguée au XIV° siècle au Royaume Uni qui aurait été la source d'inspiration pour la création du premier "LETS" : Local Exchange Trading System (les SEL) qui a servi de point de départ à la création du premier SEL français (fin du siècle dernier). Sont apparus aussi dans la même période les premiers groupes formés pour financer des initiatives locales, écologiques et ou sociales alternatives et solidaires : les CIGALES. cigales.asso.fr/

Du mouvement des CIGALES est née une société de capital-risque dédiée aux financements de projets écologiques, technologiques, etc. (car les CIGALES ont une durée de vie limitée de par ses status).
J'avais oublié le nom, ça m'est revenu: Garrigues. www.garrigue.net/

Il y a eu la création de la NEF, de la Banque Cooperative…
Et la technologie ? Elle ne fait que servir de support à des initiatives du même type, qui sont inspirantes et ont probablement servi d'inspiration à d'autres qui en ont inspiré d'autres… alors retour vers le XIX° siècle, ou… "Retour vers le futur" ? :-)

(Quand à la "déviance" vers les bons points délivrés par les clients eh bien, les hôtels et les taxis n'ont qu'à se faire liker…
- un client pas content, tout comme les commentateurs d'ailleurs:
plus.google.com/+ThomasPetazzoni/posts/gzKiHBJ...

- une autre idée du service, par Pierre Hurstel dans la même vidéo où @oimoci est intervenu:
www.youtube.com/watch?feature=player_detailpag... )

Je crois que les événements qui font parler des phénomènes Uber/UberPop et AirBNB ne sont que la partie visible des changements. (cf en vrac, les WOOF, www.helpx.net/, tree2share, yonnelautre, onpeutlefaire, raffa, opensourceecology.org/ et beaucoup d'autres).
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il y a 4 ans par DidierdeThoisy
Merci beaucoup pour ta riche réponse :)
Il me semble qu'on rejoint un peu la réponse de @oimoci sur la notion de #digitalabor : D'un coté des initiatives innovantes citoyennes, de l'autres les nouveaux mastodontes sexy ultra-libérales qui viennent précariser encore plus le travail : compétition entre les travailleurs ( à coup de like et de commentaires), payés à la tache, pas (ou peu) de contrats, pas de cotisations, pas d’impôts....
Un autre papier sur cet aspect www.alterecoplus.fr/entreprise/uber-vers-la-fin...
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il y a 4 ans par JoyceMarkoll
Bonjour Didier,

Cet article est très intéressant également. Cela m'inspire plusieurs choses:
> De quoi faire s’envoler les prix, et avec eux le mythe d'un modèle d’entreprise innovante qu’Uber essaie de se donner.

Si la loi passant par là, Uber s'adapte, que les prix d'une course soient au même niveau que les prix des taxis, et les chauffeurs bénéficient d'avantages sociaux dûs au salariés (j'ai en tête l'exemple du Portage Salarial), il restera deux ou trois choses très intéressantes pour le client final qui n'existe plus et qui n'existe pas avec les taxis.

Le service est accessible par la plateforme dématérialisée sur laquelle les clients peuvent indiquer leur degré de satisfaction par le like, qui est visible par les autres clients potentiels ; les clients peuvent payer de manière dématérialisée puisque le prix des courses est débité directement depuis la plateforme, à la manière de Paypal j'imagine, ou à la manière de Amazon, peut-être.

Voir les commentaires sur les posts sur Google+ et sur Twitter pour la satisfaction des clients : les chauffeurs de taxi font n'importe quoi, ne sont pas aimables, roulent comme des cinglés, et les clients ne peuvent pas payer par carte bancaire. Bref, tout pour déplaire. Je n'ai même pas lu de réflexion concernant le prix des courses dans ces quelques posts et commentaires. À croire que la réflexion de l'article à ce sujet passerait complètement à côté du problème ? En tout cas du problème : côté clients !

Quand à AirBNB je trouve que ce n'est pas aux hôtels qu'il font le plus concurrence, ce serait plus aux chambres d'hôtes, et aux chambres et tables d'hôtes. Ces derniers offrent une belle qualité de prestations, accueil, cadre, propreté. Quand aux hôtels eh bien, c'est variable ?

Alors cet article montre bien qu'il y a une marge entre l'activité occasionnelle de complément et une activité plein temps dans ce cadre. L'activité occasionnelle peut être perçue comme un dépannage pour la personne qui effectue le travail tandis que le plein temps est bien un problème tel que décrit par l'article. Là j'ai envie de faire la comparaison avec les SEL. Il y a eu une personne jugée à Foix quelques années en arrière, car l'URSSAF a porté plainte pour travail au noir. Le tribunal a décidé que des coups de main occasionnels dans le cadre du Système d'Échange Local étaient parfaitement tolérables. Je crois que les circonstances ont aidé, vu que la femme n'avait aucun moyen de payer quelqu'un et que la toiture de sa cabane menaçait de lui tomber sur la tête.

Dans le cas des plateformes collaboratives, si la loi s'en mêle, sera-t-elle capable de nuancer entre tout interdire et tout autoriser ? Tout blanc, tout noir…
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il y a 3 ans par Clement_P_PIERSON
Etant membre d'une CIGALES (Clubs d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale et de l'Épargne Solidaire), je me permets de glisser un lien un peu plus récent pour l'asso des CIGALES d'île-de-France : feuillecigalesidf.blogspot.fr/
C'est franchement une belle façon d'être dans le partage et de financer des projets sociaux, écologiques ou solidaires.

Bonne lecture!
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il y a 4 ans par gmaison
Le souci, c'est que nous sommes au coeur d'une période de changements, d'évolution radicale de nos sociétés, comme d'autres parlent même de changement de civilisation pour passer à la civilisation numérique.
Le numérique est en train de devenir ce que l'écriture, l'imprimerie, le pétrole ou l'électricité sont devenus dans nos sociétés.

De ce que j'observe, l'évolution majeure tient dans l'émergence de l'individu qui sait qu'il ne peut s'épanouir qu'avec les autres, et donc une forme de dépassement de l'opposition individu/groupe. Très probablement redécouvrons nous certaines des valeurs humaines qui ont contribué à la création de notre constitution de 1789, d'inspiration très libérale - mais libérale dans le sens du libéralisme classique pas cette espèce de caricature économico-néolibérale du renard libre dans un poulailler libre.

Alors aujourd'hui, après un siècle de taylorisme où nous n'avons fait qu'une seule chose : optimiser les processus et les outils et les méthodes pour ceci ainsi qu'un oubli complet de l'être humain quidevait être interchangeable, la plupart des gens souhaitent avoir cette reconnaissance en ce qu'ils sont tout en retrouvant les vleurs de la collaboration, de la coopération et du partage. Et aujourd'hui, on habille chacune des solutions testées, mises en oeuvre, des noms de l'économie du partage, de l'économie de la collaboration, de l'economie sociale et solidaire, etc. Mais c'est avant tout un retour vers le souhait de la liberté et du faire ensemble.

Si je devais utiliser une image, je dirais que depuis le 19e, des blocs de plus en plus gros s'observaient et s'affrontaient, dans une concentration jacobine toujours plus grande. Cela s'est poursuivi durant le 20e. Et maintenant, l'envie semble être de créer un réseau très vivant, très dynamique d'individus, de citoyens, de professionnels (tout dépendant des points de vue simultanés) qui coopèrent, collaborent ou partagent au gré de leurs envies ou besoins.

Nous sommes au début d'un déséquilibre, à la recherche d'un nouvel équilibre. Les mots sont alors de moindre importance que les faits et les actes. Demain, d'autres mots seront employés parce que le recul sera plus important.
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il y a 4 ans par DidierdeThoisy
"Les mots sont alors de moindre importance que les faits et les actes" :) Merci pour ta réponse
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il y a 4 ans par FabriceT
Excellent article, il n'est pas si à contre-courant que ça : Il répond en détail à la question « avec qui partageons-nous ? ». Sa réponse diffère de la réponse sexy et simpliste usuelle puisqu'on ne partage pas, nous sommes l'heureux produit que d'autres se partagent.

L'article me rappelle un fait divers dans lequel un gars avait commis un massacre aux US. Les médias l'avaient trouvé louche car il ne possédait pas de profil Facebook.
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il y a 4 ans par ArnaudLemoine
Pour compléter notre réflexion... lemonde.fr/entreprises/article/2015/06/25/miche...
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il y a 4 ans par DidierdeThoisy
merci
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il y a 4 ans par ArnaudLemoine
Très bon article..
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il y a 4 ans par QuentinDeslandres
c'est amusant : j'ai découvert cet article aujourd'hui sur un autre réseau ! le numérique facteur de jouvence de l'information ;)
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il y a 4 ans par DidierdeThoisy
Skiller c'est la source :p
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