Quelle place pour la mise en place de démarches et méthodes à l'origine d'une nouvelle organisation dans les entreprises de taille conséquente, ayant une certaine inertie ?
Quelle vision avez-vous de cette innovation interne ?

entreprise innovation intrapreneuriat
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6 réponses

il y a 3 ans par Klodeko
L'innovation interne dans les grandes entreprises, c'est comme les frites McCain, il y a les ThinkTank et les DoTank :)

il s'agit de préparer les offres de l'entreprise pour demain sur différents horizons de temps goo.gl/GIj59I avec des formats d'open innovation, de R&D, de Lab, de cellules propectives, Front End of Innovation... dont la dont justification et la pérennité dépend en grande partie de la culture d'entreprise, de la typologie de ses offres (produits, services, social...) et de la volonté des bipèdes qui la composent.
Les profiles à l'aise sur aujourd'hui, demain et après-après-demain sont assez rares. Cela peut inclure des collaborations externes (External Innovation, capital venturing) et aussi préparer des spin-off qui sortiront du vaisseau Entreprise. il s'agit de placer la grande entreprise dans son environnement.

L'innovation interne est assez efficace pour améliorer en continu les offres sur des pas de temps du court à moyen terme. Plus l'horizon est loin plus grande doit être sa liberté d'action (budget, ressources) et elle doit être tournée vers l'action et la co-création (voir les approches Design Thinking, Effectuation...).
Il faut rester centrer sur l'age du FAIRE et s'ouvrir sur le monde hors de l'entreprise. Sachons tirer les leçons de la royauté française qui a démontré combien la consanguinité apportait son lot de tares.

L'innovation interne a aussi un autre effet sur l'engagement des associés, ces fameuses "sources humaines" (copyright @oimoci) sans lesquelles l'entreprise ne serait pas ce qu'elle est. Et l'engagement, c'est aussi un sacré moteur de croissance.

Les ruptures auront plus souvent du mal a émerger d'autant plus de l'entreprise est grande (+1000) et si elle n'a pas su se découper en sous-entités autonomes (Businesss unit) comme 3M par exemple. Il est assez utopique (mais pas impossible) de penser jouer le rôle de start-up interne comme Pernod Ricard le tente avec sa structure big en complément de son fond d'innovation interne (sorte de crowdfunding).

Il s'agit donc d'équilibrer plusieurs innovations internes avec des périmètres, niveaux de risques et degré de liberté appropriés pour adresser le certain, le probable, le possible et l'inconnu. Bien sûr il faut des individus à l'aise dans ces différents environnements qui viennent avec leur appétit, leur culture, leur compétences et leur réseau.

Plus l'entreprise est grande plus sont objectif va se (re-)centrer naturellement sur la rente. Par comparaison, une start-up respire à 100% par la croissance.
Il s'agit donc de trouver le subtil équilibre entre Exploration et Exploitation, Agilité et Discipline... et ça dépend chaque fois de l'entreprise, sa taille, son histoire, sa culture, ses tensions (internes et externes), ses collaborations et des personnes qui la composent, de ce qui les fait vibrer (excitation/peur).
Penser innover en rachetant une start-up est souvent peu fructueux. La flamme qui devrait apporter une dynamique par contagion est le plus souvent soufflée par la structure d'accueil et la magie s'arrête. La technique la plus efficace serait non pas de racheter 1 start-up ou 2 mais 100 ou 1000 pour mettre le feu pour de vrai. Mais qui est prêt à le faire ?

Quelques liens pour aller plus loin :
- Albert Meige aborde le sujet dans sa présentation aux Mardis de l'innovation vimeo.com/125706608
- Philippe Silberzahn a agrégé les travaux de Clayton Christensen dans un bouquin téléchargeable goo.gl/24jA7H
- Gregorry Olocco et l'organisation de l'innovation Air Liquide et du iLab goo.gl/E8FYtJ
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il y a 3 ans par SpaceTimeContinuum
En terme de démarches exemplaires d'intrapreneuriat au delà de l'incubateur interne que l'on voit partout, j'aime beaucoup chez Adobe: la KickBox! :)

Ils ont fait un kit avec une carte prépayée de 1000 dollars pour faire le premier pas pour aider à formuler / tester une idée avant de la pitcher en interne...

kickbox.adobe.com/

Cette boîte est en creative commons :-)

le process associé en 6 étapes -> kickbox.adobe.com/workshop/kickbox/
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il y a 3 ans par ClaireBouteyre
J'ai trouvé très intéressant cet article co-écrit par le CEO de Linkedin diffusé dans HBR juin 2013. Il décrit "une nouvelle alliance employeur/collaborateur" dans les grandes organisations, qui se matérialiserait de trois façons très simples :1) embaucher les collaborateurs pour des "tours of duty" définis (2 à 4 ans) 2) encourager les collaborateurs à construire leur réseau en dehors de l'organisation 3) créer des réseaux d'anciens. Voir l'article qui détaille chacun de ces items. Nous ne sommes évidemment pas dans la nuance de Norbert Alter ou Isaac Getz, mais j'aime aussi assez le pragmatisme de la Silicon Valley !
hbr.org/2013/06/tours-of-duty-the-new-employer...
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il y a 3 ans par oimoci
Les tentatives sont incroyablement nombreuses ! Pas un groupe du CAC40 sans son incubateur ou presque !!!
Et à côté de cela, toutes les études sur les cadres des grands groupes révèlent que leur première attente est la reconnaissance, plus de la moitié des jeunes diplômés veulent créer leur propre entreprise...
Pas facile de laisser les initiatives fleurir dans des organisations hiérarchisées, territorialisées, ou tout est censé être prévisible et dans lesquelles on ne supporte par l'échec.
Pas simple non plus de changer de point de vue pour se dire qu'une entreprise ne se définit pas par ses produits ou ses services actuelles...
Pour avoir la chance d'échanger avec certains responsables de ces structures d'innovation dans les grands groupes, je vous confirme qu'il est très complexe de démontrer leur valeur ajoutée auprès des décideurs des grands groupes... Et pourtant, l'avenir est aux entreprises qui sauront activer les compétences de leur écosystème, en commençant par celles de leurs salariés !

Laurie, si tu cherches un modèle d'empowerment et d'intrapreneuriat, je t'invite à regarder de près WL Gore and Cie, et Poult évidemment ;)
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il y a 3 ans par gmaison
Si je me réfère à l'entrepreneuriat (et son cousin interne aux entreprises : l'intrapreneuriat), cela correspond au développement de projet, que ce dernier soit innovant ou non. Par contre, cela suppose que le contexte pour développer le projet soit propice, c'est à dire que le porteur du projet aura la liberté d'engager des parties prenantes - donc de décision - et que l'échec ne sera pas considéré comme une entrave à la poursuite de sa carrière. Ce dernier point est particulièrement important car s'il n'est pas respecté, personne ne voudra prendre la responsabilité voir sa carrière sabordée pour avoir pris des initiatives.

J'attire aussi l'attention sur le fait qu'il arrivera très probablement un moment où l'usage des ressources internes mèneront vraisemblablement vers la mise en palce de nouveaux processus, dédiés au projet, qui pourront aller à l'encontre des processus établis dans l'entreprise et donc pourront mener vers une modification des valeurs, de la valeur ajoutée, internes à l'entreprise. Ceci peut toutefois être contourné par la création d'une Spin-off (fr.wikipedia.org/wiki/Spin-off ) et permettra de conserver l'acquis lors du développement du projet (ressources, processus et valeurs - cf. Clayton Christensen dont parle @Klodeko).
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il y a 3 ans par Klodeko
Les cousins ENTRE- et INTRA- diffèrent d'autant plus que la taille de l'entreprise est grande. Au-delà de quelques centaines de personnes selon les activités, ce paramètre apporte de la viscosité et ralentit les vitesses de réaction. C'est comme si tout prenait plus de temps, était plus compliqué, coulé dans le caramel collant de le culture d'entreprise avec un ressort de rappel sur tout ce qui s'écarte du business as usual, de la zone de confort comme dans le théorème des singes (goo.gl/kwIQGK).

Le moment que tu annonces est là en ce qui concerne des grandes entreprises et des expérimentations d'organisations sont en cours (Renault, Air Liquide, Seb, Pernod Michelin...). Il est effectivement intéressant de faire évoluer l'organisation pour former des équipes agiles dès qu'on veut s'écarter un peu plus des sentiers battus.

J'aime assez la parabole utilisée par Gregory Olocco du remorqueur qui part au devant de l'entreprise.
Je l'ai enrichie en remplaçant le câble par un élastique. Ainsi si on s'éloigne trop, l'élastique casse et on ne revient pas au bateau. Ça peut être voulu (spin-off, essaimage) ou pas (oups, effet interstellar). Ce ressort de rappel amical permet aussi de revenir régulièrement délivrer les résultats de cette exploration pour repartir plus loin.
Ces structures ont aussi un vrai rôle de prosélytisme et de contamination. A haque aller-retour, on pourra faire des échanges de passagers pour essaimer des porteurs de projet un peu "différents" et participer ainsi à la mutation de l'organisation (bien les accompagner pour qu'ils ne se fassent pas bouffés dès qu'on a le dos tourné).
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il y a 3 ans par VincentPAUMIER
L'intrapreneuriat est une démarche de l'intrapreneur ou de l'entreprise. L'intrapreneur veut développer sont projet et en fait par à l'entreprise. Ou bien, l'entreprise propose aux salariés de développer leur projet. Les objectifs peuvent être d'identifier les talents ou de développer l'innovation ou les deux.
L’intrapreneuriat "spontané" est une initiative d’un individu ou d’un groupe de salariés qui décident de se lancer dans le développement d’un nouveau produit ou d’un nouveau service.
Cette demarche résulte de plusieurs facteurs bien souvent liés : le besoin de reconnaissance et d’autonomie dans l’entreprise, la volonté de réaliser un projet qui paraît important aux yeux de l’intrapreneur mais que l’entreprise ne perçoit pas comme tel, le désir de s’orienter vers une voie non explorée volontairement ou non par le management.
C’est aussi parfois un besoin de briller auprès de son manager et de lui faire reconnaitre que les bonnes idées ne viennent pas uniquement de la hiérarchie
Mon expérience personnelle est qu'il n'est pas facile d'Intraprendre. Le parcours de l'Intrapreneur est difficile, peut être plus encore que celui de l'entrepreneur qui reste maître de toute ces décisions.
L'intrapreneuriat devrait être plus développé dans les grands groupes mais aussi dans les ETI. Une entreprise qui en a les moyens (conjoncture favorable) doit libérer les esprits créatifs. Elle en tirera à coup sûr de nombreux bénéfices (tangibles et intangibles) : voir le reportage diffusé sur ARTE : le bonheur au travail (en téléchargement payant sur le site d'ARTE).
Un très bon livre de Véronique Bouchard explique les différentes formes d'Intrapreneuriat : l’lntrapreneuriat spontané, la cellule Intrapreneuriale, la plateforme Intrapreneuriale, la division Intrapreneuriale. De nombreux exemples de grandes entreprises y sont expliqués. On y retrouve aussi les différentes approches des entreprises pour la mise en place de l'Intrapreneuriat : minimaliste, structurelle et culturelle.
www.amazon.fr/Intrapreneuriat-Innovation-Croiss...
Je recueille actuellement des témoignages de grandes entreprises publiques et privées sur le sujet pour mener une étude sur la différence entre Intraprendre dans le Public et Privé. Je m'interroge aussi sur les résultats obtenus : retour sur investissement des politiques d'intrapreneuriat.
Vincent
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il y a 1 an par NicolasFabre

Bonjour où en est votre étude et pouvez-vous la partager ?

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il y a 1 an par VincentPAUMIER

Oui, avec plaisir. À quelle adresse mail voulez-vous la recevoir ?

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il y a 1 an par NicolasFabre

fabre point nicolas at gmail.com :-) Merci !

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il y a 3 ans par LaurieBesinet
Merci à tous pour vos réponses et vos idées ! A bientôt :)
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il y a 3 ans par Klodeko
Ce billet d'Annabelle Bignon (The Family goo.gl/M9nzCU) pose bien les clés d'un intrapreneuriat efficace :
- Être à la recherche d’un nouveau modèle d’affaire
- S’attacher à résoudre un problème
- Accepter l’échec comme processus itératif d’apprentissage
- Prendre des décisions de manière rapide et radicale
- Faire venir, attirer et retenir des entrepreneurs
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