La question est plus profonde qu'il n'y parait de prime abord. Pour alimenter votre réflexion avant de répondre, je vous propose un article : www.epochtimes.fr/science-systeme-de-croyance-1...

Alors ?

comprendre information zetetique
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3 réponses

il y a 2 ans par julieviala

je me permets de répondre bien que totalement étrangère au domaine de la science. Votre question, et d'autant plus l'article, soulève pour moi une question sous-jacente " pourquoi?". En effet, il semble que depuis 50 ans, la science dans son entièreté se restreigne, doucement et surement, à la science appliquée. Dans le passé, un chercheur pouvait travailler toute une vie sur une question et son but était d'avancer, pas toujours de trouver. Ses travaux étaient ensuite repris par la génération suivante et ainsi de suite. De plus en plus, on demande à la science, aux chercheurs d'avoir un questionnement qui pourra trouver une application pratique pour l'homme à court ou moyen terme. or, il me semble qu'un chercheur doit pour chercher avoir beaucoup d'imagination. Si on la lui bride dès le départ sur son sujet de recherche les choses s'engagent mal. Un chercheur libre aura ses propres croyances et non pas une croyance commune. Cette généralisation de la science appliquée a, pour moi, de nombreux inconvénients: elle appauvrit l'enseignement ( disparition dans beaucoup de formations universitaires de la philosophie, histoire.....), elle appauvrit la matière grise de nos scientifiques qui ne doivent plus chercher mais trouver, elle éloigne de la recherche de brillants cerveaux. J'ai en effet autour de moi des 30-40 ans qui, après un parcours brillant ( thèse astro-physique, MIT, thèse mathématiques....) ont totalement abandonné la science, la recherche. Les seuls postes proposés étaient en sciences appliquées même au sein d'organisme censé être de recherche pure ( type CNRS où les lobbies on fait leur entrée). 

Cette demande de recherche orientée, de résultats poussent, à mon avis, à la naissance d'un "Dogme" et à la disparition des "croyanceS", des "penséeS"

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il y a 2 ans par olivierChaillot

@julieviala , Ton constat me parait emprunt de bon sens et décrire assez fidèlement les dérives que chacun peux constater !

il y a un autre aspect dans la question qui mérite également la réflexion, c'est cette tendance forte à réduire la démarche scientifique à la recherche d'un consensus dans la connaissance collective.

Cette tendance lourde ne gomme-t-elle pas les nécessaires écarts au consensus qui pourraient être porteur d'autres pistes d'amélioration de la connaissance collective ?

Cette tendance lourde n'oblige-t-elle pas à focaliser sur une sorte de "science unique" comme il y a une "pensée unique" ?

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il y a 2 ans par julieviala

@olivierChaillot Si, et cela semble logique si on regarde pourquoi et quand la pensée unique se développe. Je crois que les scientifiques, les chercheurs ne peuvent pas tous faire exception aux grandes peurs de la nature humaine. La pensée unique rassure, évite de s'interroger et donc d'angoisser. Elle a donc du succès en période mouvementée. Il y avait un risque certain pour que la Science finisse par rejoindre le mouvement. Sans rejeter le système dans son ensemble, il parait regrettable d'avoir à ce point monétisé la recherche et la science. Elle est cantonnée à ce que l'homme peut appréhender, elle est soumise à des objectifs et des résultats à court terme ( et aux financements qui vont avec). Tout ceci me semble suffisamment anxiogène pour que la Science Unique fasse son apparition. Le chercheur, le scientifique, sa foi, son imagination, ses convictions se heurtent à un tel mur que soit il adhère, rentre dans le moule, soit il abandonne. Il me semble dommage que la connaissance collective dont tu parles soit celle de demain. Le philosophe, comme le scientifique devrait pouvoir être libre de réfléchir, imaginer, chercher pour améliorer la connaissance collective de la 3ème ou 4ème génération après nous. Comme dans bien d'autres domaines, on réduit notre curiosité à l'utile, pire encore à l'utile de court ou moyen terme. Le consensus dont tu parles,  est donc à la fois la cause et la réponse aux angoisses. Si l'Etat ne remplit plus ce rôle, j'espère sincèrement que l'on verra apparaître une forme de mécénat qui donnera des moyens de recherche aux scientifiques sans rien attendre en retour ( immédiat). utopie? quoiqu'il en soit, je regrette que les forces vives de la science ne voulant pas entrer dans le consensus soit "perdues" pour la science. Il y a tant d'autres domaines sur lesquels nous avons besoin d'avancer, autre que comment vivre plus vieux, aller plus vite, être plus performant....

une dernière chose très simpliste mais facile à pratiquer au quotidien, réapprendre au quotidien à nous et nos enfants, à se poser la question "Pourquoi?" Elle permet souvent de remettre en cause la pensée unique ou d'y adhérer en connaissance de cause.

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il y a 2 ans par jefsey

Nous en sommes bien d'accord ! Toutefois, ceci doit être abordé ... scientifiquement. Donc un peu longuement. Désolé, mais skiller a bien préparé la question, ne le privons pas de réponse.

Mais je crois que l'on ne peut rien considérer sans tenir compte du changement de paradigme effectivement en cours (cela prend du temps, car par définition cela va au plus profond). Ce changement est à triple détente (plus conséquences) :

(1) l'hapax  ("la singularité" qu'attend Kurzweil) revient à Poincaré, 21.1.1889 : découverte de la non-dialectique d'un univers polylectique de la monolectique de chaque objet (irresolubilité du problème des n-corps : irruption de la complexité, corrélative du chaos, et dissociation quantique d'avec la raison humaine accoutumée à la logique du tiers et du milieu exclu).
(2) la reventillation/extension démographique concomitante - et partiellement économiquement verticale - des âges de la vie.
(3) l'adaptation cobotique en cours.

Je m'explique en ce qui concerne la recherche :
- la complexité réclame deux choses nouvelles : la multidisciplinarité et une méthode de pensée adaptée.
- La reventillation des âges et l'apparition du 5ème âge sont partiellement dues à l'allongement du 3ème âge par l'éducation.

Je m'explique sur ce point : je compte cinq âges, ceux de la formation où l'on investit sur soi; le second où l'on échange des obligations (de résultat contre faire vivre sa famille); le troisième où l'on contribue gratuitement dans l'espoir d'améliorer les choses pour tous et dans le souci du quatrième, celui de la protection; et un nouveau, le cinquième, qui est celui de la continuation intergénationnelle où les moyens de "faistament" (le mécanisme technique, légal, économique, sociétal fera comme je l'ai voulu, jusqu'à mes arrière-petits enfants et pas seulement à mes [déjà vieux] enfants contestataires) s'ajoutent à ceux de "testament" (Dieu sera témoin de ce que je vous ai dit vouloir). C'est la densification du "faire l'histoire" qui fait l'adaptation de la société.

Peu à peu ce partage des fonctions sociales selon les âges est repris à tous les âges. Formation permanente; platine (production)/silver (marché) économie (des séniors); bénévolat de la contribution à tout âge; protection à tous âges handicapés, etc. Tout cela est revu et corrigé par le coût des âges et l'accroissement du coût social. Il s'en suit que les âges de la connaissance, de la production et de la sagesse se rencontrent (doctorant qui deviennent vendeurs, techies qui deviennent architectes logiciels) et que le coût de la recherche mécanisée/institutionnalisée (CNRS) devient trop élevé pour les structures sociales à la rentabilité ancienne (c.-à-d. non assistée par l'intelligence auxiliaire). Il y a trop de chercheurs à payer. La recherche fonctionnelle d'antan était celle des bienfaiteurs (financiers ou intellectuels) on l'a fonctionnarisée et marchandisée.

C'est là que la leçon des logiciels libres est à écouter. Il faut un CNRLIB à la nouvelle recherche (http://cnrlib.fr, qui vient en discuter ?). Mais attention : le Libre a apporté car il est une approche de pensée ancienne (fondé sur la raison logique) dans un domaine nouveau qui lui fait toucher la réalité nouvelle. Mais il ne se penche pas sur le fait nouveau de la complexité (l'interligence des choses entre elles) : le maillage réseau. Il parle d'informatique, pas encore d'intermatique. Il en est toujours à l'Unix décentralisé de 1978. Il n'en est pas encore au maillé distribué de la réalité.

La nouvelle recherche libre peut en profiter, en particulier à travers la réduction des coûts de l'intelligence assistée par ordinateur, mais elle doit aller bien plus loin dans sa contribution. Lorsque les chercheurs passaient leur survie à courtiser pour pouvoir chercher, c'est que les trouvailles des recherches de leurs collègues les satisfaisaient assez pour les motiver. Or le "mécènat" d'aujourd'hui s'est institutionnalisé dans la mercatique de la publication de ces trouvailles par des imprimeurs et en tarit l'accès aux chercheurs. Qui n'ont plus pour émulation que le paradigme ambiant (par définition la doxa unique, que certains en viennent à honorer par dépit de qualification de "pensée") la figeant dans le modèle standard dont a besoin la cobotique. C'est le maillage tenségritaire et motivant de l'intertrouvailles d'hypothèses qu'il nous faut nous reconstruire (l'intermatique nous donne la capacité de traitement auxiliaire que cela réclame : dans le maillage on s'est préoccupé de l'intelligence des noeuds, pas encore de l'interligence des liens (sur internet les OPES) et pas de l'intelligence de l'interligence (les ONES, ce que je n'ai pas pu faire accepter par l'IETF). Il nous faut pour cela comprendre le quadruple sens de l'"inter legere" selon le complexus (la toile), Ciceron (intelligence), Tite-Live (renseignement qui s'intéllitionne, qui fait sens) et de Virgile (interligence des rus et des chemins). Il nous faut ensuite l'approfondir, le documenter, le développer, l'expérimenter, le déployer et l'utiliser en tant que personnes individuelles. C'est ce que j'appelle faire passer le "Libre" au "LIBRE même du Libre" pour être libres. C'est aussi ce que le SMSI (Sommet Mondial sur la Société de l'Information) a consensuellement établi que nous voulions : que notre société de l'information soit "people centered, à caractère humain, centrada en la persona", allant vers un monde inter-comprehensif et non a comprehensive world market.

Et là, nous redécouvrons, la science première, celle de la politique, selon la définition de son découvreur Aristote, dont l'art est de conduire les hommes libres : l'architectonique, la science des/à partir des prémisses premières et donc antérieure/communes à l'homme et à ses créations à son image (les machines, selon Norbert Wiener). Elle s'est approfondie d'un niveau : de l'intelligence des hommes libres elle est descendue à l'interlience (les quatre sens d'inter legere) de leurs libres interconnexions (et donc à la réécriture agorique [métaphore métalogique de l'agora] de la cause et de l'effet) portée par leur cobotique balbutiante actuelle. Balbutiante à son niveau d'échange des informations porteuses de savoir entre personnes et de leurs mnèmes informatiques, et pas encore des idées génératrices d'interconnaissances et d'intercompréhension entre nous et entres bots (bare operative tasks/systémiques opératives autonomes) au sein de notre société, et donc notre recherche et notre politique, devenue anthropobotique. Et porteuse d'hypothèses multidogmatiques, ce que permet l'intellectuel, ce domaine nouveau que Clémenceau a ajouté à l'interlience latine (1898) entre physique et métaphysique et où Internet (RFC 5895) a compris que la diversité complexe pouvait se traîter par la subsidiarité de Léon XIII (1893) et de l'article 428 (2007) du Code Civil.

Mais, au fait, ne connaissons-nous pas un ras-le-bol général de ce monde mentallement étriqué de "pensent-petit" ?

Plus que d'une école de pensée, nous avons besoin d'une méthode de pensée nouvelle, non pas pour un cyborg "post-humain", mais pour un "plus-humain" maître de l'ensemble de ses capacités de tous ordre et de leurs moyens naturels et artificiels.

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