Chacun semble s'accorder que l'ignorance et la pauvreté sont le lisier nécessaire aux dictatures, intégrismes et autres populistes ... Pour le second point, il est question de clé de répartition des richesses et ce n'est pas l'objet de ma question.

Pour le premier point, la question de l'instruction, de l'éducation (populaire ou pas), de l'enseignement, du partage des connaissances, ... voilà le grand enjeu !

Alors, dans ce cadre de lutte contre l'ignorance, quelles qualités ce lui qui assure la vulgarisation doit-il avoir ?

je vous propose un lien pour amorcer la réflexion et ouvrir l'échange : menace-theoriste.fr/mauvaise-vulgarisation/

comprendre information zetetique
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2 réponses

il y a 2 ans par samhee

Bonjour Olivier,

au-delà de la vulgarisation, pour moi diffuser la connaissance s'accompagne par l'apprentissage de la réflexion. Je m'explique: il me semble que par le passé, la majorité de la population était "ignorante" (dans le sens où elle n'avait pas appris à réfléchir par elle-même et à exprimer son opinion) mais avait accès à des connaissances, souvent dogmatiques, c'est à dire imposées par les pouvoirs politiques, religieux, militaires...

Grâce à Jules Ferry en France, un nombre plus grand de personnes ont eu accès à plus de connaissances, pour autant a-t-on appris à analyser, à questionner ces connaissances aux étudiants?

Je pense que "vulgariser" est bien, même si je n'aime pas ce terme. Je préfère dire que j'adapte mon vocabulaire et mes explications/exemples au mode de pensée/réflexion de mon interlocuteur: je ne vais pas expliquer une régression logistique de la même façon à un étudiant en statistiques ou à mon adolescent à la maison ... et pourtant chacun des deux est capable de comprendre les principes de ce modèle si l'explication est adaptée. Là où il faut aller plus loin c'est questionner et donner les clés de l'utilisation et des limites de ce modèle, voire donner les modèles alternatifs et leurs implications.

Bref, pour moi, ouvrir la connaissance c'est aussi donner cette possibilité de réflexion.

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il y a 2 ans par jefsey

La machine que nous construisons à notre image a la même exigence que nous - à la base de la singularité philosophique du "connais-toi toi-même" - celle d'une architectonie ; c'est à dire d'un système architectonique (avec une origine réelle ou virtuelle) de coordonnées référentielles qui soit cohérent. C'est nécessaire à nos intellitions (perception par l'intelligence).

Ceci va réclamer de cartographier les connaissances (les "cum-pehendere"). Dans le cas de la machine, soit nous la lui fournissons (téléchargement et nous la connaissons comme elle nous connait) soit elle fait du deep-learning (apprend par expérience et nous ne pouvons pas plus la prévoir qu'un adversaire). Il est donc urgent de bien vulgariser et pour elles et par conséquent pour nous.

Une vulgarisation (apporter une connaissance à un autrui inconnu : exotérisme) doit donc pouvoir s'y résoudre (c.-à-d.. y raisonner sa bonne place - souvent dans des cérebriques supposées moyennées à QI 90). Il semble d'expérience que nous sommes confrontés à deux types de résolution, illustrés par les exemples francophone (globale/profonde) et anglophone (locale/surface).

L'anglais est une langue de contact (interligence) où l'intercompréhension immédiate prime, d'où son développement mondial. Le français est une langue de compréhension interne (intelligence) où la cohérence architectonique prime. Comparable au grec ancien, sans la réclamation de précision stricte du latin ou de l'allemand (intellition du détail, intellition : ce qui fait sens à l'intelligence). Si cela ne tient pas debout, cela agace le francophone (bancal et non intelligemment dévoyé en humour), et cela fait sourire l'anglophone (humour anglais, c'est bancal). Le francophone écoute les paroles d'une chanson, l'anglophone la musique - d'où l'intérêt francophone pour la vulgarisation de la musique anglaise où il n'a pas à se préoccuper des idées de la chanson (pour lui les mots sont des sons de l'harmonie).

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