Le "Good enough"?
il y a 3 ans par PascalW

L'expression "Good Enough" est de plus en plus présente dans mon quotidien.
Mais selon vous qu'est ce que le "Good Enough"? Volontairement je ne fixe pas de contexte et j'espère qu'entre ceux qui connaissent l'expression et ceux qui sont plus "créatifs" sauront donner un large panel de réponses :-)

good enough néologisme
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7 réponses

il y a 3 ans par oimoci
Une nouvelle excuse pour accepter la médiocrité ou un excellent moyen de tester des concepts très vite et pour pas cher ! C'est comme d'habitude, cela dépend plus du contexte que de la méthode, non ? Et surtout de qui évalue le "enough" !!!
J'aime bien l'approche Minimum Viable Product, et cet article sur le sujet : speckyboy.com/2014/10/07/4-reasons-minimum-viab...
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il y a 3 ans par PascalW
Merci pour le lien !
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il y a 3 ans par Klodeko
L'approche MVP nécessite d'intégrer très tôt la dimension culturelle de la cible visée (le contexte), qui remontera de toute façon dans les feedbacks.
Pour comprendre ce qu’est le "enough" au Japon, je conseille le film "Jiro Dreams of Sushi" sur Jiro Ono, 90 ans, 3 étoiles au Michelin, pour qui chaque sushi doit être meilleur que celui fait la veille (en streaming goo.gl/VwaUZH). Pas simple d'arriver en mode MVP au japon :D

"Good Enough" rejoint le concept de "Price for Value". Concernant le price positionning, la méthode Van Westendorp est souvent employée car assez pragmatique en 4 questions goo.gl/S3AO0i
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il y a 3 ans par gmaison
La notion de "Good enough" énoncé comme cela, résonne plus comme : "C'est bien comme ça, à défaut de mieux".
Je pense qu'il n'y a pas de mieux ou de bien. On démarre avec quelque chose et l'on se positionne dans la démarche d'amélioration continue (cf. MVP du Lean Startup mais aussi la roue de Deming, les "5 focusing steps" de la Théorie des Contraintes, ...".

Il s'agit donc avant tout de ne plus concevoir les produits/services comme des objets finis, ayant une fin, un finitude au delà de laquelle on ne va pas. Je pense qu'il s'agit avant tout de les concevoir comme des choses "vivantes", évolutives au gré des feedbacks, des évolutions, des changements, des interactions avec leur environnement. AInsi, je pense que l'on dépasse le concept d'évaluation "Good Enough" par rapport à "Perfect" pour simplement être en adaptation permanente à ce qui doit être.
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il y a 3 ans par Julien_
Un jour on m'a dit "80% is good enough". C'est le principe de Pareto : les 20% restants ne seront pas vraiment "rentables".

Mais ils peuvent également être ce qui fait toute la différence !

Le "MVP" cité dans les autres réponses est un exemple intéressant, là "Good Enough", c'est vraiment "le minimum possible".

C'est aussi une question de critères : est-ce qu'il vaut mieux 100 fonctionnalités bâclées ou 10 fonctionnalités super bien pensées ?
Une question d'objectif, de vision...

C'est souvent très important de savoir s'arrêter à temps, surtout quand on est perfectionniste, il faut juste connaitre de manière claire ces limites, qui ne doivent pas non plus être en dessous des exigences du projet et de l'entreprise (c.f. "excuse pour accepter la médiocrité").
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il y a 3 ans par IsabellePruvot
Cette expression m'évoque personnellement le pédiatre et psychanalyste Winnicott et son concept de "good enough environment" ;)
En raccourci, ce concept est centré sur la nécessité, pour le développement de l'enfant, d'un environnement "suffisamment bon". Faute de cela, celui-ci se construira une personnalité d'emprunt nommé « faux-self ».
"The good-enough mother...starts off with an almost complete adaptation to her infant's needs, and as time proceeds she adapts less and less completely, gradually, according to the infant's growing ability to deal with her failure".

Dans un environnement "good enough" l'enfant pourra développer son "vrai self" et faire l'expérience de la création libre et spontanée, favorisant donc, à l'état adulte l'expérience créative.
psycho-ressources.com/elisabeth-c-rei-txt-winni...

En partant de ce concept, j'évoquerais l'hypothèse selon laquelle la notion de "good enough" appliquée aux produits, services peut permettre de maintenir un état de manque, de frustration, d'envie ou de désir et donc de stimuler la créativité/l'autonomie de l'utilisateur par opposition à une simple réactivité "passive" face à un produit/service trop "parfait".
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il y a 3 ans par PascalW
Merci pour cette approche... C'est d'autant plus intéressant pour moi que c'est aux antipodes de mon quotidien.
Merci
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il y a 3 ans par PascalW
Merci à tous pour vos réponses d'experts.
Je regrette un peu le manque de fantaisie (ça m'aurait amusé) mais vos réponses sont en phase avec ce que je peux en penser.
Je vais simplement nuancer un peu ma question en introduisant un contexte de services IT orientées ITIL.

Aujourd'hui, je fais le constat que ce "Good Enough" est la justification de la DSI aux utilisateurs mécontents: La cible de service est atteinte puisque les KPI sont bons. C'est d'ailleurs ce que répond avec assurance le prestataire: contractuellement, il délivre le service convenu (de son point de vue)

En résumé, il y un détournement du système qui pousse les sociétés prestataires lors de leurs grandes infogérances à ne "travailler" que pour maintenir de bons indicateurs.
L'incident ou la demande utilisateur hors délai ne sera donc jamais traité, l'effort sera fait pour rester dans les 95% des SLA.
On pourrait se dire que 95 % de satisfaction est effectivement un très bon score!
Mais la loi des grands nombres aidant, chaque utilisateur de l'organisation fait en moyenne une cinquantaine de demandes IT par an et finalement, une majorité d'utilisateurs finit insatisfait en moins d'un an....
Les indicateurs contractuelles eux restent "vert" sur la période et dans les comités de pilotage tout le monde se congratule...

Mon retour ne s'appuie pas sur les théories du management ou de la Gestion de projet/ production mais c'est un simple REX "terrain": dans le service IT des grandes organisations, la mesure de la performance a éclipser l'acte lui même, et creuse un peu plus l'écart entre métiers et DSI.

Merci encore à tous
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il y a 3 ans par gmaison
Ben ouais. Je (re)cite Eli Goldratt : "Dis moi comment tu me mesures, je te dirai comment je travaillerai". Les KPI ont leur revert. Pour ma part, ma société d'informatique pratique le Best Effort. Ce que je dis à mes salariés est la chose suivante : "Notre client doit avoir confiance en son informatique. Prenez son problème en charge et faites du mieux que vous pouvez pour trouver une solution - ce qui est différent de résoudre un problème." Et de préférence, j'évite de mesurer. Car cela mène forcément à la carotte ou le bâton (dans la symbolique) et donc la compétition.

Mon KPI sur mes clients, c'est que chaque année, il (re)signe avec moi :)
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il y a 3 ans par PascalW
@gmaison, mon observation porte sur les infogérances massifiées en environnement ITIL dans les grands comptes.

Le best effort a nécessairement une limite si ce n'est la taille de l'organisation, ce sera la durée ou le nombre de prestataires devant travailler chez ce même compte.
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il y a 3 ans par HGAD_Consulting
Pour nos chers concepteurs et ingénieur, le "good enough" est difficile à appréhender, car ils veulent se faire plaisir et atteindre le 100%, alors que cela n'est pas perceptible par le client, coûte cher à l'entreprise et n'est pas valorisable (ou peu). quel est le prix acceptable en Coût produit, MOD des 3%, 5% restant pour obtenir le produit parfait, le service parfait et est-il viable pour l'entreprise ?
Il faut par contre savoir lâcher du lest pour satisfaire intellectuellement vos ingénieurs car cela est possible, c'est du gagnant-gagnant et pas forcement incompatible avec une approche Kaizen de l'amélioration continue.
Tout créateur/concepteur doit avoir en tête à un certain stade de développement la question 'good enough?'
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