Beaucoup nous intiment l'ordre de nous connecter, de nous digitaliser, de nous numériser ... au prétexte que c'est l'avenir et que demain sera numérique ou ne sera pas ... N'est-pas un peu court comme argumentaire ? D'autres futurs moins numériques sont-ils possibles ? je vous propose un article qui offre un autre point de vue :
"Arrêtons de croire que le monde du numérique est un paradis, où il y aurait moins de négriers ou de cynisme qu'ailleurs. Et cessons de penser que l'ingéniosité industrielle se trouve dans la dernière appli de rencontres pour célibataires."
www.challenges.fr/tribunes/20160219.CHA5296/pou...
Qu'en pense le monde des Skilleurs, Skilleuses et autres tenants de la "digitalisation du monde ?

innovation numerique prospective stratégie vision
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7 réponses

il y a 3 ans par Hervemary
Bonjour Olivier,
On revient toujours, je pense, aux même débat. Le numérique pour faire du numérique n'a pas de sens. C'est ce qu'il permet de faire qui est intéressant : être plus proche de ses clients, de son marché, écouter ses salariés, leur permettre de mieux collaborer, de faire émerger des idées, les développer plus rapidement...
Certes le numérique à un poids relatif très faible dans notre économie. Mais il ne faut pas voir le numérique comme un "secteur" à part entière. Enfin pas pour nous... la majorité des vrais acteurs du numérique sont aux Etats unis. C'est clair.
Il faut penser le numérique comme un catalyseur qui justement, permet l'émergeance de nouveaux modèles. Comme le précise, @AdrienBucci, Les petits producteurs, les circuits courts, le terroir, le bio, la promotion et le service différencié.
Un exemple de producteur bovin qui était en train de mourir, en exploitation intensive, qui s'en sort désormais très bien, avec des produits de qualité, en livrant directement au consommateur, des steaks frais, sans passer par la grande distribution : www.ahlavache.fr/
Sans le numérique, ce modèle n'est pas possible...
A méditer !
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il y a 3 ans par JoyceMarkoll
> Sans le numérique, ce modèle n'est pas possible...

Ce modèle existait déjà avant qu'internet n'aie démarré en France. En 1995 j'achetais en direct à un groupement de producteurs bios en Ariège, qui faisait livrer par camion frigo en direct chez les clients, grâce à un syndicat de producteurs qui organisait la mise en relation entre producteurs et clients directs. Avant le numérique, il y avait plus de journaux de petites annonces, et d'autres canaux d'information locale. Cependant le numérique offre pour tous un canal d'information pouvant être accédé par un bien plus grand nombre d'individus à la fois.

Le numérique, depuis qu'il est présent dans les établissements d'enseignement peut permettre de faire des recherches plus facilement et de manière plus étendues qu'en recherchant dans les bibliothèques et dans les encyclopédies. Cependant, si ce n'est pas encadré, voilà ce qui peut se produire: Pompage sur Internet un prof piège ses élèves. ^^

Que ce soit du côté de l'utilisateur final, du côté de ceux qui se rencontrent grâce à la soirée Skiller (super !) ceux qui utilisent le media Internet pour leur communication, ou encore les jeunes et moins jeunes qui vivent des métiers du numérique, c'est un ensemble d'outils dont l'usage est d'une utilité (à mon avis) indiscutable.

De même que d'autres outils, ce qui en est fait dépend de ceux qui les mettent en œuvre aussi bien que de ceux qui les utilisent.
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il y a 3 ans par PascalW
Bonjour
Intéressant ce point de vue...
Tout d'abord, l'utilisation du mot "ontologiquement" est un tellement bling-bling ("ontologique" est un mot que je retrouve trop souvent en ce moment et même s'il fait riche et cultivé, son sens m'échappe souvent dans le contexte où je le trouve: numérique, spiritualité, culture amérindienne,... )

Cette article me semble un peu réducteur sur le monde du numérique. N'en déplaise à son auteur, j'oppose à ses 10 000 personnes, les 275 000 employés des 3 plus grosses SSII françaises (Cap Gemini, Atos et Sopra Stéria). Il y a pour moi un amalgame facile à vouloir réduire le monde numérique français à celui des start-ups.
Si vous croyez que l'innovation est absente de ces groupes, vous vous trompez.
Là où je suis en revanche plus en phase, c'est sur l'angélisme ambiant. La notion même de startup ne me semble pas devoir s'inscrire dans la durée.

Concernant l'impact sur l'emploi (sujet qui me touche de prêt aujourd'hui),:
Je sais par expérience que le monde des SSII est particulièrement "pragmatique". Là où la communication institutionnelle des grande SSII font la promotion des valeurs humaines des collaborateurs, il faut bien reconnaître que sur le terrain, la seule valeur qui compte, c'est le TJM. Le reste c'est de la flute.
De mes récentes rencontres avec des "startupeurs" palois, j'ai retenu que leur croissance se fait au détriment des salariés. Ils m'ont tous dit avoir du mal à recruter des "talents" .
Quand je les ai entrainé sur le terrain glissant des conditions de travail, ils m'ont indiqué avec plus ou moins d'aplomb, chercher des gens hyper motivés (je traduit capable de bosser sans compter les heures, weekends compris) mais que comme leur activité démarrée (et malgré l'euphorie de leurs résultats les minutes précédentes) ils avaient rarement les moyen de proposer plus qu'un CDD au SMIC pour commencer.
L'un d'eux m'a même affirmé que pour bosser dans une startup, il ne fallait pas avoir plus de 40 ans parce qu'à cet âge on avait plus de mal à se donner à fond nuit et jour.
J'ignore si c'est une réglé générale mais effectivement je suis ainsi, et moi j'appelle cela l'EXPERIENCE.
J'avoue sans honte ne pas comprendre comment ses entrepreneurs ont pu convaincre des banques alors que je les ai juste trouver arrogants et loin des réalités économiques locales.

Sur les atouts d'Internet, je reste particulièrement amusé de voir tout à chacun souligné les possibilités de partage offertes. D'ailleurs des étudiants ont lancé, il y a 5 ou 6 ans l'idée de créer une communauté en ligne de chercheurs pour mettre en communs leur travaux! (les pionniers d'ARPAnet et de RENATER ont dû avoir une attaque).
Je crois que le premier est résultat sur l'économie de la révolution digitale est d'avoir réussi à monétiser tout ce qui est en ligne, transformant Internet en plateforme publicitaire sans borne.

Pour me résumer, je suis d'accord sur un véritable risque de précarisation de l'emploi dans le numérique et j'ajoute qu'il y a aussi risque de fuite des meilleurs vers l'étranger.
Mais, le numérique dans son ensemble (grands groupes + PME) reste malgré tout l'un des derniers secteurs qui fonctionne encore et que notre situation ne permet pas de ne pas exploiter au mieux ce secteur. Il y reste beaucoup à faire et avoir une bonne idée ne suffit pas.
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il y a 3 ans par FredericLibaud
Bonjour,

Le sujet est complexe, le numérique (digital) à prix une telle ampleur... aux yeux de certains mais pas tout le monde. N'oublions pas que beaucoup de nos concitoyens n'on aucun attrait voir on même une aversion.

Alors le numérique existe depuis fort longtemps, car l'une des toute premières machines de calcul s'appelle la Pascaline, inventé par... Pascal pour ceux qui ne le saurait pas.
Petit à petit, avec les progrès techniques et surtout depuis les débuts de l'électronique au début de la seconde guerre mondiale, des avancés très importantes on pu êtres réalisées.

L'avènement de la micro-informatique à fait explosé la chose...

Aujourd'hui nous la puissance d'un ordinateur d'il y a 10 ou 15 ans, voir moins dans un smartphone ou une tablette.

Alors que sera demain... franchement je ne peux être certain de rien.

Par contre, il y a un adage que le bon sens paysan m'impose de citer ici, c'est que l'on ne met pas tout ses oeufs dans le même panier.

Or vouloir faire du numérique aujourd'hui la voie unique du développement économique et donc de la sortie de la crise que nous subissons est idiotie sans nom pour ne pas employer d'autres termes.
A cela plusieurs raisons :
- Le nombre de chômeur dans le secteur est aussi important que au global ;
- Tout le monde ne veux pas devenir développeur ou technicien. Il y a des gens qui veulent s'accomplir dans autres choses que de taper du code à longueur de journée ;
- Le numérique (digital) est moyen, support utile et nécessaire pour les autres secteurs, il permet une différenciation technologique et surtout organisationnelle aux entreprises, face à leurs concurrents ;
- On ne pourra pas se passer d'avoir des boucher, des boulangers, coiffeurs, poissonniers, ... D'un point de vue purement basique/physique on peu se passer physiquement d'un micro-ordinateur, d'un smartphone ou d'une tablette ;
- ...

Nos élites et surtout nos politiques se sont engouffrés dans le chausse-trappe de réussites exceptionnels dans le domaine du digital de certaines entreprises françaises. Alors certes ce sont des réussites mais, elles doivent encore faire du chemin, car leurs concurrents mondiaux les attendes aux premiers faux pas.
Car combien d’échec pour une réussite ?

Je vois tout les jours des échanges autour de projets du style "je veux créer une appli ou un site comme celui là" mais, en réalité avec trop peu de moyen.
N'oublions pas que les initiateurs de ses produits ou services on démarrés il y a fort longtemps dans des conditions parfois plus qu'inconfortables, avec des changements de stratégies parfois à 180°.

Donc en effet, le numérique n'est pas le nirvana !

Il y a cependant de vrais opportunités à conditions de savoir ce que l'on fait, il font donc avoir les compétences nécessaires. Celle-ci ne s’acquiert pas forcément d'un claquement de doigt, comme certaines personnes peuvent parfois le prétendre.

La France dispose de nombreux atouts (réseaux énergétiques et télécoms, formation des jeunes, ...) pour permettre à des entreprises du secteur du numérique de devenir des leaders mondiaux dans leur domaine.

Il ne faut pas pour autant s'aveugler...

Frédéric Libaud, Expert en Numérique, Référent pour la région ouest de CINOV - IT
www.libaudfrederic.fr | blog.libaudfrederic.fr | www.cinov-it.fr
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il y a 3 ans par AdrienBucci
Bonjour Olivier,
je suis tout à fait d'accord.
Au risque de paraitre simpliste, je pense qu'en continuant de négliger les secteurs primaire et secondaire au profit du prédominant tertiaire, rien ne permet d'espérer un retour de la croissance.
Un retour à des production localisées, à l'adoption des réelles valeurs ajoutées par les savoirs faire locaux plus que par les importations de masse, etc.. peut-être existe il d'autres alternatives à ce que l'on vit actuellement.
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il y a 3 ans par olivierChaillot
La réalité est certainement moins tranchée qu'il n'y parait. Pour décrire la complexité du secteur il conviendrait de multiplier les point de vues, de modifier les regard que nous portons sur l'objet à observer ... ni totalement blanc, ni totalement noir ... ce qui fait tout l'intérêt de conserver la complexité au sujet, c'est justement de permettre le développement du raisonnement plutôt que de laisser les croyances se propager ... Alors, pour donner un peu de relief au sujet, je vous propose de changer de regard et vous propose celui-ci : www.internetactu.net/2016/01/05/larchitecture-e...
Pas si simple, non ? Voilà qui minimise les chances de tomber dans la simplicité voir dans les idées simplistes ...
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il y a 3 ans par JoyceMarkoll
> Pas si simple, non ? Voilà qui minimise les chances de tomber dans la simplicité voir dans les idées simplistes ...

Très sincèrement, cette description du web est bien trop longue à lire dans le détail, pour mon goût. Voici une autre version qui présente le web:
Internet, usage et méthode, formons-nous ! (en particulier le "webcollage").
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il y a 3 ans par HGAD_Consulting
Le digital n'est pas une solution miracle, générale voire magique à toutes les difficultés de nos entreprises, que ce soient les modèles économiques liés au numérique (pureplayer) ou la transformation digitale de nos chers CAC40, PME, TPE.
C'est comme tout, il faut un bon chef d'orchestre avec la vision pour trouver ce que le numérique peut apporter à son activité, ses clients, contre et/ou avec ses concurrents. Ce qui est inévitable est le nombre croissant de connectés (Cf Etude CREDOC 2015: Barométre du numérique www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/CREDOC-Ra... ), et dont le pouvoir grandit au détriment du producteur et du distributeur, en priorité en B2C mais va également impacter le B2B assez rapidement.
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il y a 3 ans par Stephane31
D'un point de vue externe, les chiffres des plus gros acteurs du numérique américain ont de quoi donner envie à n'importe qu'elle politique en panne d'idées et de vecteurs de croissances.
Une startup c'est comme un ticket de loto... Et le climat actuel (économique, politique,médiatique) qui favorise et met en lumière l’écosystème du numérique et des startups consiste à multiplier les chances de gagner le gros lot. Il ne faut pas se leurrer, 99% disparaitront, l’enjeu est le 1% restant, et l'avenir nous dira si cela valait le coup !

Après, on ne peut pas non plus mettre toutes les startups dans le même panier, il y a celle qui uberise, celle qui décline à l'infini des modèles vus et revus. Et, il y a celle qui essaye d'inventer des choses ou de partir sur de nouveaux paradigmes.

Je préfère ces dernières qui tentent des choses qui semblent impossibles. Il y a de très beaux exemples comme Sigfox. Après je ne m'arrête pas au mot "startup" ou "numérique", ce qui m'intéresse c'est ce qu'il y a derrière. Est-ce que l'idée me plait? Est-ce que j'y adhère? Quel est le projet? Le marché? Les personnes, etc. Après une startup reste une entreprise, et le romantisme dans une entreprise est plus du ressort du marketing.

Pour revenir sur la question est-ce que la numérisation (digitalisation, etc.) est un objectif ? Non et cela ne l'a jamais été. Le numérique, la digitalisation restent des moyens (des moyens nouveaux certes). La difficulté reste aujourd'hui (comme hier) de se renouveler, de trouver les modèles de demain, d'anticiper au mieux les transformations du monde. Le numérique ouvre juste un champs de possible qui n'existait pas. Et le monde demain a priori sera toujours plus numérique, même s'il y aura toujours des contre-exemples.

J'ajouterai que je préfère une France active qui mise sur ses entreprises (startup ou pas), des idées nouvelles et des personnes qui tentent des choses, que rester tourner vers des industries du passé qui n'auront plus le même poids. Faut-il continuer à attendre sans rien faire que de gros Américains continuent de se positionner sur tous les gros marchés du numérique et imposent leur vision, leurs lois, etc. ?

Alors est-ce que le numérique sauvera la croissance ? Peut-être pas. Mais qui ne tente rien, n'a rien.
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