Nous sommes saturés par les élections présidentielles prises sous l'angle des médias qui y jouent la survie de "leur" forme de communication. Nous avons, chacun, à comprendre ce qui se passe réellement afin de pouvoir conduire nos entreprises (y compris de communication nouvelle) d'aujourd'hui et de demain. Ma lecture n'est pas politique, mais sociétale et géoculturelle. Est-elle correcte ?

La lecture des chiffres est que nos clients et partenaires français se sont mis en quatre. La majorité est aux deux "extrêmes" et le reste est aux "ex-de-gouvernement" de droite et de gauche.

Ma lecture est que les nations ont des constantes géoculturelles. Les pays se portent bien lorsque le peuple qui y vit les prend en compte, mal, autrement.

Pour la France ces constantes sont celles d'un "pré-carré culturellement homogène" protégé par :

(1) un consensus de grand Etat-Nation, 5ème puissance mondiale.
(2) un équilibre complexe à l'Est par la Russie, à l'Ouest par les Etats-Unis, au Sud-Est avec la Turquie (François 1er) et l'Egypte (Napoleon)
(3) le blocage guerrier (Poitiers, 1945) ou l'assimilation politique (Westphalie) des cultures se voulant secondaires (proto-Islam et fascisme, d'une part ; protestantisme, d'autre part),
(4) une mondialisation culturelle associée (colonisation, puis francophonie) concurrente d'une mondialisation culturelle idéomilitaire (proto-Islam, Espagne, Russie) ou commerciale (Angleterre)
(5) et une homogénéité interne très solide (valeurs, services publics et sociaux).

La mondialisation digimonétaire actuelle nous est une homogénéité globale nouvelle où chacun, et donc la France, doit trouver sa bonne place.

Cette place, comme celle des Anglais, des Chinois, des Indiens et des Russes
- n'est pas dans un modèle de leadership américano-allemand sur des Communautés Globales (le concept techno-américain de la nouvelle constitution de l'internet) où notre Etat-Nation serait l'une de ces communautés plus ou moins virtuelles, subordonné à la finance digitale mondiale,
- mais dans une amitié de pair à pair à mieux établie entre gens, collectivités et Etats-Nations.

C'est donc un problème de souveraineté individuelle (de plus en plus permise par la nature de l'écosystème digital) subsidiairement déléguée à l'Etat, gérée par la société civile et secondée par le secteur privé, aux gouvernances fonctionnelles internationalement concertées. C'est très exactement ce que les "représentants des peuples du monde" ont dit être notre consensus aux Sommets Mondiaux pour la Société de l'Information (SMSI : 2003, 2005). Une société de l'information (et non de la communication politique et médiatique) qui soit "people centered, à caractère humain, centrada en la persona"; et non "digidollar centric".

Le problème de l'Islam d'aujourd'hui nous est de même type qu'avec les Protestants lors des Guerres de Religion. Il y avait des Français protestants dans les troupes de Richelieu assiégeant La Rochelle, comme il y a des Français musulmans dans l'armée et la police française. Ce problème a été résolu par Westphalie et une nouvelle forme européenne du tandem Etat-Nation. Elle a fait la force de l'Europe pendant trois cents ans.  

Il me semble que la majorité des Français pense que le nouvel algorithme fort pour l'Etat-Nation (et non pas pour un Etat fort) serait une assise "à la suisse", sur le référendum d'initiative populaire qu'actuellement les médias prennent en otage sous la forme de leurs "blablasondages" et les politiques et les marchands par l'ingénierie sociale des consommateurs payeurs/voteurs.

Il me parait qu'aujourd'hui, quel que soit le résultat de dimanche prochain, nous allons l'avoir à plus ou moins long terme, soit dans les urnes (Marine) ou dans la rue (en réaction à Macron), ce qui ne sera simple, ni dans un cas ni dans l’autre.

Je propose qu'il y existe une troisième voix qui est de résolution nouvelle et typique de ce que la France sait apporter au monde : technosyndicale. Que tous les utilisateurs/consommateurs de technologie digitale forment un syndicat (je l'appelle "Net Debout") du digital. Il s'inscrira dans le cadre légal de la République numérique - le numérique c'est ce que l'on fait librement avec le digital commun pour tous. Et qu'il se pose nos questions fondamentales de la cybernité : la première est celle de la décision, qui est de démocratie directe maintenant techniquement possible et culturellement réclamée. Par cyberéférendums sécurisés acceptables à tous. Il est aujourd'hui admis que les documents juridiques, les conseils d'administration, les pétitions, etc. peuvent être électroniques. Pourquoi n'en serait-il pas de même des votations locales, régionales, nationales ?  
Travailler sur ce sujet me paraît un challenge industriel et citoyen majeur, car la technologie internet actuelle dont nous avons besoin pour protéger notre domotique, notre sécurité, nos patrimoines, nos développements économiques, etc. ne le permet pas encore. Mais que tous les architectes réseau savent (depuis leur norme internationale de … 1978) comment elle l’a fait - jusqu’à ce qu’elle soit déclarée « non-NSA-compatible » en 1986, dans le cadre de limitations pratiques maintenant dépassées, ce dont la profession a pris acte en 2012 (nouveau paradigme de normalisation) et dont les Etats-Unis ont tiré les conséquences dans le cadre de leur nouvelle « constitution » de l’internet (1er octobre 2016).

citoyen cybernité digitalité france sociétalité
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1 réponse

il y a 1 an par olivierChaillot

Voilà un programme d'actions intéressant ! mais il me semble qu'il va se heurter à plusieurs facteurs :

d'une part des freins mis par ceux qui, aujourd'hui, n'ont aucun intérêt à ce type d'évolution

d'autre part à l'ignorance tant répandue qui conduit nombre de nos congénères à ne pas comprendre ni les enjeux ni les informations qui leur sont livrées ... il suffit pour s'en convaincre d'observer le rapport à l'information que nous entretenons collectivement ! combien d'entre nous prennent la peine de vérifier les informations avant de les utiliser ?

encore, le barrage de la langue qui rend l"informations difficilement accessible pour beaucoup ...

Aussi, la paresse qui fait que peu de personnes ont réellement envie de s'investir pour activer ses neurones ... alors, pour s'investir en politique ?!

voilà donc un challenge de plus à prendre en compte ...

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