Question alambiquée me direz-vous ? Pourtant il s'agit d'une pratique courante semble-t-il (www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2628) ! Alors peut se poser la question de ce que recouvre la notion de "bien" (et aussi un peu de "mal") mais là, une relecture rapide des écrits de Spinoza sur l'éthique nous conduirait à dire ...
Mais je préfère avoir votre avis sur la question (parce que celui de Spinoza je le connais !)
Alors, qu'en pensez-vous ? et comment vous préservez-vous de telles pratiques ? Si vous vous en préservez bien sûr !

comprendre information veille zetetique
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11 réponses

il y a 3 ans par CedricRousseu
La notion de bien est très subjective... Tout comme la notion "d'influencer" l'information (l'objectivité n'existe pas, en général les gens jugent comme objectif ce avec quoi ils sont d'accord).
Par contre faire étudier les media et l'information à l'école (en décrypter les codes, savoir qu'il faut diversifier les sources, les identifier... pour se faire un avis) ne serait pas du luxe
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il y a 3 ans par olivierChaillot
Selon le philosophe, le "Bien" comme le "Mal" sont des concepts "Absolus" qui relèvent de la morale, ce qui n'est pas le cas du "bon" et du mauvais" qui relèvent de l'éthique.
Ma question sous tends que nous avons tendance à vider les mots de leur sens ce qui nous conduit collectivement à faire des erreurs de compréhension qui biaisent nos raisonnements et donc nous conduisent à des conclusions erronées.
Quant à l'objectivité, cette notion me semble poser un postulat sur l'émetteur d'une information, alors que la question pose la capacité du récepteur à évaluer tant le bienfondé que l'utilité de l'information, ou la qualité d'une source comme la véracité de l'information, ...
Comme quoi le périmètre de la question est plus large qu'il n'y parait de prime abord.
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il y a 3 ans par CedricRousseu
Oui navré étant journaliste (et en premier journaliste radio) j'ai tendance à plutôt me mettre du côté de l’émetteur que de celui du récepteur. Après je reste sur mon idée : on devrait enseigner dans les écoles à lire et décrypter les media
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il y a 3 ans par Cherif
Question absurde et intéressante !
(absurde au sens mathématique)
POURQUOI ABSURDE ?
Question absurde parce qu'elle n'admet pas de réponse "vraie" ou de réponse "fausse". La réponse découle directement d'une inconnue, le système moral utilisé comme référence, dont la valeur est arbitraire, chacun adoptant (ou subissant) celui qu'il veut.
Est-ce que Manipuler l'information et les raisonnements est justifiable lorsque c'est pour le "Bien" ?
Eh bien oui si, au sein du système moral adopté, il existe des conditions sous lesquelles la fin justifie les moyens.
Non sinon.
POURQUOI INTERESSANTE ?
Intéressante quand on s'intéresse à la raison qui fait que l'on se pose cette question.
Derrière la question "Est-ce que c'est justifiable de faire une action donnée si c'est pour le bien ?"
Se cache la question "Est-ce que c'est bien de faire ça ?"
Derrière, la question "Est-ce que je suis quelqu'un de bien si je fais ça ?"
Derrière, la question "Est-ce que je suis digne d'être aimé si je fais ça ?"
Derrière, la DOULEUR "Je ne m'aime pas moi-même quand je fais ça"
Et au fond, la DEMANDE "Aidez-moi à m'aimer moi-même, dites-moi que ce que j'ai fait, c'est le bien !"
Au bout de cette question, il y a la définition la plus universelle de la notion de bien :
"Le bien, c'est ce qui permet de s'aimer soi-même".
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il y a 3 ans par olivierChaillot
Cette question est-elle absurde (au sens mathématique) ? Je pense que oui mais pas tout à fait pour les mêmes raisons de toi.
A propos de système moral, si je partage l'analyse que tu en fais et la dépendance de la réponse au système moral de référence considéré, je remarque que le système moral de référence ne dépend pas de la personne mais du lieu dans lequel nous vivons ... le système moral varie selon le lieu ... il est d'ailleurs, dans la plupart des lieux la base du système judiciaire local !
Dans les quelques pays ayant une constitution laïque (il y en a combien dans le monde les connaissez-vous* ?) la justice est rendue au nom du peuple, dans tous les autres pays, au nom du Dieu local ...
Ce qui fait référence à la personne c'est l'éthique (ce qui est bon ou mauvais), et là nous partageons l'analyse, mais c'est à partir de notre grille de lecture éthique que nous décisions, pas à partir d'une grille de lecture morale (qui sert à juger dans la grande majorité des pays du monde) ...
En e qui concerne l'intérêt de la question, je te remercie, mais loin de moi l'idée de poser la question de l'égo, j'envisageais la question sous l'angle de la capacité individuelle à traiter l'information pour limiter les tentatives de manipulations dont nous sommes l'objet quotidiennement ... Mais ton approche m'ouvre des horizons de réflexion ... merci.
* : la France (facile ! mais pas toute ! il y a des régions sous concordat !), l'Inde (plus difficile), la Turquie (eh oui, méfiez vous des médias !), le Japon, le Mexique, le Portugal, l’Uruguay, l’Éthiopie, la Bolivie, le Brésil ...
Les USA ne sont pas laïques (les athées ne peuvent devenir fonctionnaire ni être élus, il y a obligation de croire ...)
L'Irak était un pays laïc jusqu'à ce que les Américain partent en croisade ...
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il y a 3 ans par Cherif
Merci Olivier pour votre explication de la distinction entre éthique et morale.
Je pense que votre question, de par sa formulation, est bien plus centrée sur le sujet éthique que sur la capacité individuelle de traitement de l'information. Voici pourquoi :
"Est-il justifiable"
Deux interprétations possibles :
1. justifiable au sens éthique
2. justifiable de par son efficacité à servir un objectif donné
"lorsque c'est pour le bien ?"
Par cette dernière proposition, vous forcez la 1ère interprétation du terme "justifiable", à savoir au sens éthique.
Pour centrer la question sur la capacité de traitement de l'information :
"Manipuler l'information et les raisonnements est-il justifiable lorsqu'on s'adresse à des enfants de 12 ans ?"
Ici, la dernière proposition nous force à adopter la 2ème interprétation du terme "justifiable", celle de l'efficacité. On centre donc le débat sur la capacité individuelle d'un enfant de 12 ans à traiter une information brute.
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il y a 3 ans par SylvieClergerie
La rigueur de la démarche scientifique apporte une information brute et illisible pour la plupart d'entre nous. L'information est ensuite analysée, vulgarisée et donc manipulée. Il n'est pas toujours question de "mensonges" pour des "raisons partisanes". La démarche éthique, la déontologie, la morale peuvent aussi varier d'une culture à l'autre.
Communiquer, c'est influencer, et manipuler, non ? Qui est réellement objectif, et comment l'être ?
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il y a 3 ans par olivierChaillot
Si je comprends bien, comme la plupart d'entre nous serait incapable de comprendre une information "brute" il serait légitime de manipuler cette dernière pour la rendre accessible aux bœufs que nous sommes pour nous influencer ?
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il y a 3 ans par PascalW
Bonjour,
Je vois aux moins 2 bonnes raisons de répondre NON:
- Les notions de Bien et de Mal fluctuent selon les cultures, les croyances et les époques
- Manipuler l'information c'est la rendre contestable
Rendre l'information accessible c'est prendre le risque de devenir un marchand de lessive (comme les chaines de télévision d'information continue)
Je ne sais plus qui a dit que l'histoire était écrite par les vainqueurs... Il devait savoir de quoi il parlait :-)
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il y a 3 ans par christineROSSANO
Bonjour à tous,
J'aime assez le commentaire de PascalW.
Interdire, contrôler, prendre certaines décisions à la place des citoyens, et tout ça au nom du Bien...toujours, évidemment pour le Bien Commun...c'est une question qui me taraude depuis très longtemps.
Cela laisse le champs libre à des politiques extrêmement interventionnistes; médias muselés, histoire revue et corrigée, notre santé scrutée à la loupe (avec à la clé, des groupes d'individus stigmatisés)...
Je pense que pour essayer d'éviter cela, nous devons affûter notre sens critique, d'acquérir une connaissance approfondie de notre histoire, d'être en "veille technologique" et ce, à chaque instant afin de nous permettre de rester vigilant, mais surtout (en tout cas à mes yeux), d'être et de rester un esprit libre.
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il y a 3 ans par Coquelicom
Jette un oeil du côté de la communication engageante. C'est exactement ça.
l'an dernier le Toulouse T3c portait la dessus.
Joule, qui a ecrit "manuel de manipulation à l'usage des honnêtes gens" intervenait et a dit qu'il fallait imaginer ce moment ou on veut donner son sang et puis finalement pour un tas de raisons on renonce.
Et si la communication engageante te filait un coup de pouce pour y aller a ce don du sang?
De mon point de vue ce n'est qu'un petit pansement. Je pense qu'on peut se laisser quelques lattitides car de toutes façons on en prendra tous un peu un jour...
Pour ma part j'essaie d'être la plus vertueuse possible... 95% et 5 % de mini filouterie pour donner un petit coup de pouce a une boite ou un client qui a un top service et qu'il faut valoriser. Genre lui mettre un premier commentaite positif...
Le libre arbitre après c'est la notion du bien et du mal de chacun...
et pour définir ça on est bien dans la mouise
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il y a 3 ans par olivierChaillot
l'avantage de se cacher derrière des % c'est que chacun peut y mettre ce qu'il veux et en donner l'interprétation qui lui va le mieux ! mais tu parles de % de quoi ? tes 5 % de filouterie ? C'est 5 % du temps que tu passe à communiquer ? 5% de tes écris ? 5% de ton CA ? 5% des mots ? 5% de tes clients ? bref, quand tu indique 5% tu noie le bouchon dans un verbiage qui ne signifie rien ... façon de ne pas répondre ? de botter en touche ?
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il y a 3 ans par Coquelicom
Les 5% pour te donner un exemple concret :
Je viens de refaire le site web de ma tante et j'ai créé sa page facebook. Elle propose des gîtes, elle bosse super bien a deux belles locations, mais elle ne sait pas forcément les mettre en valeur. J'ai séjourné dans ses locations, je les connais donc aussi pour les avoir testé. J'ai mis un commentaire sur sa page facebook. Mon commentaire est juste et vrai, néanmoins c'est ma tante et c'est moi qui ai créé la page.
Je n'ai rien enjolivé, j'ai juste mis en valeur ses produits, leur qualité ...
On pourrait dire "c'est un faux avis" ou "tu écris ça parce que c'est ta tante"... etc... etc...
Donc sur les 4 jours de boulot que j'ai eu pour refaire ce site, je me suis autorisé à lui faire UP avec ses 5* sur mon commentaire....
Je ne sais pas si je suis claire?
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il y a 3 ans par olivierChaillot
Si je comprend bien, il vaut mieux être de ta famille pour te faire travailler ... ça permet d'avoir un petit "plus" :)
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il y a 3 ans par Coquelicom
Non je t'ai donné l'exemple de ma tante, par ce qu'il est tout chaud...
Et heureusement que je bosse pas avec qu'avec ma famille ils payent trop mal et mon père est le pire client que j'ai eu héhéhé :D
Pour résumer comme j'ai dis plus bas. Le 100% honnète et éthique 100% du temps j'y crois pas. voilou
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il y a 3 ans par olivierChaillot
Si "on" ne peux plus plaisanter :)
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il y a 3 ans par Coquelicom
j'ai mis un petit smiley plus haut :p
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il y a 3 ans par FabriceT
Ne pourrait-on pas faire un parallèle avec le paradoxe de la tolérance : fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_la_tol%C3%A9... ?
TL;DR : « Si l’on est d’une tolérance absolue, même envers les intolérants, et qu’on ne défende pas la société tolérante contre leurs assauts, les tolérants seront anéantis, et avec eux la tolérance ».
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il y a 3 ans par olivierChaillot
Je ne comprend pas le rapport entre ce paradoxe et la manipulation de l'information au nom du "bien", tu pourrai m'éclairer ?
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il y a 3 ans par FabriceT
Le parallèle pourrait-être que même si on est défenseur de la diffusion la moins partiale possible d'une information, il faut parfois avoir recourt a un petit relooking et tamisage afin qu'elle soit partagée et vive.
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il y a 3 ans par Coquelicom
Au fait je n'ai pas répondu à la question. De mon point de vue NON.
Ma cible de communication mérite que je la traite en personne douée de raison. Donc je ne la manipule pas. Quel que soit le motif.
Enfin saif mes 5% de " liberté " parce que je ne suis pas parfaite
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il y a 3 ans par olivierChaillot
Merci pour ces précisions sur le 5% (voir ton autre commentaire), mais, 5% de "liberté", ça veux rien dire ? ou alors il faut m'expliquer cette notion parce que je ne la comprend pas ! la manipulation est une liberté ?
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il y a 3 ans par Coquelicom
En fait c'est simple, dire qu'on honnête à 100% dans ses pratiques, relations clients, son travail, son éthique 100% du temps est pour moi un leurre...
C'est juste pour dire que je suis contre mais qu'il faut être honnète on peut fait tous des petites incartades de temps à autre...
Je t'ai donné plein d'infos et d'exemple dans mon commentaire...
J'irais jamais dire l'inverse de ce qui bon pour mon client, ni mettre un commentaire positif sur un presta pourris parce que j'y ai un intérêt, je dis ce que je pense et ce qui est juste et bon pour mon clients et son image.
Mais si je peux faire un petit truc pour aider un beau projet, un chouette client ou un bon partenaire je le ferai si j'en ai envie...
Est ce que c'est plus clair?
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il y a 3 ans par usercentric
Utile de traiter dans un tel contexte de la question du pluralisme ; vu sous un angle journalistique, un compte-rendu parmi de nombreux écrits d'une organisation traitant de déontologie et d'éthique dans le journalisme : www.alliance-journalistes.net/article63.html
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il y a 3 ans par olivierChaillot
Là, l'avis du pro serait d'un réel recours ... qu'en pense @cecilevarin ? une telle réflexion est-elle incluse dans les écoles de journalisme ? et au delà d'être au programme est-elle comprise par les futurs journalistes ? et est-elle mise en œuvre ensuite ? et résiste-t-elle à la pression des propriétaires des médias ?
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il y a 3 ans par usercentric
A propos des écoles de journalisme, c'est un vrai sujet... A ma connaissance, il n'y a pas d'enseignement spécifique. Il est censé être inclus dans les autres enseignements.
Mais il faut savoir que 70% des journalistes en activité ne sont pas passé par une école de journalisme !
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il y a 3 ans par cecilevarin
Bonsoir @olivierChaillot, je vais prendre un tout petit peu de temps (leasing) pour répondre , car la question est pour le moins passionnante (et que je rentre à peine ;)
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il y a 3 ans par olivierChaillot
patience donc ...
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il y a 3 ans par cecilevarin
Je te remercie Olivier de l'excellence de cette question qui nous rappelle que les journalistes peuvent philosopher avant de devenir des communicants..
La fonction théorique du journalisme est de donner une information qui permettent au lecteur de se forger lui meme une opinion. En ce sens le journalisme est un moyen de la démocratie et d'émancipation des masses.
Acceptation à rattacher à l'essor de la presse, au 19eme siècle, où l'information était plus rare qu'aujourd'hui.
Notre tradition française de la presse est par ailleurs marquée par la notion d'engagement . C'est Zola et "J'accuse". L'engagement du journalisme est dans l'an de la presse française.
Et ici , nous sommes déjà dans la problématique de la "manipulation de l'information " pour le "bien" présumé du peuple..
Dans l'absolu un journaliste ne peut pas être neutre, ni objectif, puisqu'il est humain, et appartient à un media qui constitue lui meme une entité avec une identité marquée.
J'emprunte à Florence Aubenas cette nuance : un bon journaliste c'est celui qui sera conscient de sa subjectivité ,qui sera capable de l'utiliser au mieux, pour la sublimer, la dépasser et construire un article qui permettra au public de s'intéresser au réel qui l'entoure, de l'interroger et de se forger lui meme une opinion.
Nous rentrons ici dans le vrai coeur du sujet : la responsabilité individuelle.
Ce qui est intéressant dans le journalisme (tirs ici vu en France), c'est qu'il repose sur de l'éthique personnelle, et pas sur le droit défini par nos lois, notre collectif.
J'invite chacun à consulter les chartes de journalistes, des médias ou d ella profession. L'Afp vient par exemple de refondre la sienne, et ce n'est pas par hasard ..
www.afp.com/fr/lagence/charte-de-lagence-franc...
La déontologie s'enseigne en école de journalisme, fort heureusement. Et j'irai au delà, il n'y a aucun cours où cette question de la responsabilité du journalisme vis à vis de l'honnêteté de l'information , n'est pas abordée.
Pourquoi parce qe cette question n'a jamais été si pertinente . Entre la perte d'indépendance financière des rédactions, les conflits d'interets qui écrasent certains des rares et dominants patrons de la presse hexagonale, (Bolloré) , l'hyperconcurrence et l'accélération effrénées de l'information (due en grosse partie à la révolution numérique) , la consécutive baisse de qualité (plus de vérification, et plus de com) et perte de crédibilité du métier ..
J'aoute lesrseaux sociaux, le web et la possibilité de créer son media de nulle part sans contrôle. Nous observons proposerez les hérauts du complotisme ..
J'ajoute l'explosion des contenus marketing , qui avec des moyens considérables, deviennent des contenus "ressemblant " à ceux de la presse et qui font tout pour être assimilés à des contenus journalistiques ..
Tout cela nous amène à aujourd'hui : une confusion généralisée entre la communication et le journalisme.
L'objectif de ces deux pratiques est fondamentalement different : la communication ne vise pas à apporter une lecture globale du monde dans lequelnous vivons, ni à faire des lecteurs des citoyens.
La presse ne le fait que peu. Peut être mais c'est sa mission, et les médias qui sauront se ressaisir de cette mission , répondent à une vrai besoin aujourd'hui.
La communication et le journalisme se sont par contre rapprochés sur les outils : ils partagent, s'échangent des moyens, je dirai pour faire court , "réthorique" de convaincre , séduire, manipuler , pour ce que tous les deux affirment être le bien de leur cible.
Le bien est ce d'acheter une paire d'escarpins de luxe ou est ce de s'informer sur les nouvelles perspectives d'emploi dans le nucléaire du bassin de Cherbourg .. cela est bien évidemment relatif.
Je conclurai sur ma marotte de la responsabilité : un journaliste est responsable s'il écrit en ne respectant pas la charte de déontologie qui caractérise et fait le prestige du métier qu'il a choisit. Un communiquant s'engage pour la marque qui le rémunére (fusse t-elle un homme ou une femme politique:) .
Un acheteur s'engage dans une acte de consommation et ses conséquence.
Un lecteur de presse gratuite s'engage à disposer d'un contenu journalistique payé par une marque.
Un lecteur d'une presse payante s'engage pour disposer d'un contenu aujourd'hui plus indépendant.
( Il faudrait aussi parler évidemment de la différence entre les faits et les opinions. Qui renvoie aussi au coût de l'information ..)
Voilà pour le coté information et journalisme
Intéressant aussi d'explorer celui de l'action.
Pour revenir à ta question Olivier, j'y ai travaillé precisemment au moment de la Cop 21. Une partie de journalistes spécialisés en écologie défendent cette idée qu'à partir du moment ou on est très bien informé sur les questions environnementales, on devient forcement un écolo convaincu. Cela implique t'il qu'on impose notre conviction à nos lecteurs ? C'est le débat qui a entouré le départ d'Hervé kempf du monde..
Ou cela implique t'il qu'on change de métier et qu'on devienne par exemple politique , ou militant actif , ou entrepreneur ?
Existe t-il un métier, des pratiques où la manipulation est une bonne action ? :)
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il y a 3 ans par CarineVerdet
Jolie question !
comme certains ont déjà parlé de la relativité du bien et du mal, j'en rajoute une couche: quelle est la différence entre manipulation et influence ? On me dit dans l'oreillette que c'est les même outils, mais que l'intention est différente, que manipuler c'est pour obtenir quelque chose pour mon profit perso, alors qu'influencer, non.
Ensuite, toute communication a pour but d'influencer l'autre, d'infléchir ou de consolider son point de vue. Sinon, quel est le but de la communication ?
Au final et pour paraphraser, on ne peut pas ne pas influencer. Reste donc à assumer la position, d'en être conscient, et de trouver des fois la fine différence entre influence et manipulation....
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il y a 3 ans par Coquelicom
Je pense que c'est l'usage de la communication qui fait qu'on influence.
La communication informe, la communication est un échange entre émetteur et un récepteur.
La communication responsable base justement des principes qui nous aident globalement tendre vers la sincérité :
Donner l’exemple, le dire et le faire
Revenir à la “vérité produit”
Savoir dire non (ou “oui, si…”)
Ré-humaniser les cibles de communication
Éco-innover dans les moyens et supports de communication
S’ouvrir sur de nouveaux partenariats
Contribuer à l’implication citoyenne
Sinon, quel est le but de la communication ?
De communiquer justement, purement et simplement.
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il y a 3 ans par olivierChaillot
C'est curieux comme nous sommes déformés par notre environnement. Penser et affirmer que toute communication a pour but d'influencer n'est-il pas une déviance liée à des pratiques récentes provoquées par un changement fondamental de notre rapport à l'information ?
Nous sommes culturellement formatés par l'attente d'une Vérité révélée portée par un sauveur ... et je ne parle pas que de croyance en des forces surnaturelles, il suffit d'observer notre rapport à l'autorité et la recherche collective d'un "chef" (leader en anglais, Fürher en allemand, ...) à chaque élection ... comme si nous étions (collectivement) incapable de trouver par nous même une solution ...
N'est-ce pas ce même rapport de recherche d'Une (pour ne pas dire de LA) vérité qui nous conduit à avoir un rapport déviant à l'information ? Qui nous conduit à diversifier nos sources au lieu de les évaluer, d'en qualifier le contenu, d'en remonter l'origine, ... comme si, quand tout le monde se trompe (diversifier ses sources) l'information qu'elles portent deviendraient vrai ?
Nous sommes d'accord sur le fait que le rapport à l'information relève de la sphère "citoyenne". Ce constat pose-t-il alors la question de l'éducation populaire (www.education-populaire.fr/) ?
Un aspect de la question qui ouvre le pan de l'émancipation, de la capacité à se prendre en main, ...
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il y a 3 ans par MyriamDelesalle
Personnellement je pense que Non... Manipuler c'est déjà un verbe que je n'aime pas... j'y vois rarement une connotation positive à part quand c'est mon ostéopathe qui prononce ce mot...
Rien ne justifie de manipuler l'information. Elle est ce qu'elle est, elle existe parce qu'elle est... la manipuler, c'est rarement pour le bien, mentir pour ne pas faire souffrir par exemple, c'est juste retarder le moment où ça arrivera.
Pour le BIEN, la seule chose à faire, c'est d'être bienveillant. Ne pas relayer les informations qui n'ont pas de sens, sont moches ou bien encore ne sont pas vérifiées et authentifiées. Avec les réseaux sociaux il faut savoir raison garder...
Personnellement j'ai tendance à sélectionner mes sources et à les recouper quand les sujets sont critiques.
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il y a 3 ans par olivierChaillot
merci @cecilevarin pour ta longue réponse (skiller.fr/question/manipuler-l-information-et...) ! Elle enrichi les échanges précédant et ouvre vers des réflexions qui méritent d'être conduites. Je vais en reprendre quelques unes :
- la différence entre information, fait, opinion, ... Nous sommes bien contraints de constater que, par les temps qui courent, les opinions fleurissent plus vite que l'information qui relate des faits ... à tel point qu'en guise d'opinion nous assistons de plus en plus souvent à la profération de dogmes ... les conditions sont en place pour que les intégrismes puissent se développer ! non seulement les intégrismes religieux qui font les Unes actuellement, mais également les intégrismes économiques (il suffit pour s'en convaincre d'observer le fonctionnement de la Commission européenne ou la manière dont les round de négociation du traité transatlantique se déroulent, ...), ... je vous laisse compléter la liste ...
- la notion de déontologie, règles qui s'appliquent à une profession, qui n'ont rien à voir avec la morale (le "Bien" et le "Mal") qui constituerait une quête d'absolu incompatible avec l'exercice d'une profession, mais avec le rapport à la loi et à l'éthique (ce qu'il est "bon" ou mauvais" de faire dans "exercice de sa profession") ... les journalistes n'ont pas l'apanage de ces "codes" nombres de professions en ont, la mienne par exemple (synfie.fr/index.php/synfie/charte-d-ethique) ... Ces codes ont la nécessité d'évoluer pour s'adapter à l'évolution de l'environnement dans lequel nous exerçons ... ce qui implique qu'un "bon" professionnel doit avoir a minima une culture philosophique qui lui permette d'intégrer de tels codes ... mais cette culture est nécessaire à chaque citoyen pour exercer ses devoirs de citoyens ... et devrait donc faire parti de la trousse à outil dont chacun devrait être doter ... à l'école ? et bien avant celle de journaliste ... personnellement j'ai testé, et continue à chaque fois que possible, l'initiation à la philosophie avec les tout petit, dès la maternelle, et doit dire que ça fait des adultes moins facilement manipulable ...
- la neutralité du journaliste n'est pas demandée, par personne, ce que nous pouvons exiger, c'est de savoir d'où il parle, au nom de quel groupe de pensée, pour défendre quel point de vue, ... A contrario, la capacité du récepteur à exercer son esprit critique est, elle, requise ! C'est bien en améliorant la capacité du citoyen à utiliser l'information, à la considérer comme une matière première qui doit être affinée avant toute consommation, qu'il est indispensable de vérifier, de recouper, de valider, d'en évaluer et de qualifier la source, ... avant de pouvoir raisonner avec ...
- en ce qui concerne l'information vue par le marketing et celle vue par le journaliste, il est vrai qu'à l'origine il pouvait y avoir une différence de nature ... mais, dans un monde où les médias sont contrôlés par des groupes privés la différence de nature est pour le moins gommée ! le cadre défini dans le programme du Conseil National de la Résistance (fr.wikisource.org/wiki/Programme_du_Conseil_na...), programme qui est la pierre fondatrice de notre société actuelle ... a faire lire par les apprentis journalistes ... et même par les "grands" ! Quoi que, il ne serait pas superflu que chacun le lise ...
Voilà, rapidement, quelques réactions à ton commentaire ...
et une réaction plus générale pour tous le contributeurs : la seconde partie de la question s'interrogeait :
"comment vous préservez-vous de telles pratiques ? Si vous vous en préservez bien sûr ! "
partie restée sans réponse ... dois-je comprendre que "vous" ne vous préservez pas ?
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il y a 3 ans par PascalW
Effectivement, Difficile pour moi de savoir comment me préserver de cela... On ne peut plus aussi facilement aujourd'hui chercher des recoupements de l'information et ignorer les médias de masse serait prendre le risque d'une ignorance pas plus enviable.
Je compte sur rien d'autre que mon propre sens de l'analyse pour me préserver. C'est mince mais je n'ai pas mieux.
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il y a 3 ans par olivierChaillot
En matière d'outils que j'utilise dans mon métier et que peut être nous partageons avec les journalistes (@cecilevarin ou @CedricRousseu confirmerons ... ou non !), il en existe toute une palette. Les plus simples étant un système simple dévaluation de l'information et de sa source :
pour l'information, nous la classons en 4 catégorie : important, utile, utile à l'occasion, inutile ;
pour la source, elle est digne de foi, sérieuse, peu sérieuse ou sujette à caution ;
Bien sur nous n'évaluons les sources que pour les informations importantes ou utile ... le reste n'étant à peine digne du café du commerce :)
je pense que tu devrai facilement aller plus loin si le sujet t'intéresse (un autre outil ici : www.ebsi.umontreal.ca/jetrouve/internet/evalsit..., ou là : eduscol.education.fr/numerique/dossier/competen...,
c'est une gymnastique quotidienne !
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il y a 3 ans par CedricRousseu
Je rejoins peu ou prou ce que dit @olivierChaillot en reformulant un poil à ma sauce.
Pour un media il va y'avoir en effet ce classement, mais il va dépendre de la ligne éditoriale, de l'éventuelle thématique et de la pertinence par rapport au public (et oui il ne faut jamais oublier qu'on parle à des gens).
Pour donner un exemple, j'ai bossé 15 ans pour une radio locale toulousaine, dans les infos pratique les jours de grève, j'allais plus facilement parler du trafic de TER régionaux que du RER : un toulousain va être plus intéressé de savoir qu'il y'a un TER sur 3 pour aller à Montauban que du nombre de RER B (info qui qui plus est il trouvera partout ailleurs).
Concernant les sources, il est de coutume de dire dans la profession qu'il faut "3 sources fiables" avant de lancer une info ; je dirais personnellement que cela dépend de l'info (je reviens au classement proposé par Olivier) et de la fiabilité de la source (non la cousine à la grand-mère sur FB ou le tonton du cousin sur Twitter, ne sont pas forcément des sources fiables).
Pour avoir une source fiable, il faut aussi la connaître bien : le nombre de gens que je vois faire circuler des infos sur les migrants sur les réseaux sociaux, "infos" tirées de Novopress, sans savoir que Novopress est un site de propagande monté par l'organisation d'extrême-droite "Le Bloc Identitaire".
Donc s'assurer de la véracité des sources, de la couleur politique de la source (le Figaro et L'Humanité n'auront pas la même approche d'un fait social) si c'est sur du réseau social, ne pas hésiter à passer par un site du type Hoaxbuster....
Un dernier point justement sur l'objectivité, comme cela a été dit ici c'est un mythe, je sais que personnellement, j'ai toujours fais en sorte que mes auditeurs connaissent mes orientations politiques afin de pouvoir d'eux-même contrebalancer mes propos. Et cela ne nuit pas forcément à la qualité d'une interview, je sais que personnellement je vais être encore plus "teigne" avec mon propre camp politique qu'avec les autres : ils représentent mes idées donc ils ont intérêt à être au point dessus, je vais plus les pousser à montrer qu'ils savent défendre leurs idées que leur passer la brosse.
Je crois que les deux règles sont : côté journaliste, ne jamais oublié qu'on est juste un périphérique, un interface qui permet de poser les questions que pleins de gens se posent pour assumer notre côté passeur d'infos... Et côté "auditeur/lecteur/téléspectateur", ne jamais oublié de lire plusieurs avis sur un même sujet, de préférence des avis contraires afin de se forger sa propre opinion : un journaliste est là pour vous filer des clés à vous de les exploiter.
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