Vous êtes téléporté en 2035 dans la peau d'un formateur. Que demandez-vous à un formateur ? Que doit-il vous proposer ? Vous êtes formateur, comment définiriez-vous le poste et les activités ?

formation innovation de service pedagogie
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6 réponses

il y a 6 ans par MickaelRuau
Vaste sujet !

Je pense que, du point de vue andragogique, le formateur va continuer d'évoluer vers des méthodes qui impliquent de plus en plus les apprenants. Les outils numériques se banalisent. Ils sont souvent amenés par les apprenants eux-mêmes.

Dans ce contexte, comme le souligne Michel Serres dans "la petite poucette", on attend du formateur qu'il se positionne d'abord comme un accompagnant.
On passe de la transmission à l'animation de la découverte des savoirs.
L'apprentissage entre pairs se développe actuellement, mais sera-t-il la norme en 2035 ?

Je pense que le rôle du formateur va évoluer entre :
- production de contenus (supports écrits, vidéo...)
- animation de plateformes d'apprentissage (e-learning, SPOC, MOOC...)
- animation de formation présentielle

Dans 20 ans, certains formateurs se seront probablement spécialisés dans l'une de ces activités, mais je crois que la majorité auront une pratique mixte. Les formations de formateur évolueront alors pour inclure des compétences telles que le montage vidéo et la réalité virtuelle.

Une tendance lourde actuellement est la fragmentation des contenus en grains de savoir très courts (quelques minutes).
Pour financer plus de places en formation, on a également tendance à réduire la durée globale des formations.
Je pense que la première tendance va s'accentuer, tandis que la seconde va s'estomper.

Plus exactement : la durée des formations sera réduite au strict minimum pour les apprenants capables de s'adapter, transposer et développer leurs compétences. Tandis que d'autres formats moins intenses et des parcours plus progressifs seront ré-introduits, pour répondre aux besoins des "décrocheurs".

Pour les formations intenses, on privilégie aujourd'hui des experts techniques, tandis que pour les formations plus progressives on recherche des formateurs qui se concentrent sur l'andragogie.
Les premiers doivent évoluer entre la pratique fréquente des techniques auxquelles ils forment. Les seconds disposent de moins de facilité pour replonger dans leur métier d'origine.

Je pense que cette dichotomie va persister en 2035. Mais il est fort probable que pour des formations de niveau intermédiaire, on voit émerger dans les 20 ans à venir des formations... sans formateur !

[Je me risque à de la formation-fiction !]
Les capsules de savoir seront enregistrées directement par des gens du métier, guidés par des "journalistes formateurs".
Les échanges entre participants à la formation seront considérées dans certains parcours comme le socle de connaissances. On se réclamera de la promotion 23 du MOOC ITYPA (promotion "Columbus") et elle constituera un réseau d'alumni aussi solide que celui de nos écoles d'ingénieurs.
Les animateurs de ces MOOC seront fortement médiatisés, car c'est leur renommée qui générera les revenus des plateformes. Leur activité se partagera entre promotion des sessions et animation de grands rassemblement lors de ces sessions. Et c'est sur leur capacité d'entertainers que seront détectés ces animateurs de communautés apprenantes !
[Fin de la formation-fiction]

Pour avoir une lecture plus complète de mon point de vue sur les évolutions à plus court terme (5 ans) du métier de formateur : medium.com/p/crise-de-la-formation-4ea6c59ffde...
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il y a 6 ans par ClaudeGUILLET
L'eco-système du secteur de la formation me fait penser à un vieux modèle d'affaire qui saturerait pas mal à la fois : sous la loi des marchés commerciaux, la pression des concurrences, à une insuffisance d'innovation, d'utilisation non intégrée ( de type vieille plateforme logicielle obsolète ). Tout cela en fait un levier de croissance quasi nul, oublié, secondaire et que trop rarement stratégique !

Un gros chantier "gestion réel des ressources humaines" liant, le privé, le public, les individus et les secteurs des enseignements devrait d'abord être repenser non ?

Merci de poursuivre ou m'éclairer pour une/ des visions possibles à 20 ans ?
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il y a 6 ans par FrankBrochard
Bonjour
La réponse part je crois 1 des nécessités de formation et 2 du profil des personnes.

Sur le premier point : les parcours de vie et professionnels semblent devoir aller vers plus de méandres, d'aventures successives. Il semble aussi que le salariat soit en perte de vitesse, que l'on aille plus à l'avenir vers des formes de collaboration type missions. Tout cela amène je crois à une prise en charge plus importante par la personne de ses formations (identification du besoin, choix de l'offre, investissement personnel)
Sur le deuxième : générations Y, Z, avec la connection permanente et les usages numériques dans les gènes : je prends sur le net ce dont j'ai besoin, je valide et complète avec mon réseau, je vais vite.
Je rejoins un précédent avis sur la popularité qu'auront des modules très courts, et interactifs. Je crois aux e learning.
Un point quand même :
Il reste toujours intéressant d'échanger pour approfondir.
les formations vraiment structurantes elles aussi bénéficient toujours de l'échange entre pairs, et de l'éclairage du formateur.
Des formes traditionnelles devraient subsister : le référent, le formateur en présentiel.

Ce qui précède concerne les happy few bien formés, entrepreneurs de leur vie. Il reste les autres, plus passifs, qui choisiront des carrières plus stables. et qui ne suivront que les formations demandées par leur structure. Les contraintes économiques induiront le e learning (surtout s'il est de mieux en mieux fait avec par exemple des serious games). Mais seul le tutorat permettra véritablement d'ancrer les connaissances et de sécuriser les personnes.
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il y a 6 ans par ClaudeGUILLET
Merci pour cet éclairage autant : des subsistances du passé, que du présent et d' un avenir plutôt proche.
L'obligation à la fois d'aller vite pour les hyper-actifs, et à être plus sexy pour les moins pro-actifs, non ?
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il y a 6 ans par ClaudeGUILLET
Merci JS je suis content d'avoir poussé par opposition votre argument, car votre ex. de parcours est effectivement bienvenue...
Ma forte poussée vers le + humain, allant vers effectivement plus de personnalisation, le thème de la delocalisation, s'ajoutant à la dematerialisation numérique, cela fait cher pour atteindre du qualitatif seul non ? Et quoi au niveau du quantitatif ? On parle de micro learning maintenant ??
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il y a 6 ans par FrankBrochard
Bonjour Claude. Un peu de mal à comprendre ce que vous voulez dire. pouvez vous reformuler ? Merci
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il y a 6 ans par ClaudeGUILLET
En lisant l'argument du robot formateur, je me suis qu'on se focalisait tous sur comment faire mieux ( en qualité), et c'est bien le premier niv. de pensée quant on raisonne formateur. Mais il existe aussi beaucoup de travail pour nettement améliorer le quantitatif, soit réduire la "fracture formation", car l'accès aux formations privées, comme publique (notamment en Fr) est LA première problématique à vaincre non, sur ce siècle ??
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il y a 6 ans par Julien_
Il me semble que c'est une réponse à mon dernier commentaire. En principe on "répond" à la question principale, et ensuite la "discussion" se fait dans les "commentaires".

Oui, j'aime bien cette opposition, parce qu'elle me parait assez centrale, notamment en terme de stratégie : vers où je vais ?
Avec les "robots" ou tout simplement les "moocs", une grande partie des enseignant, ou des formateurs peuvent perdre de leur attractivité. Surtout s'ils essayent de capitaliser sur des critères où les robots font mieux.
C'est comme les traducteurs, qui voient les logiciels de traduction devenir de plus en plus performants.

Vers où je vais ? Est-ce que j'essaye de "suivre" les robots ? De proposer un résultat rapide, presque parfait, au moindre cout ? C'est une course vers le bas à mon avis.

Par contre je peux faire deux choses :
- proposer une dimension que les robots ne peuvent pas offrir, tu parles de "l'humain", je trouve ça un peu abstrait, mais je pense que ça a du sens
- travailler "avec" les robots, ex: un traducteur qui gagne du temps avec des logiciels, ou un formateur qui


Une très bonne expérience personnelle dans ce sens :
J'ai étudié 1 an en Argentine, et ça a été une belle surprise de voir que les cours étaient beaucoup plus intéressants qu'en France.
En France, j'avais l'impression que les profs étaient très fiers de leur savoir, et qu'ils demandaient un effort à leurs élèves pour l'obtenir. Par exemple, il fallait venir aux amphis pour prendre des notes, les profs ne voulaient pas mettre leurs cours en ligne, parce que "sinon les élèves ne viendraient plus aux amphis" (ce qui n'était pas vérifié en pratique, les profs qui avaient des amphis pleins étaient souvent plus "flex").

Du coup:
- En France, on était contraint à faire 2h de dictée. Je veux bien que le fait d'écrire aide certaines personnes à comprendre, mais il faut quand même avoir le temps de réfléchir un peu... En dernière année, j'ai carrément laissé tomber les amphis, et je travaillais avec les cours de ceux qui y étaient allés. J'ai eu des meilleurs résultats (parce que j'étais plus efficaces, en moins de temps).
- En Argentine, on avait déjà les cours, donc j'écoutais ce qu'il se passait. Je prenais parfois des notes, simplement pour structurer ce que j'entendais. Ensuite je relisais le cours du prof chez moi, et ça marchait très bien. Aussi les cours étaient vraiment très participatifs. La moitié du cours était sous forme de "questions/réponses/débat". Le prof posait une question, et prenait le temps de discuter des réponses des élèves, même les réponses "fausses" (on dit qu'on apprend plus de ses erreurs, non ?).

Peut-être est-ce que c'est ce genre de chose que tu entends?

Je ne connais pas le terme "micro-learning", mais c'est peut-être comme ça que je fonctionne? J'apprend souvent des techniques très précises, qui ne demandent pas beaucoup de temps à être comprises quand on est dedans.

Mon profil est peut-être plus adapté à des robots-formateurs que celui d'autres personnes. Par contre je pense que je ne suis pas le seul, et qu'il y a un intérêt pour des gens dans ce domaine à prendre en compte ce genre de besoin, même si c'est juste pour dire "je ne vais pas essayer d'y répondre, et plutôt me concentrer sur un autre type de profil".
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il y a 6 ans par ClaudeGUILLET
- le qualitatif +, étant bien alimenté aujourd'hui, quid sur le quantitatif, ou comment y répondre mieux, en partant de la fracture lié à l'accès jusqu'aux lien au choix programmatique prix, durée, durée, et tout autres critères jugés dimensionnant pour demain ?
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il y a 6 ans par Julien_
Pour moi le formateur de 2035 est un robot :
- en quelques questions, il a évalué mes compétences actuelles, et mes objectifs
- ensuite il me propose des formations dans différents formats (vidéo, audio et/ou texte), comme ça je peux commencer la formation en lisant sur mon ordinateur, continuer à l'écouter dans la rue, et si besoin j'ai une vidéo pour montrer des détails visuels (peut-être qu'il y aura d'autres formats d'ici là...)
- je peux l'interrompre pour lui poser des questions, ou pour lui dire que j'ai déjà compris dont il parle (dans ce dernier cas, il vérifie quand même)

L'avantage par rapport à un formateur humain c'est qu'il a déjà formé des millions de personnes, et qu'il en a déduit un parcours de formation évolutif et adapté à des milliers de profils différents, il coûte probablement moins cher, et il se trompe moins souvent.

Ah oui, il est aussi disponible à n'importe quel moment! Si je préfère apprendre très tôt le matin, ou qu'inversement je n'arrive pas à dormir, je l'appelle et on continue :)
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il y a 6 ans par ClaudeGUILLET
1 robot formateur, pour 1 apprenant robotisé, c'est effectivement enfin un bon moyen d'effacer l'humain, l' inconscience et l'affect des individus, qui pourtant sont les 3 domaines ou des robots ne sont pas les meilleurs alliés en ces matières. Alors créons un autre robot 'perfect student' et le tour est joué, plus besoin d' hommes à la fin, super !
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il y a 6 ans par Julien_
Ça c'est encore plus futuriste !

Je pensais simplement à du contenu créé par des humains. Du contenu très varié, créé par des experts, qui serait diffusé par un logiciel "intelligent" qui l'adapterait en fonction de la progression et des interrogations de l'étudiant.

Ça pourrait peut-être couvrir 95% des cas, et les 5% restants seraient traités par des humains, qui amélioreraient le programme en même temps.

Si c'est à ça que j'aimerais que ressemble le formateur de 2035, c'est parce que mon expérience de la formation a été :

- Formation Éducation Nationale jusqu'au Bac : très médiocre, pas du tout adapté à des profils différents (soit on est à la traine, soit on s'ennuie), ni à des métiers contemporains.
- Prépa + Grande École: cours assez bien (beaucoup moins bien que ce qu'on nous fait croire :D), quasi gratuits, mais pas accessible à tout le monde (sélection, et réputation d'être "difficile")
- Formations professionnelles en groupe de qualité très moyenne à des prix raisonnables (2500€)
- Formations professionnelles en grand groupe de bonne qualité, mais très chère (+ de 3000€/personne pour 2 jours, 1 formateur et 40 personnes,...)
- Coaching individualisé ou en petit groupe, j'ai eu des bonnes surprise en terme de qualité et de tarif, mais dans l'ensemble ça reste trop cher, et de qualité insuffisante
- Les cours en ligne (MOOC), gratuits, dispensé par des formateurs extrêmement pointus, mondialement reconnu (Université de Stanford, MIT, Harvard,...), en mode "immersion" (certains proposent même des exercices auto-corrigés)

C'est de loin la dernière formule qui me convient le plus :
- rythme flexible
- niveau extrêmement bon
- contenu moderne (pas des polycopiés en papier, ou des prises de notes, qui trainent dans des classeurs, il y a des résumés édités de manière collaborative par les étudiants sous forme de Wiki, téléchargeable en PDF,...)
- coût nul

Je trouve qu'en terme de rapport qualité/prix c'est imbattable. D'ailleurs même si on ne considère que la qualité.

Sinon ce dont tu parles est effectivement aussi quelque chose qui a des chances d'arriver, par exemple le cas des formateurs auto-école. Avec les voitures autonomes, ce sont bien "des robots qui vont apprendre à des robots à rouler".

Est-ce que ça va effacer l'humain? Ben non, l'humain ne passera juste plus de temps à apprendre une compétence qui ne lui servira plus (rouler), ou bien il l'apprendra pour ses loisirs, et il ne passera plus de temps et d'énergie à conduire. À la place il pourra peut-être jouer aux cartes avec ses amis...
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il y a 5 ans par Pjo

Bonsoir, 

2035 ? le savoir, les connaissances & les savoir faire sont tous dispo. Et en accès libre... À porter de voix ?

On peut pratiquer en réalité virtuelle avec des lunettes design (ouste les masques !) 

Le formateur :

  • aide/accompagne à trouver les bonnes sources, à lire les vidéos, les décrypter pour faire effet miroir 
  • Est facilitateur pour apprendre à apprendre et appendre de nouveaux savoir être (talents) 
  • ... 

Passionnat donc

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