L'appel aux candidatures pour les réseaux thématiques French Tech est lancé depuis le 19 : www.lafrenchtech.com/actualites-du-numerique/ap...

La petite description pour ceux qui n'ont pas cliqué :
La mise en place de réseaux thématiques French Tech a pour ambition :
- de structurer et favoriser le développement d’écosystèmes de startups en régions, en les invitant à concentrer leurs efforts sur une thématique ;
- de fédérer l’ensemble des écosystèmes actifs sur une thématique au sein d’un même réseaunational, et partager une ambition commune à l’international.

Aujourd’hui, quatre premières thématiques ont été désignées au travers d’écosystèmes de startups locaux identifiés à titre de préfiguration en 2015: Angers est ainsi le premier écosystème membre du réseau IoT, Saint-Etienne du réseau Design, Alsace du réseau Medtech et Avignon du réseau Culture.

La mise en place des réseaux thématiques French Tech a été pensée pour que chaque territoire souhaitant candidater puisse le faire sur la thématique de son choix, en cohérence avec ses atouts et sa stratégie propres. Outre ces quatre thématiques, aucune thématique n’est donc fermée a priori au présent appel à candidatures. A la suite de la clôture de l’appel à candidatures, l’Etat pourra consolider des grandes thématiques afin de donner plus de cohérence et d’impact au dispositif.

Je pense que c'est l'occasion de faire venir dans ce mouvement fédérateur des acteurs qui se sont sentis exclus jusqu'ici et en particulier les entreprises avec une croissance "normale" qu'elles soient PME, ETI ou Grand Groupe.

Qu'en pensez vous ?

frenchtech innovation start up startup startups
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2 réponses

il y a 3 ans par gmaison
Pour ma part, tout dépend du point de vue :
Ok, très bien pour fédérer des acteurs thématiques. Ca *peut permettre* d'avoir un point central de partage, d'échange sur des problématiques semblables, un véritable échange de bonnes pratiques et de mutualiser certains efforts marketing (ou plus). FrenchTech a une très belle image (pour l'instant) et effectivement, c'est un bon tremplin pour l'international.

Mais, si tu prends du point de vue plus économique et territorial, pour moi, c'est du grand n'importe quoi. Un territoire ne se résume pas à une thématique. Un territoire c'est un ensemble cohérent de compétences qui y ont trouvé un équilibre. Il peut y avoir des filières plus importantes, pour des raisons historiques, culturelles, géographiques, mais c'est un ensemble économique cohérent. Alors quand je lis ça : "de structurer et favoriser le développement d’écosystèmes de startups en régions, en les invitant à concentrer leurs efforts sur une thématique ;" ça me fout un peu en pétard car c'est une vision encore très fordiste et taylorienne : "toi tu fais ci, toi tu fais ça, ..." et, une vision terriblement jacobine (pour ne pas dire parisienne). Mon souci, là, c'est que FrenchTech est trop "métropole-centric". Les ressources, les process et les valeurs sont uniquement tournés vers l'urbain, les grandes métropoles où le volume et la densité permettent d'envisager quasiment tout, indépendamment du territoire. Or en zone rurale, c'est complètement différent. Si je prends l'exemple de mon département (le Lot et Garonne - 47), nous sommes un département rural coincé entre deux métropoles FrenchTech. L'image de la FrenchTech étant massivement urbaine et métropole, dans l'imaginaire collectif le raccourci est facile : si c'est du numérique donc à la pointe du progrès, c'est en grande ville que ça se passe. Le résultat, c'est que notre territoire (et surtout tous les petits territoires qui composent le 47) voit se barrer tous ses jeunes vers ces grandes villes et donc tous ces potentiels et talents s'en aller. Donc, pour moi, FrenchTech + Réseaux Thématiques, c'est l'accélération de la désertification des territoires ruraux en quelques sortes et/ou l'organisation scientifique du travail des territoires.

Bon, je râle, je râle, mais comme je l'ai dit FrenchTech reste une marque qui est très porteuse, qui est reconnue à l'international et qui est bien positionnée pour représenter l'excellence française en matière de numérique. Mais nationalement, c'est plutôt catastrophique. Dans ce nouveau programme, il manque l'étape juste avant qui est, me semble-t-il, beaucoup plus nécessaire : faire en sorte que les talents soient détectés localement et que des programmes soient mis en place pour que leurs initiatives s'installent et se développent localement. Pour ma part, c'est ce que je propose avec ma nouvelle société (Nexial) et #RuralTech, qui est un programme de transition des territoires ruraux vers l'excellence numérique, pour qu'ils s'emparent du numérique non pas en tant que finalité en soi, mais comme un prétexte pour faire autrement, mieux et de manière plus inclusive ce que leurs compétences locales, riches dans leur différences, sont déjà en train de faire. Car pour moi, le numérique, c'est ça, c'est un formidable levier pour le développement des territoires, dans ce qu'ils sont. Et s'ils sont créatifs et basculent vers autres choses, par le numérique, alors tant mieux ! Et ce #RuralTech, je le veux comme une vraie communauté bienveillante, de collaboration, coopération et de partage et surtout qui soit associé (et non phagocyté) avec #FrenchTech, par des équivalents territoriaux des jumelages :)

En tout cas, j'aimerais bien avoir un copie du mémoire de @LucieGarrido (skiller.fr/question/10111 et skiller.fr/question/13572) :)

PS : je suis prêt à discuter #RuralTech avec toutes celles et tous ceux qui pensent que les territoires ruraux doivent entrer en transition numérique et qui sont prêts à m'aider pour ça :)
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il y a 3 ans par LudovicLhuissier
Cher Guillaume @gmaison
Notre réflexion sur le développement des territoires ruraux et l'innovation progresse !
Nous pourrons sans doute reparler #RuralTech prochainement
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il y a 3 ans par gmaison
Avec grand plaisir @LudovicLhuissier ! :)
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il y a 3 ans par Julien
Bonne remarque que je ne m'étais pas faite sur les territoires ruraux. Merci
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il y a 3 ans par olivierChaillot
@gmaison l'objectif de l'opération n'est-il pas (justement) de faciliter l'identification des jeunes pousses présentant un potentiel afin que les "gros" puisse les racheter ... et il est plus facile de repérer les cibles en mettant en place un processus qui les regroupe en un même lieu ... que l'on pourrait appeler métropole ...
La volonté de rester en dehors de ce processus implique une stratégie différente ... utilisant d'autres leviers ou inventant d'autres façon de maitriser les FCS du secteur ...
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il y a 3 ans par gmaison
@olivierChaillot

Comme je le dis, l'idée est bonne de vouloir fédérer des startups ou des écosystèmes par thématique et de leur faire bénéficier de la marque FrenchTech. L'idée n'est pas bonne de demander aux régions ou territoires de se thématiser.

Ensuite, mon positionnement n'est pas situé sur les entreprises, mais sur les territoires. Si une entreprise, startups qui plus est, se fait racheter par un plus gros, situé "ailleurs", toute le résultat de la captation de valeur de cette filiale n'ira plus sur son territoire d'implantation, mais là où se trouve la maison mère. Autrement dit, se faire racheter par un plus gros qui serait situé à l'étranger revient toujours à "exporter" la valeur créée, notamment en emplois, à "l'étranger" du territoire. Si c'est en france, ça ne se voit pas à l'échelle de la france, mais à l'échelle de territoires ruraux, c'est dramatique. Au niveau social, c'est dramatique. Il y a un territoire sur mon département qui a vécu un véritable effondrement économique en moins de 15 ans. De fleuron économique industriel avec des compétences reconnues, il est passé au triste record du chômage le plus fort et la "récession" économique la plus forte.

Donc, l'aspect régional de la frenchtech, utilisé au national, ne me semble pas le meilleur positionnement. Il me semble important que frenchtech existe, du point de vue des métropoles et de l'international, mais il me semble tout aussi important que les territoires ruraux s'emparent du numérique dans une identification rurale qui lui est propre.
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il y a 3 ans par olivierChaillot
@gmaison nous regardons la même chose de deux "endroits" différents et nous remarquons le même chose : l'organisation au niveau national de la french tech n'a pas pour objectif de redynamiser les territoires (encore moins s'ils sont ruraux) mais de les piller en facilitant l'identification des opportunités pour les prédateurs ?
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il y a 3 ans par gmaison
@olivierChaillot ce que tu décris ressemble plus pour moi à une conséquence et pas vraiment un objectif de départ. Mais là... je n'ai pas la réponse... :)
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il y a 3 ans par olivierChaillot
@gmaison conséquence ? objectif ? cela dépend de la volonté politique (stratégique ?) qui préside à la conception du dispositif ;) mais ce n'est pas le lieu de décrypter ... le décryptage permettant de raisonner sur les acteurs moteurs et de concevoir les dispositifs d'influences qui permettent ... je réserve cette partie à mes clients ;)
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il y a 3 ans par FredericLibaud
Bonjour,

Bien sûr qu'il faut fédérer les acteurs, que ce soit des startups ou des acteurs plus classiques.
Car des synergies sont possible, les exemples récents le démontre bien.

Pour cela il faut des têtes de pont, acteurs et moteurs du numérique sur leur territoire, voir au niveau national. Comme dit l'adage "petit pousset deviendra grand" et nous avons besoins ainsi que l'opportunité d'avoir à terme des acteurs mondiaux du digital en France.

Un certains nombre de ses acteurs sont aujourd'hui fédérer, soit en association locale, soit nationale. D'autres par le biais de collectifs et enfin via les acteurs représentatifs du secteur que sont CINOV-IT et SYNTEC NUMERIQUE. Impliquer directement toutes ces entités serait une bonne chose, car pour l'instant la marche est en ordre dispersée.

Frédéric Libaud, Expert en Numérique, Référent pour la région ouest de CINOV - IT
www.libaudfrederic.fr | blog.libaudfrederic.fr | www.cinov-it.fr
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