Question concrète pour partager ensemble nos pratiques du travail à distance et les retours d'expérience. Théoriciens s'abstenir ;-)

collaboration expérience travail à distance
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il y a 3 ans par oimoci
On est actuellement trois à bosser sur Skiller, plus une dizaine de personnes très proches depuis le départ, voire avant (dont les autres associés de Skiller, merci à tous les amis !), qui nous offrent leurs expertises quand ils ont un peu de temps, plus quelques dizaines de personnes avec qui j'interagis fréquemment (une bonne occasion de vous redire à vous tous qui vous reconnaitrez MERCI une fois encore !) de façon moins structurée mais plutôt assidument.
Concrètement, @JulienStoeffler; qui développe Skiller, habite à l'autre bout de la France, et en 6 mois on en est à la deuxième rencontre physique ! Par contre, on se voit sur Skype une à 2 fois par semaine, on échange par téléphone au même rythme, on échange quasi quotidiennement quelques sms et/ou mails, et on travaille sur basecamp pour la gestion de projet partagée à trois. Avec @Gerald qui lui aussi est toulousain, on bosse souvent ensemble même si mon agenda est un peu dingue ces dernières semaines, et que c'est donc plutôt au téléphone que cela se passe, quasi quotidiennement au moins 1 heure, plus quelques mails.
Autant te dire qu'en terme de fuseaux horaires, c'est assez surprenant ! Les échanges commencent rarement avant 10h, mais peuvent facilement se prolonger jusqu'à 2 heures du matin !
Pour la deuxième catégorie de "soutiens" de Skiller, c'est souvent au restaurant que cela se passe et à midi, plus par mail. Je passe aussi 2 à 3 heures au téléphone tous les soirs ou presque.
Pour la troisième catégorie de fans de Skiller, c'est souvent au restaurant aussi (cela fait bien longtemps que je n'ai pas déjeuner ou dîner seul à Paris, quelle chance !), et je reçois plein de mail de feedbacks géniaux.
Dernière chose, je ne connais plus vraiment la séparation semaine/week-end.
Cela pourrait sembler curieux pour certains, mais je suis très à l'aise avec cette façon de faire ! Assez peu de présentiel, des jours et des heures très variables et souvent décalés par rapport aux heures de bureau classiques, des outils de communication variés, ...
Du coup, le critère additionnel, c'est le "moyen" et pour moi, c'est du "BYOT" : Bring Your Own Tool ! C'est l'émetteur du message, celui qui provoque l'échange, qui choisit son moyen de communication et en général, je m'y plie.
J'espère avoir répondu à ta question très concrètement :)
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il y a 3 ans par usercentric
Merci pour cette description très détaillée. De l'importance de l'équipement électrique et réseau des restos et bars ;-)
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il y a 3 ans par CeciliaSkroder
@ Laurent - HGAD Consulting et @oimoci le disent très bien en parlant du côté pratique.

 Après il y a le côté « humain », où je vais faire mon retour d’expérience (mais avec un peu de théorie quand même, je ne peux pas m’empêcher - c'est un peu long...).

« Une solution pour tous » est impossible si tout le monde doit être content. Selon les personnes, il y en a qui seront plus ou moins à l’aise avec le travail à distance, et il y en a qui seront plus ou moins à l’aise avec le management à distance (manager ou se faire manager).

J’aime beaucoup passer la tête par la porte, faire un coucou et échanger de manière informelle « en passant ». Pour moi, personnellement, cela ajoute de la valeur à toute relation, et ça évite des "bottle necks" ou on attend que l'autre personne soit de retour à son téléphone pour qu'on puisse appeler. J'ai aussi vu des personnes au travail qui, du fait d'être à trois couloirs de distance, deviennent "invisibles". Là, il faut activement aller les voir/appeler etc, sinon ça ne marche pas - du tout. Apres, pour travailler sur de gros lots de travail sans être interrompu par "les pauses café" à perpétuité, la distance est parfois très très appréciée. ;)

J’ai aussi des retours d’expérience d’amis (dans l’armée, mais suédoise, donc je ne sais pas comment marche l'armée en France), où les gens sont convaincus que de ne jamais, ou peu, voir son équipe va démotiver l’équipe plus que si on la voit plus souvent. C’est un aspect qui n’est pas négligeable.



Il me semble que Jérôme et les autres derrière Skiller arrivent à bien maintenir le contact et se motiver entre eux, même à distance. Ils ont trouvé un fonctionnement pour échanger « en passant la tête par la porte » malgré cette distance - mais est-ce parce que le projet est peut être particulièrement motivant aussi? C’est peut-être moins facile s'il y a d'autres fonctionnements déjà établis et il faut tout changer, ou si on doit concrètement faire des gâteaux sur une ligne de prod… ;)
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il y a 3 ans par oimoci
Cecilia, pour ton info chez Poult, j'avais démonté la porte du bureau, qui était posée contre le mur... pour être sûr qu'on puisse passer la tête ;)
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il y a 3 ans par CeciliaSkroder
Très bonne idée pour la porte! Je pensais plus au travail à distance :)
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il y a 3 ans par usercentric
Merci Cécilia. Est-ce que vous avez noté des pratiques originales en scandinavie qui pourraient nous être utiles en France ? (je pense notamment aux contraintes climatiques et géographiques de la Suède et de la Norvège).
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il y a 3 ans par LydieT
J'ai actuellement une équipe de 6 personnes : 2 sont à temps partiel 1 jour par semaine, 3 font du télétravail au moins un jour par semaine, 1 cumul télétravail et temps partiel. Pour ma part je suis en fixe mais je souhaite me réserver des plages de travail à distance plus favorables à la concentration et au travail administratif.
Nous sommes rarement tous ensemble, aussi je fais des réunions toutes les semaines soit en présentiel soit par lync. Sinon je communique tous les jours par mails, lync ou téléphone avec l'équipe et tout se passe très bien.
Dans notre entreprise un accord de télétravail a été signé où le rythme conseillé est 3 jours en entreprise et 2 jours en télétravail.
Pour ma part je pense que cela pourrait être plus dès lors que le contact est réel quel que soit le canal!
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il y a 3 ans par LydieT
J'oubliais nous avons également des horaires très flexibles.
Arrivée possible entre 7h et 9h30 (10h le lundi ou lendemain de jour férié)
Départ entre 16h et 19h (15h30 le vendredi et les veilles de jour férié)
Plage de déjeuner 11h30 à 14h30
Bref des plages fixes de 9h30 à 11H30, et 14h30 à 16h
J'avoue que pour concilier les horaires flexibles, le temps partiel, le télétravail, les congés, les RTT, pas facile de trouver des créneaux communs, cela demande pas mal de concertation entre les membres de l'équipe, mais c'est vraiment gérable. Je n'ai pas encore connu de point de blocage.
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il y a 3 ans par usercentric
merci pour cette description très concrète.
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il y a 3 ans par CeciliaSkroder
Bonjour @usercentric!
Nous Cecilia, ou sinon moi (désolée, pas par intention d’être malpolie ;) je fais de l’humour, peut-être suédois, mais c’est dur par écrit), je dois tout d’abord dire que j’ai plus travaillé à l’étranger qu’en Suède pour ne pas faire de la pub mensongère… Donc, mes propos d’avant concernent ce que j’ai pu voir surtout en France.

Pour revenir aux aspects « scandinaves » du travail à distance, j’ai beaucoup discuté avec des personnes en Suède, et cela donne :

Chacun travaille sous sa responsabilité propre. Si on montre que cela se fait bien, on peut partir tôt pour chercher les enfants (hommes et femmes, oui oui. Personne va regarder bizarrement un papa qui va chercher à la crèche), travailler de la maison si les enfants sont malades, ou si on veut rester à sa maison de campagne un jour de plus pour des raisons de travaux ou autre – ce dernier pas tout le temps par contre ! On a les outils pour, tout va bien.

Si on a un travail prenant, on retravaille le soir à la maison. Mais attention, les gens arrivent tôt, comme chez @LydieT, 7h30 ça arrive, 8h c'est commun.

Pas question d’assurance travail, d’audit de lieux de travail au domicile, ou de «et si c’est un mercredi et qu’ils en profitent pour garder les enfants à la place de travailler ?» (les points majeurs d’inquiétude que j’ai entendus en France).

Le problème qui semble se poser le plus en Suède, ce sont les personnes qui par eux mêmes n’arrivent pas à se déconnecter, et qui, sans forcément en être demandés, s’accrochent à leurs smartphones au diner avec les enfants (mais : même problème pour les réseaux sociaux, donc pour moi cela semble être plus une question de personnalité qu’autre chose).

En Suède, on fait confiance d’abord. Ensuite, si ça ne marche pas, on la retire, plutôt que l’inverse.

Deux propos liés au sujet sur mon blog, sur les différences culturelles en général : herringandcrispbread.wordpress.com/2015/02/19/... Et la dernière histoire ici herringandcrispbread.wordpress.com/2014/12/12/... où finalement la personne a aussi travaillé beaucoup à distance comme elle habitait très loin du travail.
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il y a 3 ans par usercentric
"En Suède, on fait confiance d’abord. Ensuite, si ça ne marche pas, on la retire, plutôt que l’inverse." J'aime bien cette formulation :-)
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il y a 3 ans par LudovicTant
Dans mon entreprise, on peut prendre un à deux de télétravail par semaine. Avec avenant au contrat de travail. Possible retour en arrière à la demande du salarié ou du manager. On peut aussi faire du "télétravail sauvage", sans avenant, avec accord non formalisé de son manager et de l'équipe. En tout cas, cela se fait ;-)

Quand cela est massif dans l'entreprise, cela se passe bien. Les gens comprennent alors que "pas là" ne veut pas dire "ne bosse pas" et prennent le réflexe du téléphone ou de la messagerie instantanée plutôt que de repasser dans la journée.

J'ai eu un collègue qui télétravaillait entre 3 et 4 jours par semaine. Venir travailler était vraiment nécessaire pour lui, afin de retrouver l'ambiance de travail à plusieurs, les blagues de geek techos le midi pendant le repas. J'avais à l'époque créer un système de chatroom d'équipe permettant d'avoir à distance le type d'échange informel mais sympa qu'on a autour de la machine à café, histoire de ne pas perdre le sentiment de former une équipe.

A mon sens, au delà de 2 jours par semaine, il faut vraiment bien échanger tous les jours par chat vidéo et par téléphone afin d'éviter le mode "je travaille en mode mercernaire" et que le sentiment de former une équipe perdure. Sinon, c'est un plus, mais pas nécessaire.
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il y a 3 ans par HGAD_Consulting
Le bon équilibre est celui qui correspond à l'organisation de l'entreprise, de son activité et de sa capacité à mettre à disposition tous les outils à ses collaborateurs pour travailler normalement hors du site de l'entreprise. Ensuite, pour des sujets techniques ou pointus, il faut passer par le stade "présence ensemble", car il y a encore des personnes, qui communiquent toujours plus en direct que par écrit, culture orale. Depuis plusieurs années, les réunions commerciales (6-8 pers) se font par skype, revues de projet Skype et physique, préparation budget physique et skype si non présent, et tout le reste est plus spontané, suivant l'actualité de chacun. Le pré-requis est une bonne préparation et la mise à disposition des documents avant. Le partage des données et accès à distance au serveur de l'entreprise a changé la donne.
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il y a 3 ans par usercentric
merci Laurent. Skype ne vous a jamais posé de pb de confidentialité ? (serveurs à l'étranger parfois dans des universités pas trop secure).
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il y a 3 ans par HGAD_Consulting
@usercentric : non pas particulièrement, puisque nous n'étions qu'une "simple" PME, avec des infos partagées peu stratégiques.
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il y a 3 ans par CeciliaSkroder
Bonsoir, je rajoute ce très bon article que je viens de lire sur la distance vituelle, qui peut très bien se former même à proximité par tous les "super outils" qui sont parfois mis en place. Très intéressant et très vrai! hbr.org/2015/04/the-subtle-ways-our-screens-ar... également intéressant pour @NicolasBouche sur l'employee satisfaction et l'importance de jauger par du face to face en plus des outils.
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