Bonjour à tous,

je fais appel à votre créativité, expérience et besoin au quotidien...
Nous voyons depuis quelques années emerger en France des accelerateurs / incubateurs externes (TheFamily, Paris&Co, 50Partners, Numa, etc.)
Tous les ans ces nouvelles structures reçoivent plusieurs candidatures de start-up... néanmoins, le constat montre que moins de 10% de ces candidatures sont exploitées. Ces acteurs indépendants sont assis sur un actif qui aujourd'hui n'est pas exploité et qui pourtant on le sait a énormément de valeur ...

exemple :
un incubateur recoit 100 candidatures. 2 à 5 start-up sont sélectionnées, incubées ou financées. Il y a donc un actif d'environ 95 start-up.

Mes questions :
comment les grands groupes, les ETI et grosses PME pourraient exploiter ces bases de données start-up ?
quels pourraient être l'intérêt pour des grands groupes de collaborer avec ces structures externes ?
Qu'est ce que les grands groupes pourraient rechercher ?
Comment valoriser les 95 autres start-up ? (cf : exemple cité ci-dessus)

merci beaucoup pour vos idées...

Adrien

innovation start up accelerateur incubateur
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3 réponses

il y a 4 ans par Julien
"qui pourtant on le sait a énormément de valeur ..." STOOOOOOOOOOOOOOP arrétons nous là !

Heu... non clairement. Pour avoir vu pas mal de concours de startup, suivi des candidatures dans des incubateurs ou accélérateurs et suivi lesquels sont pris, il y a BEAUCOUP DE MERDE. La création de startup est une bulle sans valeur.
La vraie question est : quelles sont les startups qui génèrent leurs premiers 10 000€ (valeur arbitraire choisie par moi) mais meurent dans les 6 mois par manque de soutien.

"les ETI et grosses PME pourraient exploiter ces bases de données start-up ?"
La terminologie me gène vraiment. Non les ETI et PME ne doivent pas EXPLOITER les idées de startups. Elles doivent les pousser, les co-construire si nécessaire, mais clairement pas les exploiter.

Pour répondre à ta question les PME, grands groupes, ETI, etc ont prouvé leur problèmes (pour de multiples raisons) à renouveler leur propre métier. Donc les startups doivent leur servir de sang et d'idées neuves.
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il y a 4 ans par AdrienRougier
merci Julien pour ta franchise étonnamment bienveillante.

je ne serais pas aussi radical que toi... Peut être as-tu eu une mauvaise expérience dans ce domaine ?

Par expérience, il y a énormément de valeur... concours d'idées, concours de projet, concours de start-up... ("tout es bon dans le cochon"...) il y a des gagnants, des prometteurs (moins matures) et des gens/projets peut être moins bien encadrés, moins bien exprimés...

Ce classement, comme tout classement, est drivé par des critères... et pour les accélérateurs et/ou incubateurs c'est souvent le potentiel business/d'investissement et/ou le savoir faire de l'incubateur qui permet de définir un classement.

Une candidature start-up bien qu'elle ne soit pas toujours intéressante peut envoyer un message fort à un grand groupe : ce qu'on peut appeler "signaux forts / signaux faibles". On est déjà la dans la valorisation de ces bases de données start-up que récupèrent les incubateurs et accélérateurs.

Toujours sur le même registre, et tu le dis presque correctement, les grands groupes ETI ou PME ont un besoin de réinventer vite leurs métiers et sans mettre trop en risque leurs activités. Les grands groupes pourraient alors "exploiter" la base des start-up non retenues pour créer des collaborations afin de lancer des expérimentations et accélérer les nouveaux business. La proposition de valeur des grands groupes pour les start-up se résume déjà au savoir faire et à l'expertise. Ce qui a énormément de valeur pour une start-up qui, comme tu le dis, peut mourir en 6 mois...

Une fois tout ca dit, n'est-on pas dans la valorisation des candidatures non retenues ?
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il y a 4 ans par Julien
"Peut être as-tu eu une mauvaise expérience dans ce domaine ?"
L'argumentaire en miroir, on va éviter ça, ne sert pas à grand chose ;)

"Une fois tout ca dit, n'est-on pas dans la valorisation des candidatures non retenues ?"
Est ce que tu as déjà jeté un oeil aux candidatures non retenues. On a plus d'accélérateur et d'incubateurs que de projets intéressants en France. A part quelques incubateurs parisiens qui ont une vraie richesse de candidatures, la plus part on plutot du mal à avoir des projets qui tiennent la route.
Faisons plutot de l'accompagnement aux projets en Ultra Early Stage pour expliquer à des gens qui soumettent des idées la différence entre une idée et une startup.

"Les grands groupes pourraient alors "exploiter" la base des start-up non retenues pour créer des collaborations afin de lancer des expérimentations et accélérer les nouveaux business. "
Ca c'est très bien. Dans la pratique ce sont des mots. Pour l'instant j'ai vu quelques bons exemple, mais qui représente un nombre d'entreprises très faibles.
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il y a 4 ans par ClaireBouteyre
Un début de réponse pourrait se trouver dans la manière dont ces accélérateurs sont structurés pour constituer un écosystème favorable au démarrage et au développement des start-up.

J'aime assez pour ma part le modèle de l'accélérateur Starburst, dédié au secteur aéronautique. L'objectif est d'aider les start up de ce secteur à lever 1M€ en capital-investissement. Les start up sont sélectionnées au départ par un comité composé de grands groupes et de structures de financement, reflet de l'écosystème de ces start up. Les règles du jeu sont claires : les représentants des grands groupes sont là en tant que clients potentiels et Starburst agit comme intermédiaire pour faciliter la collaboration grands groupes/start up dans ce cadre (et éviter justement que ces entreprises ne soient absorbés trop tôt par les grands groupes).starburstaccelerator.com/

L'autre initiative que je connais pour y être intervenue, et qui reflète elle aussi à mon sens cette idée d'écosystème favorable, est le Start Up Leadership Program. Il s'agit non pas d'un accélérateur mais d'un programme de formation de six mois pour les "entrepreneurs à haut potentiel", sur un double principe de mentoring et de formations. Chaque promotion compte environ 30 entrepreneurs qui sont choisis par les animateurs du programme, pas tant sur la base de leurs projets que de leurs personnalités. Là encore les animateurs du programme jouent un rôle fort d'intermédiation.startupleadership.fr/

On pourrait imaginer effectivement que les accélérateurs mettent à disposition des représentants des grands groupes/membres de l'écosystème de l'accélérateur une liste ou une sorte de base de données des projets non retenus (ils le font peut-être d'ailleurs) mais en faisant cela ne vont-ils fragiliser précisément les règles du jeu qui préservent l'équilibre de l'écosystème, et qui justifient aussi leur rôle d'intermédiaire ? (Il est vrai que l'aéronautique constitue un écosystème très particulier, avec de fortes barrières à l'entrée).
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il y a 4 ans par ClaireBouteyre
Au passage mais vous etes déjà certainement au courant, l'article du jour de Maddyness sur Blue Circle, l'association qui veut accélerer le business entre grands groupes et start-ups : www.maddyness.com/accompagnement/2015/06/09/blu...
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il y a 4 ans par AdrienRougier
merci beaucoup Julien et Claire pour vos retours. Vos regards critiques sont vraiment constructifs.
Si vous deviez vous mettre à la place d'un incubateur ou d'un accelerateur, que proposeriez vous aux grands groupes du coup pour valoriser les entrepreneurs et/ou projets (ou idées cc Julien ;) ) ? rien ?
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il y a 4 ans par Julien
@AdrienRougier
Les accélérateurs et incubateurs font déjà beaucoup de choses : journées portes ouvertes, rencontre business, pitch minutes, etc... le problème c'est que les Grands Groupes ne réagissent pas assez.
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il y a 4 ans par AdrienRougier
mais pourquoi n'osent-ils pas bouger alors qu'eux même disent ne pas savoir mobiliser cet ecosystème ? @Julien
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il y a 4 ans par Julien
@AdrienRougier souvent de multiples raisons :
- pas assez agiles donc pas capable de s'adapter assez vite
- peur du risque
- business models qu'ils ne savent pas gérer
- méconnaissance des sujets...
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il y a 4 ans par AdrienRougier
@julien @ClaireBouteyre @oimoci
comment les incubateurs externes peuvent réellement tisser des liens avec les grands groupes ou ETI ou autres ? #idealement
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il y a 4 ans par Julien
@AdrienRougier il faut d'abord que les ETI et GG soient sensibilisé à l'innovation, son rythme et ses risques. Et ça l'incubateur ne peut pas le faire tout seul.
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il y a 4 ans par Klodeko
Les start-ups et entrepreneurs indépendants sont les pions avancés d'un nouveau modèle d'entreprise qui va petit à petit prendre 50% des activités. Les Compagnies sont focalisées sur la rente et de facto sont de plus en plus réticentes à la prise de risque là où les start-ups visent la croissance (concept de Play to Win / Play not to Lose de Bengt Järrehult).
Pour que les Compagnies se frottent aux monde de la croissance il faut qu'elles retrouvent la notion de "innovation balance" entre rénovation, novation, innovation et disruption dans leur portefeuille projet.
Les cabinets de conseil "historiques" qui ont déjà leurs entrées dans ces groupes peuvent sans doute faire le travail de sensibilisation. C'est une question d'ouverture d'esprit et ça prend du temps, d'autant plus si les dirigeants de ses Compagnies ont un "time-in-role" court et ont été formés à l'école du Business Plan.
Il faut donc que les Compagnies aient faim, mais aussi qu'elles en soient vraiment conscientes et enfin qu'on leur propose des jolies assiettes (communiquer sur les succès).
C'est sûr que dans le pré-monde des early-bird Start-up il y a beaucoup beaucoup de déchet et ça peut décourager une Compagnie assez rapidement. D'autant plus que l'ambition d'un startuper n'est pas de finir salarié d'une Companies, c'est le plus souvent tout le contraire (conflit de génération).
La start-up qui va réussir adresse un problème avec une bonne idée qui a encore l'air mauvaise. Il faut donc favoriser le temps d'échange et des initiatives comme Blue Circle www.blue-circle.net/ ou Whyers goo.gl/gDpX0D sont chacune à son niveau porteuses d'espoir.
Au Compagnies d'avoir conscience de leur fragilité et de mettre en place les personnes qui ont la capacité de porter ce dialogue.
En entreprise, après le temps des I-shape puis des T-shape, voici venu le temps d'avoir des Y-shape très ouverts vers l'extérieur. Les ETI doivent penser ITY :D
C'est avant tout une question de bipèdes et d'ouverture d'esprit.
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