Si vous avez recruté un autodidacte, avez-vous regretté votre choix ? A l'inverse, si vous n'en avez jamais recruté, pouvez-vous dire pourquoi ? Merci c'est pour un article :-)

autodidacte diplomés emploi recrutement
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9 réponses

il y a 4 ans par Jean_Philippe_RYO
La réponse est loin d'être évidente... c'est difficile et dangereux de généraliser.
C'est la raison pour laquelle, Charlène, je parlerai plutôt d'aptitudes souvent observées que de différence (car les deux profils peuvent aussi avoir des compétences et postures similaires en fonction de leur parcours).

Je pense que l'autodidacte dispose fréquemment de ce que j'appellerais "un pragmatisme opérationnel" : une approche "pratico pratique" inspirée de bon sens, tellement utile en recherche de solutions réalistes. S'il a acquis une certaine reconnaissance à travers le temps, on peut estimer qu'il est également doté d'un bon sens d'adaptation (qualité importante !). Il a grandi et continue à grandir grâce à l'expérience., à travers ses réussites mais surtout ses erreurs.

Le diplômé apprend généralement vite. Il est au fait des nouvelles techno / techniques. Il dispose par avance d'un arsenal méthodologique bien fourni (trop même parfois). Maintenir à jour ses connaissances, apprendre, ... est encore fort présent dans son adn... c'est facilitant pour l'amener à évoluer. Il peut avoir du mal à atterrir dans l'utilisation de tout ce qu'il a appris (l'esprit et la lettre...).

Je m'arrête là car dans le fond je suis convaincu que les diplômés d'aujourd'hui ne seront pas ceux de Demain. Aujourd'hui, l'apprentissage est toujours basé fortement sur la connaissance... demain, cela changera ! L'accent sera mis sur l'art de retrouver les connaissances là où elles sont stockées, sur l'utilisation de ces dernières, sur le recul qu'on peut en avoir... En fait, c'est un peu ce qu'a fait l'autodidacte en adaptant sa quête de savoir et de practis aux besoins rencontrés tout au long de son expérience. Je pense et j'espère qu'on va ramener du pragmatisme dans l'approche "scolaire". Les différences que tu évoques s'amenuiseront probablement avec le temps. On valorisera plus encore l'intelligence contextuelle et l'adaptabilité.
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il y a 4 ans par SteeveLesbros
Sans hésitation l'implication !!!
Nous recevons beaucoup de demande de stages, d'emplois ... Je fais quelques entretiens et la question la plus importante à mon sens est :
- Que fais tu le soir quand tu rentres chez toi ?

Les autodidactes ont une réelle soif d'apprentissage, c'est vraiment très agréable.
Nous avons recruté un autodidacte, à la base formé à l'ébénisterie il est rentré chez nous en tant que Commerciale et aujourd'hui il a un poste de graphiste. Et il ne cesse de monter en compétence, son truc du moment c'est la vidéo. Je dois dire qu'il est assez talentueux, une réelle ouverture d'esprit musicien dans l'âme.

Nous recevons dans quelques jours une personne en reconversion professionnelle, il sera chez nous pour 4 mois il a déjà progressé depuis notre entretien nous échangeons par mail il a une soif d'apprendre indéniable et surtout une envie de se démarquer et de rattraper les autres. Ce n'est pas le premier que nous recevons mais à chaque fois c'est un réel plaisir.

De ce que je retiens des autodidactes c'est qu'ils sont à l'écoute, talentueux et ouvert d'esprit. Ils ont quelque chose à prouver puisqu'ils n'ont pas de diplômes donc il reste très humble, curieux et attentif. Pas besoin de comparer avec les diplômés ^^, juste envie de dire je préfère un diplômé avec de l'expérience qu'un diplômé tout frais sorti d'école.
Un bon diplômé est un diplômé autodidacte ! (j'entends par là qu'une fois rentré chez lui il pousse la notion d'apprentissage liée à sa formation, il ne se cantonne pas qu'à ses cahiers d'école ... il est donc autodidacte).
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il y a 4 ans par fdomon
Je croise encore des futurs diplômés, qui parce qu'ils sont dans une grande école, sont complètement passifs avec l'auto-apprentissage. Mais à terme, la frontière entre autodidactes et diplômés devrait s'estomper. L'impératif d'apprentissage tout au long de la vie sera de plus en plus une réalité.
La capacité à apprendre tout le temps, donc à être des apprenants autonomes (ne pas attendre qu'une entité vous dise quoi, quand, comment apprendre) est la compétence du 21e siècle.
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il y a 4 ans par IsabellePruvot
Pour avoir accompagné les deux profils en coaching, j'ai pu observer une grande détermination associée à un fort pragmatisme chez les autodidactes . En majorité, ce sont des profils opérationnels, plutôt experts tandis que les diplômés ont tendance à avoir une vue d'ensemble et à être plus attirés par la dimension stratégique de l'entreprise. Même si la plupart affichaient une bonne confiance en soi, en grattant un peu les autodidactes cachent souvent un complexe par rapport à leur niveau d'études, ce qui constitue un frein principal à leur évolution. J'en ai remis pas mal sur les bancs de l'école (grâce à la VAPP 85) et cela leur a donné un nouvel élan ainsi que de nouvelles ambitions professionnelles. Les diplômés ont acquis une méthodologie et des outils qui leur permettent (souvent) de mieux gérer le stress et de s'adapter plus facilement. Je trouve très intéressant d'associer les deux profils au sein d'équipes pluridisciplinaires car chacun à apprendre de l'autre et enrichissent la réflexion et l'intelligence collective.
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il y a 4 ans par ReneDEMAREZ
C'est un peu comme la différence entre les mots ingénieur et ingénieux les deux ne sont pas systématiques. Je ne vais pas critiquer les autodidactes, j'en suis un, mais si le diplôme reste le meilleur indicateur de potentiel ou tout au moins de savoir, la détection des potentiels chez un autodidacte reste primordiale. Pour mon troisième job à 23ans j'ai passé avec mon niveau bac des tests parmi des BTS, Ingénieur dans un grand cabinet de recrutement parisien....j'ai fait 22ans dans cette boite avec des responsabilités stratégiques au niveau européen....avec quelques formations complémentaires. L'inverse peut-être vrai aussi. Dans les entretiens préliminaires vous devez pouvoir détecter le potentiel. J'ajouterais que la culture générale et une implication forte dans une passion liée au métier peut également être un excellent indicateur de potentiel.
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il y a 4 ans par Charlene
Bonjour, et merci de ses réponses qui finalement se recoupent, on parle beaucoup d'adaptabilité, de formation continue, trouver l'info là où elle est.

Quand j'ai moi même recruté uniquement des juristes car cabinets d'avocats, ce que j'ai remarqué est que ceux qui avaient le meilleur CV sur le papier avec un parcours sans accroche, étaient aussi ceux qui étaient les moins dégourdis !

Je partage votre avis quand vous dites que l'apprentissage change et j'en suis vraiment heureuse.

Jean Philippe, je ne souhaitais pas généraliser mais avoir un avis afin de faire un article sur le sujet. Je suis moi-même autodidacte, et j'estime avoir eu énormément de chance dans mon parcours grâce à des personnes qui m'ont fait confiance et appris.
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il y a 4 ans par Jean_Philippe_RYO
Je comprends bien ! Quand je parlais de ne pas généraliser c'était une mise en garde pour moi-même ;)
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il y a 4 ans par gmaison
Je vais donner ma réponse sur deux plans et plus sur l'autodidacte.

Le premier plan est l'aspect opérationnel : un autodidacte sera extrêmement pointu sur certains sujets et d'une naïveté parfois touchante sur d'autres sujets. il convient donc d'améliorer ces sujets où il est naïf. Formations, accompagnement du dirigeant, de l'encadrement, etc. sont des prérequis pour améliorer la qualité et la performance de l'autodidacte.

Le second plan est humaine : l'engagement d'une personne pour s'auto former sur certains sujets pour aller jusqu'à un niveau quasi professionnel (cf. ci-dessus) fait partie pour moi des éléments les plus forts. Car cela veut dire qu'une personne a pu aller à l'encontre de beaucoup de cadres et d'idées reçues pour aller sur un sujet qu'elle aura exploré sans passer par des cursus de formation ou scolaires habituels. Cela témoigne d'un état d'esprit fort et très "engagé". Il y a donc pour moi des qualités humaines qui vont au delà de la "technique opérationnelle". Et c'est pour moi un élément fondamental. Comme je l'ai dit dans une autre question, lorsque je fais une embauche, dans les CV que je reçois, je regarde avant tout le parcours avant le diplôme, car des personnes passées par des boulots différents ou des reconversions ont pour moi des profils beaucoup plus intéressants : ce sont des gens qui ont su pivoter, faire preuve d'initiatives et qui ont su aller de l'avant. Et tout "retard" d'un autodidacte peut facilement se combler par la formation et l'accompagnement comme dit précédemment. En outre, accompagner un autodidacte et le faire progresser sera toujours plus profitable pour l'un comme pour l'autre (autodidacte & entreprise/chef d'entreprise).

Un diplômé quant à lui sera beaucoup plus "largement" opérationnel, aura une méthode et une méthodologie bien plus affûtée et efficace. mais en même temps, il aura été formaté à cette efficacité.

Je dirais donc que l'un ou l'autre est avant tout une question de stratégie que l'on souhaite mettre en place.
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il y a 4 ans par ReneDEMAREZ
Pas tout à fait d'accord Guillaume sur l'aspect "plus largement opérationnel" du diplômé, J'ai des dizaines d'exemples vécus ou j'ai certainement croisé les plus bordéliques et les raisonnement les plus aléatoires possibles et pourtant sortant de belles écoles. Et je ne parle même pas de l'aspect manque de culture générale chez certains qui ne se sont focalisés que sur leurs cours pour le diplôme et ont omis de regarder ce qui se passe autour d'eux... Au final les deux profils ont les avantages et les inconvénients cités ici et le choix restera le résultat d'un feeling entre recruteur et recruté.
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il y a 4 ans par SpaceTimeContinuum
Si je reprend ma propre expérience ("l'expérience est une lanterne portée sur son dos qui n'éclaire que le chemin parcouru"), je peux témoigner de la différence de motivation (et donc l'implication) que j'ai pu voir entre mon parcours scolaire classique (BTS / Ecole d'ingé / DEA) et mon parcours professionnel dans lequel je suis devenu expert en marketing sensoriel de manière totalement autodidacte.
Dans le premier cas, ma motivation était d'avoir des bonnes notes pour avoir des diplômes (je l'assume complètement, assumant même les méthodes "déviantes" pour avoir de bonnes notes!) tandis que lorsque j'ai commencé à travailler sur l'étude du confort thermique, que j'ai commencé à creuser les aspects physiques, physiologiques, psychologiques, qui mont faire remonter aux neurosciences pour aborder les interactions sensorielles, la soif de connaissance a été mon moteur. Ce qui est "drôle" c'est que certaines personnes me demandait quelle école j'avais faite pour savoir tout cela, ou quel diplôme j'avais obtenu (travers français).
Pour synthétiser, de mon point de vue, la soif de connaissance et de montée en compétence me paraît plus forte chez les autodidactes. On retrouve un des leviers de motivation intrinsèque de Dan Pink ("mastery"), alors que pour le parcours scolaire "classique", on se retrouve selon moi sur le schéma "carotte" qui est massivement "used and abused" dans notre système scolaire.
Mais ce n'est qu'une opinion parmi d'autres! :)
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il y a 4 ans par disk_91
La passion
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il y a 4 ans par VeroniqueBOUTHEGOURD
Je parlerai en tant qu'autodidacte ! ... après un parcours très riche, de passions et d'apprentissages multiples et variés, dans des environnements de plus en plus complexes, pluriacteurs, et pluridisciplinaires .. j'ai voulu me "poser" .. mais n'ayant qu'un bac Economique, je ne pouvais prétendre à un poste ayant le même niveau de responsabilités que j'avais pu avoir durant toute l'évolution de mon parcours ... j'ai opté alors pour la réalisation d'une VAE ... résultat : je pouvais validé 5 diplomes de niveau 1 !! j'en ai choisi 1 ! et suis allées au delà,puisque que Thèse ! (et ça avec juste le bac !!) .. nous étions 3 à l'époque, à étudier la notion d'intelligence collective (sujet de ma recherche) .. (2 enseignants chercheurs et moi !! .... je peux vous dire que j'ai du me battre pour avoir ma soutenance ! car je n'étais pas su sérail !!
Pour ce qui est des autodidactes .. ils sont passionnés, ont une soif d'apprendre constante, ne prenne jamais rien pour acquis, ont des capacités d'analyses développées, sont "pluridisciplicinaires naturellement", sont curieux, en général très créatifs ... et surtout ils connaissent très bien leur processus cognitifs .. souvent ils ont une approche de pensée systémique
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il y a 4 ans par samiraSeltani
je suis heureuse de lire tous ces témoignages de recruteurs qui laissent la chance aux autodidactes dans leur entreprise car, dans la grande majorité des recrutements, un autodidacte ne passe pas souvent le cape du tri des cv par mail faute de pouvoir justifier un bac + 3/4/5.
Je suis actuellement sur le développement d'un réseau social dédié aux autodidactes car, à mon sens, ce seront pour les années avenir, les meilleurs profils pour une entreprise en quête de faire la différence plus vite que les autres. Dans un monde parfait, les entreprises devraient s'entourer de co-équipiers moitié diplômé, moitié autodidacte pour obtenir une équipe magique.
Il y a de plus en plus d'articles sur le sujet ces derniers semaines, mais en France on y est pas encore. Les recruteurs sont frileux et a choisir entre 2 candidats finaux, ils gardent plutôt le diplômé par sécurité ou vieux reflexes.
Pourtant tout va tellement vite qu'un étudiant sur un cursus de 3 ou 4 ans, verra que les savoirs, qu'il aura acquis, seront obsolètes 2 ans après alors qu'il n'aura pas encore terminé ses études.
si tu as besoin de références d'articles tu peux fouiller sur la page Facebook de mon projet www.facebook.com/trustandtryjob
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il y a 4 ans par Charlene
J'irai voir demain avec plaisir, je suis très curieuse de découvrir aussi ce nouveau réseau social !!!
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