D'après vous, quelles sont les raisons pour lesquelles la mise en place d'une solution digitale pour améliorer et moderniser les méthodes de travail dans l'entreprise, en considérant qu'elle est bien adaptée au besoin métier, pourrait échouer ? merci de vos partages d'expérience. Eclatante journée.

digital transformation numerique
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5 réponses

il y a 2 ans par Julien
Oulà c'est large comme question.

Pour moi, le problème récurrent, c'est d'abord le numérique avec une vision "outil". "J'ai besoin d'un outil". Et pas une vision usage "J'ai besoin de faire ça".

Du coup, plutot que de choisir les outils numériques qui vont avec l'usage attendu, on tord l'usage voulu pour rentrer dans les fonctionnalités proposées par l'outil choisi.
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il y a 2 ans par Thelmaconseil
merci @Julien :) je vois 3 aspects dans ta réponse :
1) la solution technique ne peut pas être une finalité en soi, le besoin métier prime sur l'adoption de nouveaux outils. Et l'outil ne se substituera jamais à la qualité de la vision stratégique de l'entreprise.
2) les gains d'une solution numérique sont obtenus si le besoin métier est correctement servi.
3) la phase de définition du besoin bien en amont est cruciale avant de vouloir mettre en place
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il y a 2 ans par Julien
C'est exactement ça.
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il y a 2 ans par PascalW
Bonjour,
La principale raison que je vois est le rejet des utilisateurs.
Cette mise en oeuvre va changer les habitudes et il faut gagner l'adhésion de ceux qui vont l'exploiter.
De mon expérience, j'ai croisé a 2 formes de rejets:
- Ca ne sert à rien: la solution est vécue comme une marotte et semble apporter plus de contraintes que d'avantages. C'est souvent ce que j'ai pu avoir avec les GED non techniques.
- C'est pour fliquer les gens: la solution met en évidence un problème de confiance et de transparence latent.C'est le cas avec tout ce qui touche au pointage et à la traçabilité, en particulier les GMAO et les systèmes de "tickets"
En résumé, c'est souvent un problème de communication.
Comment j'ai pu corriger ces problèmes? Dans la plupart des cas, je n'ai pas pu!
Ce n'est pas au moment de basculer sur un nouveau système qu'il faut expliquer son bien fondé aux gens.
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il y a 2 ans par Thelmaconseil
Merci @PascalW pour ta réponse que je résume par : "Une solution numérique c'est techniquement plus facile à mettre place qu'à faire adopter par les utilisateurs". Il ne faut pas mégoter sur l'accompagnement à la prise en main / au changement (temps et argent)
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il y a 2 ans par PascalW
Disons que les difficultés techniques sont plus simples à aborder à mon niveau. Si le projet est bien préparé et bien conduit, les difficultés trouveront toujours une solution.
Ce sera surtout une question de temps et de budget.
L'accompagnement du changement, elle d'autant plus important que dans ton hypothèse ce sont les méthodes de travail qui sont bouleversées.
La révolution ne me semble pas être dans l'outil mais dans ce qu'il sera possible de faire avec.
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il y a 2 ans par gmaison
@ThelmaConseil

Le sujet est vaste et les réponses probablement au cas par cas.

Toutefois, j'ai pu constater différents niveaux de "pièges" ou "freins" :

1. au niveau des usages : comme le dit @Julien la question est avant tout "j'ai besoin de faire ça". Et, souvent, on veut *absolument* placer le numérique dedans. Or, le numérique n'est jamais systématiquement la solution. Parfois, un bon vieux papier/stylo ou tableau blanc/feutre sont suffisants. Il y a donc cet absolutisme de croire que le numérique est la panacée pour les usages.

2. Au niveau technologique : pour beaucoup - je l'ai encore constaté il y a peu à plusieurs reprise sur des conférences que j'ai donné, justement, sur le numérique - numérique = technologie = grandes études pour savoir ouvrir un ordinateur, écrire un programme, ... Beaucoup croient que le numérique est réservé à une élite ultra formée sur des machins abscons, obscurs et noirs. Or, souvent, je le démontre qu'ils sont de parfaits usagers du numérique car quasiment *tous* ont un smartphone avec leur messagerie dessus.
2bis. le droit à l'erreur : une solution choisie peut ne pas s'avérer bonne ou pertinente. Cela ne veut pas dire qu'un solution numérique n'est pas adaptée. Mais le syndrome de l'échec est très... présent

3. Au niveau communication : la mise en place d'une solution doit se faire avec un accompagnement et une communication intelligents. Pour faire simple, dans tout groupe, tu auras 15% d'early-adopters, 15% de talons-plantés-faut-pas-que-ça-change et 70% qui oscillent en fonction du 15% le plus actif. Et donc, là, le piège c'est de ne pas accompagner le changement et d'oublier d'expliquer ce changement.

4. Au niveau de la construction de la solution : elle doit être inclusive pour que chacun puisse se dire qu'il y a participé. Chacun aura toujours quelque chose à dire, sa pierre à apporter, des idées à y ajouter, etc... et le fait de l'inclusion et que des "idées" émises se retrouvent effectivement dans la solution montrera que c'est une "oeuvre" commune. En outre, il faut que certains de ces 15% d'early-adopters soient également des accompagnants des autres... et pas nécessairement des consultants ou prestataires externes, qui finiront par s'en aller. Savoir qu'en interne tu as des gens qui sont capables de t'accompagner c'est important et ajoute une dynamique sociale supplémentaire. On peut même ajouter, en matière de compétences, que de faire "grandir" les collaborateurs en leur faisant co-construire la solution, en ajoutant un peu de transfert de connaissances et/ou compétences de l'extérieur vers l'intérieur, l'adhésion n'en sera que plus grande.

5. Au niveau de l'implication de la direction : autant la solution ne doit pas être imposée "top-down", autant la direction, pour une solution numérique, doit s'impliquer et porter le projet. Malgré tout, une solution qui n'a pas l'aval de la direction peut être vue comme un "machin" qui risque simplement d'être "jeté" si ça ne convient pas à la direction.

Voilà, sommairement, les quelques "pièges"/"freins" sur la mise en place d'une solution digitale, que j'ai pu constater.
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il y a 2 ans par Thelmaconseil
Merci @gmaison pour ta réponse j'en retiens en plus des points déjà soulevés par @Julien :
1- la nécessité de briser l'image mystifiante que les métiers de l'informatique entretiennent injustement autour de la technologie et de rapprocher les métiers de l'IT du besoin utilisateur pour mieux le servir
2- se donner le droit à erreur et adopter une posture apprenante pour à la fois remettre en question les modes de fonctionnements et les choix fonctionnels. Principe qui conduit à choisir une méthodologie d'implémentation agile.
3- faire adopter un outil passe par le sens donné à la démarche et la mise en perspective de l'opportunité offerte à chacun d'augmenter son employabilité
4- un sponsorship fort sert à la construction de la légitimité de la solution dans le temps et la pollinisation de son bien-fondé depuis les early-adopters jusqu'aux plus "pragmatiques" (70%), pour assurer la neutralisation du pouvoir de nuisance des détracteurs.
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il y a 2 ans par Stephane31
Dans la question, si tu pars du fait que la solution est bien adaptée c'est déjà éliminer une grosse partie de la difficulté. Si ce travail-là est déjà fait, c'est la méthode d'accompagnement au changement qui va être importante, mais elle fait partie intégrante du processus de construction de la solution.

Après il y a plein de facteurs qui rentrent en compte, voici quelques remarques :
- Le climat dans l'entreprise est important. En découle la méthode de communication tout au long du processus. À mon avis il faut être le plus transparent possible. Mais plus la population est large et plus l'exercice sera couteux.
- Plus les solutions sont transverses, plus c'est difficile. Si tu bosses sur un ERP ce n’est pas pareil que sur le fax...
- Le choix des solutions est également important, une solution sur étagère, ce n’est pas le même projet qu'un spécifique.
- L'intégration dans l'existant est importante
- La maitrise et la garantie de la performance sont des éléments clés.
- Il faut intégrer dans ton projet la règle des 80/20 et anticiper la perte ou la non-réalisation de ton projet à 100%.
- il ne faut pas avoir peur de faire le deuil d'une partie de sa vision.
- Méfie-toi des promesses et des commerciaux, intègre dans ta démarche projet des marges pour gérer ton risque interne (temps/budget/image/etc).
- etc (je pourrais développer, sur le recueil du besoin, la maitrise du risque, et du temps, l'évolutivité, la fin de vie)

Bref la réussite d'un projet "numérique", c'est un peu la capacité à considérer tous ces points et de naviguer au mieux de la construction jusqu'à la fin de vie...
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il y a 2 ans par FredericLibaud
Bonjour,

60% des projets numérique (IT) dépassent les délais et budgets ! Ça c'est moi que le dit, par expérience...
Fort heureusement tous n'échouent pas mais, il y en a qui peuvent êtres retentissant, car ils sont repris dans les médias, comme le système de calcul des soldes des 3 armées française.

Il y à des tas de raisons pour qu'un projet échouent en vrac :

- Besoins mal ou non exprimés ;

- manque de moyens, ressources, ... ;

- Défaut de conseil du ou des prestataires, défaut de collaboration du bénéficiaire, manque d'implication des équipes techniques, fonctionnelles, ... ;

- Ambitions trop importantes ;

- Usages pas ou peu développés ;

- Formations des collaborateurs non prévues ;

- Qualités, tests... non réalisés ou tout du moins pas dans les règles de l'art ;

- Organisation du projet qui n'est pas dans les clous ;

- Politique interne et externe (management) non concordante ;

- etc.

En clair, beaucoup de choses peuvent faire échoués un projet numérique et donc de façon sous-jacente IT. Naturellement en fonction du dimensionnement de celui-ci et de la structure bénéficiaire on adapte.
Il existe des normes et méthodes mais, ne rêvons pas ce sont avant tout les hommes et femmes naturellement, impliquées sur le projet qui en feront ça réussite. Par expérience, les discordances dans le management, le manque de vision global et le manque de charisme sont des facteurs aggravant.

Un adage important sur le sujet "small is beautifull"... En clair il faut savoir commencer petit, car la modularisation est un facteur de réussite démontré !

Le numérique est une thématique transverse, l'implication de tous est nécessaire pour faire la réussite d'un projet.

Frédéric Libaud, Expert en Numérique
contact@libaudfrederic.fr | +33 9 72 11 63 63 (boite vocale) | Skype : frederic.libaud
www.libaudfrederic.fr | blog.libaudfrederic.fr
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