Selon vous, est-ce qu'il y a des points forts particulièrement marquants chez les dirigeant/e/s français/es, vs ceux/celles d'autres origines? Pourquoi ces points? (Je ne cherche donc pas une tempête de critique des Français, si possible ;) )

culture d'entreprise dirigeants management leadership
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6 réponses

il y a 4 ans par LionelBruel
Les dirigeants ? Ah. Cela dépend du paradigme (lecture du monde et réponses logistiques et humaines en rapport) avec lequel ils se sentent à l'aise. Le Cac 40 a ses piliers : énergie, agro-alimentaire et luxe. Il s'agit d'un modèle de masse, industriel, capable de faire baisser les coûts de production, tout en subissant les envolées de l'or noir. L'économie du numérique, elle, ré-invente le rapport collectif à la marque (communautés), ainsi que l'ultra-individualisation de l'expérience (satisfaction, addictivité, loyauté). Sur fond d'infrastructures nouvelles (clouds, puissance algorithmique, imprimantes 3D, applis...)

En ça Xavier Niel diffère à 100 % de Michel-Edouard Leclerc, des gars d'Areva ou de François Pinault.

Voilà pour les gros.

L'expérience montre, à côté, que la valeur et les emplois se trouvent plutôt du côté des structures de taille intermédiaire (PME-moyeux, en France comme en Allemagne). Voire du côté des très petits : l'écosystème artisanal ou numérique regorge de décideurs-créateurs.

Le dirigeant français ? Quelqu'un d'agile, qui a une jambe dans la sécurisation (ou les angoisses) que lui procurent l'Etat-providence. Et une autre dans la fidélité qu'il compte obtenir de ses clients. Il est modérément international, il aime la prise de décision au milieu de gens sûrs. Une étude du cabinet KPMG montre en 2012 que la PME familiale constitue une digue et un tremplin en période de crise (bit.ly/KPMG-EntreprisesFamilialesEtSucces). On peut y adjoindre la foule d'opérateurs du quotidien, précaires ou robustes, souples, pointus, petits et ultra-connectés. Ils raccourcissent en continu la chaîne de réponses aux besoins, fabriquant pour ça les chemins les plus naturels (centration-client) ou les plus contre-intuitifs du moment (innovation). Skiller, et sa logique volontariste, communautaire (au sens noble) et centrée-valeur, fait positivement partie de cet écosystème ;)

Les tiers-lieux, sociétaux et/ou hi-tech, sont un excellent baromètre de cette positivité et ce "be useful" à la française — cf. bit.ly/StartUpFood et tant d'autres.

Et puis, pour bien distinguer PME et start-ups, le simple, classique et fort clair Philippe Mercat : bit.ly/Merkapt-MemoStartUps.
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il y a 4 ans par CeciliaSkroder
Merci beaucoup Isabelle et Lionel!!! Très intéressant ce que vous dites.
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il y a 4 ans par CeciliaSkroder
Merci beaucoup Isabelle et Lionel!!! Très intéressant ce que vous dites.
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il y a 4 ans par IsabellePruvot
Je pense que nous vivons aujourd'hui en France une véritable crise de rupture avec les dirigeants et le management 1.0.
De fait, comme il y a souvent un côté un peu excessif chez nous, il y a vraisemblablement un rejet sémantique du mot "dirigeant" , perçu comme trop éloigné du leader visionnaire, fédérateur 2.0.
Tu auras sans doute plus de feedback à ta question en posant "quels sont les points forts des entrepreneurs ou des leaders français" ?
Et là encore j'ai du mal à répondre à cette question, comme si le monde des entrepreneurs ou du leadership dépassait les frontières et devenait une sorte de communauté universelle dans laquelle la nationalité perdait de son sens.
Ok je tourne autour du pot, la vérité vraie est qu'aujourd'hui je suis convaincue que les talents et les points forts, viennent d'en bas et non d'en haut : bottom-up power !!!
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il y a 4 ans par CeciliaSkroder
Merci Isabelle, je comprends ce que tu veux dire. Pourtant, même si tu parles de crise, bottom up, etc (ce qui est un débat très intéressant aussi), je cherche justement les points forts des gens au top des "codirs" français d'aujourd'hui, inclus dans des groupes traditionnels. Pour le vocabulaire, c'est possible que "dirigeant" n'est plus un mot hyper à la mode, mais je n'en connais pas d'autres vraiment. Donc, je relance la question! :)
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il y a 4 ans par IsabellePruvot
Alors je répondrais bonne maitrise émotionnelle et résistance au stress, sens politique aiguisé, engagement et implication, goût de l'exigence, pragmatisme et rationalité pour les dirigeants des groupes traditionnels.
Créativité, audace, imagination, quête d'émancipation et de liberté, pour les entrepreneurs et dirigeants de l'ère digitale.
Le premier groupe de qualités peut s'expliquer par notre héritage Cartésien, le second par une volonté de changement et par l'essor d'une nouvelle idéologie transhumaniste qui n'est que l'évolution en action du courant de pensée postmoderne (French Theory) .
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il y a 4 ans par oimoci
Toujours pas de réponse au bout de 6 heures... Ca en dit long ;)
Personnellement, je distinguerais créateurs d'entreprises et dirigeants, pour commencer... Et alors ma première pensée est qu'il existe plus de points communs entre 2 créateurs d'entreprises qu'entre 2 personnes de la même nationalité...
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il y a 4 ans par oimoci
Et bravo pour ton dernier post sur ton blog Cécilia ! Les pays Scandinaves ont beaucoup à nous apprendre en terme de démocratie !
herringandcrispbread.wordpress.com/2015/04/06/...
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il y a 4 ans par CeciliaSkroder
En effet- le créateur d'entreprise ne rentre pas en tant que créateur dans ma question ... Et merci pour la pub! :)
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il y a 4 ans par LionelBruel
Ce que dit @jeromedelon me plait bien. Le droit à l'erreur. Donc à la permission que nous donnent d'emblée — plutôt que sur pièces — nos milieux, familles, institutions d'accompagnement. Permission de vivre : marcher, tomber, cheminer, apprendre et jouir. Deuxième dynamique (intramotivation) : c'est la permissivité de soi à soi. Ce degré que l'on s'accorde de bienveillance, de curiosité exploratoire, de pardon-rebond, en clair... de grâce. La réussite aux audacieux. La réussite aux doux. L'on peut être exigeant (nécessité) en même temps que positif pour soi ;)
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il y a 4 ans par SylvainFerry
Dans ma carrière j'ai eu la chance d'avoir des encadrants français espagnol et anglais . Une des forces pour moi des leaders français est de savoir gérer les contradictions de nos sociétés et de notre pays a la fois libéral et protecteur. D'accepter plus facilement le débats et les avis contraires dans son équipe et savoir en faire la synthèse
De prendre plus de risque a la limite parfois de l'inconscience !
En moins difficulté parfois a décider , de confondre vitesse et précipitation
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il y a 4 ans par jeromedelon
pour moi le point fort des entreprise française ça serais l'audace de tenter quoiqu'il en coûte.
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il y a 4 ans par CeciliaSkroder
Merci! Donc essayer même si on risque la faillite?
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il y a 4 ans par jeromedelon
je crois que c'est de nos chutes que nous apprenons .
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