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il y a 4 ans par oimoci
Un cahier des charges pour libérer une entreprise, et pourquoi pas une liste de process ?

Le mouvement de l'entreprise libérée n'existe pas, en tout cas pas encore !

Tout au plus, depuis quelques mois et en lien avec une étonnante médiatisation, certaines entreprises de tailles petites ou moyennes, voire quelques filiales de grands groupes semblent emprunter un chemin sur lequel le management classique basé sur le command & control est partiellement remis en cause.

Je ne vais pas cracher dans la soupe, j'ai largemment participé à la médiatisation de Poult sous l'angle de l'innovation manageriale.

Ce qui m'étonne le plus c'est l'appétence des media sur le sujet. Encore cette semaine, @IsaacGetz était l'invité de Bruno Duvic sur France Inter ( www.franceinter.fr/emission-un-jour-en-france-l... ).

Ce qui m'inquiète le plus, c'est la marchandisation d'un concept qui n'en est pas un ! Par simplification (ce qui permet la commercialisation), ont été réunies sous une curieuse étiquette des expérimentations très diverses.

Commençons par cette étiquette "libérées", reprise à toutes les sauces. Pendant son université d'été, le Medef voulait libérer le travail (et les contrats CDD / CDI), les hommes politiques souhaitent libérer l'économie, et d'autres libérer les travailleurs ! Ca commence à ressemble à de la soupe ! C'est très récent et pour le coup Isaac est précurseur sur le sujet.

Ne nous étonnons pas alors si on retrouve sous ce label des démarches iconoclastes plus ou moins vertueuses et sincères.

Du bon côté de la force, je voudrais mettre en lumière @CarlosVerkaeren et @Duc pour la pensée "Politique" avec un "p majuscule" qui sous-tend leur démarche de démocratisation de leur entreprise.

Ils ne parlent pas de "bonheur au travail" ni de "méthodes ou organisations types", ils parlent de leur entreprise comme d'une société humaine, focalisés sur les relations sociales internes et avec leur écosystème. Ils vous disent aussi combien leur démarche est longue et toujours in progress.

Aussi, plutôt qu'en beau cahier des charges, je pense que ton client devrait s'offrir des témoignages de ceux qui ont pensé et vécu ces rares transformations, longues et compliquées, afin d'éviter l'effet "apprenti sorcier" qui pourrait créer beaucoup de souffrance chez certains salariés.

A ta dispo pour échanger sur le sujet :)
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il y a 4 ans par ClaireBouteyre
En phase avec toi et je pense qu'il est de notre "devoir" de consultant de ne pas relayer à tout va et sans discernement ce type de médiatisation, au simple motif qu'il rejoint nos valeurs humaines...particulièrement sensible de mon côté dans ton post à la conclusion sur "l'effet apprenti sorcier qui pourrait crée beaucoup de souffrance chez certains salariés."...Chaque entreprise est à mon sens un écosystème aux équilibres sensibles que toute démarche d'accompagnement se doit de cerner au plus près, sans figure imposée, pour accompagner la progression avec le plus d'intelligence et d'efficacité possible. L'expert c'est bien le client, notre job n'est pas de penser son entreprise à sa place, simplement de confronter les zones d'ombre de son projet...autrement dit et pour reprendre une approche "paradoxale" commençons par résister à la demande du client !! la collaboration n'en sera que plus efficace !
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il y a 4 ans par ThierryBRICK
Bonjour Claire, vous revoilà !! Merci pour ce commentaire, mais pas de panique, l'institution qui demande à être aidée par des consultants sur ce thème, cela ne peut être que bénéfique. Cela ne vient pas en contradiction avec la démarche ou une quelconque déontologie. C'est un premier pas pour eux, ils aviseront du chemin à parcourir en fonction des conseils qu'ils recevront et des actions qu'ils voudront bien initier. Pour le moment, je m'interroge de savoir si un consultant veut bien avec moi répondre à cette demande.
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il y a 4 ans par Hervemary
Hello,
j'ai lu avec attention toutes vos réponses et commentaires. Sur le fond, c'est très intéressant.

Mais, je suis un peu mal à l'aise sur la forme. Moi aussi, je pense qu'un AO n'est pas un bon départ. Mais bon, c'est un client. Thierry doit composer avec cela; il s'adresse à la communauté Skiller pour de simples contacts et se retrouve bombardé de remarques, certes toutes cohérentes et valables. Mais à l'origine de cette question, Thierry n'avait peut être pas pour idée de se retrouver au milieu d'un tel débat.

Et moi en lisant, tout ceci, je n'ai pas trop envie de donner un contact à Thierry, car j'aurai l'impression de faire une grosse bêtise !

Pour éviter cela, il serait peut-être bénéfique de départir les questions fermées, qui sont très business comme celle ci, et qui réclament une réponse très directe, fermée, sans commentaire sur la méthode. A l'opposé des questions plus larges et ouvertes qui peuvent laisser court à notre fine et débordante analyse :-)
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il y a 4 ans par gmaison
Le concept d'entreprise libérée - et pour être précis le concept que j'envisage moi pour définir l'entreprise libérée - n'est ni une nouvelle méthode managériale, ni une nouvelle méthode pour augmenter la performance économique et financière d'une entreprise. Cela ne correspond pas non plus à ce que l'on peut lire ici ou là, c'est à dire au pire le chaos et au mieux une forme de stigmergie.

Libérer une entreprise relève, en moteur premier, du souhait d'un chef d'entreprise de considérer son entreprise *avant toute chose* comme une "société humaine" et non plus comme des procédures, silos et flux d'informations (comme le dit @oimoci) . Cela change beaucoup de chose dans la finalité comme dans l'organisation d'une entreprise. Les éléments les plus "visuels" et marketing de la libération, mentionnés dans l'article cité dans la question de @Jean_Philippe_RYO (skiller.fr/question/11294), à savoir l'auto-organisation des salariés, la disparition du management, sont certaines conséquences - et non des objectifs ou des finalités - de certaines libérations.

Dans une vision assez utopique, peut importe ce qu'une entreprise fait, du moment que la "société", dans ses individualités *comme son collectif, y trouve son épanouissement et son équilibre. Une telle entreprise pourra un jour fabriquer des clous et quelques années après fabriquer des tubes ou encore devenir une entreprise de serrurerie. Alors le rôle de chef d'entreprise évolue également. C'est à la fois celui qui exprime une vision, la finalité de l'entreprise, moins pour dire "c'est par là", que pour dire "on ne ne va pas par là". Il est là également pour soutenir chacun(e). ou pas... Et le management et ses méthodes est quelque chose de choisi et non plus d'imposé ou subi, choisi par cette "société humaine".

Pour le chef d'entreprise qui rentre dans cette démarche, c'est du lâcher-prise, du laisser-faire sans le laisser-aller qui lui mène au chaos.
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il y a 4 ans par Duc
Je parle parfois d'organisations dont on a "remplacé les liens d'autorités par des relations d'influence." On y voit à la fois la libération (de l'autorité), ainsi que la limite évidente (un influence trop forte confine à une forme d'autorité malsaine -les sectes).

Mais je plussoie Guillaume sur le fait que ce qui compte c'est de faire des organisations qui 1. ont du sens (Purpose, Meaning, Raison d'être, Why, Rêve partagé, appelez-ça comme vous voulez) et 2. dont les membres n'ont pas à jouer la comédie toute le journée (Wholeness, être soi, etc.).

La disparition des liens d'autorités n'est qu'une conséquence. Médiatique, spectaculaire, impertinente, fascinante, dangereuse, risquée, peut-être, mais une conséquence. Celui qui essaie de brûler les étapes en supprimant sa hiérarchie sans avoir adressé 1. et 2. se retrouvera à apprendre à faire du vélo en regardant le pédalier...
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il y a 4 ans par gmaison
Dans mon entreprise, j'essaie d'installer de relations de compétences entre tous. Mais aussi à chacun de développer leurs propres compétences (le soutien du chef d'entreprise dont je parle plus haut). Il se trouve que pour moi, le chef d'entreprise a cette compétence de regarder la "ligne de flottaison financière de l'entreprise". Après... c'est un choix. J'ai des techniciens informatiques car ma boîte fait du support informatique. L'un deux a envie de se lancer dans le développement logiciel. Même si ce n'est pas "le coeur de métier" de mon entreprise, je le laisse faire ses premières armes - avec moi en soutien pour lui expliquer certains concepts de programmation - et lui paierai une formation adéquate s'il en fait la demande. Quant à moi, qui voit le marché d'un autre oeil que lui, je vais trouver un moyen d'exploiter cette compétence en devenir (ça tombe bien, j'ai pas mal d'idée). Mais par exemple, la conciliation entre ses désirs et la finalité de l'entreprise peut être de lui faire développer un outil ad-hoc qui nous permettrait de sous-traiter la fonction support/hotline à des confrères (que nous ne faisons pas aujourd'hui).
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il y a 4 ans par oimoci
Thierry, cahier des charges et entreprises libérées... C'est curieux !
Tu nous en dis plus ?
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il y a 4 ans par ThierryBRICK
Ce n'est pas curieux mais pragmatique. Une entreprise voudrait être accompagnée dans sa démarche et a besoin d'un conseil à la fois expérimenté sur le sujet et répondant à leurs critères. Ils ont donc fait un C.C. Mais tu as raison sur le fond, cela peut choquer sur ce thème de commencer par cadrer...Je ne peux pas en dire beaucoup plus pour le moment.
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il y a 4 ans par FrancoisGEUZE
Merci Jérôme (oimoci) pour ce commentaire (zut, on ne peu placer qu'un seul coeur chacun sur ton commentaire). Permets moi de le compléter, même si il est en partie quasiment impossible à réaliser, A t'on plus à apprendre de ses succès ou de ses échecs ? Pour comprendre l'effet "Apprenti Sorcier" (que j'appelle également rat de laboratoire) il serait également très important de comprendre les raisons de l'échec de nombre d'entreprises qui ont pensé se libérer (sauf que généralement elles ne veulent pas témoigner ou alors nous disent qu'elles sont en voie de libération - encore une dérive de ce que tu appelle l'étiquette libérée à toutes les sauces)... Ensuite, loin de moi la volonté de dissuader cette organisation de rentrer dans cette démarche, mais s'est-elle véritablement interrogée sur ses motivations, sur l'état du corps social, de la ligne managériale, etc...

Car il y a de petites (de grandes) différences entre les verbes "vouloir" et "pouvoir" entre "causes" et "symptômes"...

Ceci évoque en moi un petit ouvrage que je ne saurais que trop vous recommander, d'un jeune et brillant sociologue, Denis MONNEUSE : Le silence des cadres, il y a beaucoup d'enseignements à tirer de la lecture de cet ouvrage loin de l'aridité (j'ai le droit de dire chiant ?, mais intéressant) des études que nous produisons régulièrement dans un cadre académique...
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il y a 4 ans par ThierryBRICK
Encore merci François pour ces remarques et cette posture distante et académique ! Nous avons à faire à une mode, c'est incontestable. Nous ne pouvons pas empêcher les entreprises ou institutions de s'emparer de ce sujet et de tenter l'expérience. J'ai un peu peur que nous ayons, vous le dites bien, un retour de bâton nommé principe de réalité. Mais comme les risques psychosociaux qui ont glissé vers le bien être au travail, nous verrons ce que deviendra cette tendance. Il me semble que certains ballons se dégonflent vite, car l'injonction au bonheur ou à la liberté peut nous faire sourire et être dangereuse ou perverse pour le corpus professionnel. En tout cas, je ne blâme pas une structure qui fait un appel d'offre sur le sujet et pose un cahier des charges. Ils nous (ceux qui sont les sujets supposé savoir) demandent de les aider dans la réflexion.
Nous pouvons entre Skillermen ergoter sur le thème, c'est un des rôles de ce site, mais je suis attentif à ne pas me tromper de cible et encore moins de rester dans l'analyse sans agir. Et répondre non, il ne faut pas, c'est agir. Allez, je vais finir mon dimanche sur un plat cuisiné que personne n'a encore fait, rouelle de jambon aux petits oignons avec patates douces. je vous en reparlerai.
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il y a 4 ans par olivierChaillot
la xyloglossie* est-elle encore une fois entrain de frapper ? c'est en vidant les mots de leur sens qu'il devient facile de manipuler, de vendre des solutions sans résultats, de masquer son ignorance, ... bref, de faire n'importe quoi.
Mode lancée par le monde politique, elle se répand dans le monde de l'entreprise où l'on voit les coachs fleurir comme les fleurs dans un champ (non traité) au printemps ... ou comme les solutions agiles appliquées à tout et n'importe quoi ... ou comme l'intelligence qui devient économique avant de s'immiscer dans les city, les réseaux, le grids, ... qui deviennent à leur tour intelligents (peut être pour persuader le citoyen qu'il ne doit surtout pas réfléchir "on" le fait pour lui ? ... mais je vous laisse compléter la liste des exemples ...

Ahh, au fait, j'oubliais, Thierry, je veux bien regarder avec toi la demande de l'institution ... il ne serait pas étonnant qu'une réflexion prospective pour comprendre les mutations en cours et/ou la formalisation d'une stratégie intégrant une démarche par scénarii pourrait constituer une partie de la réponse à la question ... je suis donc (dans une certaine mesure bien sûr) spécialiste en libération d’entreprises !

Xyloglossie = de xylo (bois) et glossie (langue) = cette fameuse langue de bois !
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il y a 3 ans par FredericDuffau
Bonjour Thierry, Je suis coach Agile et travaille sur la libération des énergies. J'accompagne des organisations dans la mutation de leurs fonctionnements interne et externes. J'ai récemment rencontré Issa Getz , Alexandre Gérard et Jean-François Zobritz : les rencontrer et les écouter à proximer m'a permis de confirmer l'approche et les intentions des démarches que j'utilise au quotidien. Il y a une confusion de terme et confusion d'intension : il y a du moins une démarche commune de libération ou libéralisation.
S'il n'est pas trop tard ou si vous en voyiez l'intérêt, je me ferai un plaisir de vous rencontrer sur Toulouse pour discuter et partager nos idées.
Cordialement
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il y a 3 ans par ThierryBRICK
Bonsoir Frederic. En effet, le train est passé. C'est bien trop tard. Mais avec plaisir pour échanger sur le sujet. Me recontacter en janvier .
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il y a 4 ans par Duc
Coucou, attiré par la mention de @oimoci, me voilà ! J'abonde et je souscris complètement à son propos, par ailleurs. Je vous invite sur LinkedIn.
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il y a 4 ans par Julien
A Prometil, nous nous sommes rendus comptes que nous n'arrivions pas à nous mettre en oeuvre vers l'émancipation du salarié par nous même. Du coup, nous avons fait appel à des coachs externes (plus que des consultants). Ils nous accompagnent plus sur la capacité à communiquer entre nous et à synthétiser notre démarche (objectifs, valeurs, etc...) que sur un modèle à atteindre.

Je trouve leurs interventions très intéressantes, ils s'appellent Eric Vejdovsky et Patrice Fornalik, je serai ravi de vous mettre en contact.
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il y a 2 ans par PatriceFornalik

En même temps on part toujours de là où on est et pas de la où l'on voudrait être :

www.ekilium.fr/blog-coaching/entreprises-liber...

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