Lors d'un récent entretien, mon jury a découvert que j'étais à temps partiel 80%, et que cette situation me plait beaucoup car me permet un meilleur equilibre vie/travail (mais je suis prêt à reprendre à 100%, bien sûr).

Pendant le jury, la reflexion a été de me dire que la boîte cherchait des gens impliqué à 100% dans leur poste. J'ai donc répondu que mon temps de présence n'avait rien à voir avec mon taux d'implication ou de travail, et que je suis prêt à reprendre à 100% de toutes façons.

Poste refusé, motif, la direction ne souhaite pas ouvrir le poste à temps partiel, ni tout de suite, ni plus tard......euh, je vous ai dit avoir dit être prêt à reprendre à 100%. Bref, il apparait que être à 80% m'a fait passer pour un tire au flanc, actuel et futur, ou quelque chose comme ça.

J'ai hâte de lire vos réflexions la dessus et je pose la question : est-ce que, pour vous, comme pour ce groupe, travaillé à temps partiel est synonyme de non-implication ou non-engagement dans son travail ?

merci.

implication recrutement temps partiel
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8 réponses

il y a 5 ans par SylvieClergerie

Je suis désolée d'entendre encore ça, mais c'est un problème rencontré par de nombreuses femmes cadre depuis bien longtemps.... malheureusement.

Personnellement, je pense plutôt que pour rester motivé et être performant, il faut être bien dans sa vie et avoir réussi à trouver un bon équilibre entre vie privé et travail.

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il y a 5 ans par LudovicLhuissier

J'ai déjà eu l'occasion d'entendre l'hypothèse "plus de présence = plus de travail"... Et ça me hérisse le poil !

Comme toi, je pense que l'implication et la performance ne se mesurent pas au nombre d'heures mais qu'il faut plutôt chercher du côté de la motivation pour susciter "mieux" de travail.

Il me semble néanmoins que cette hypothèse est plus répandue dans les anciennes générations que dans les nouvelles mais c'est une opinion tout à fait subjective et non fondée.

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il y a 5 ans par EtienneZulauf

Désolé de lire ça. Ce genre d'entreprise va avoir beaucoup de mal à maintenir une équipe compétente et motivée avec ce genre de pensée archaïque, surtout si c'est en informatique ! Il faut viser de plus petites structures pour une meilleure intelligence de collaboration.

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il y a 5 ans par VanessaLyon

Le souci est que le recrutement est quelque chose de très subjectif. Peu importe ce que le candidat dira, si le ou les recruteur(s) en face pense(nt) avoir raison, tous les arguments les plus factuels ne changeront pas la donne. Je pense malheureusement qu'il faudrait "faire croire" que c'était un temps partiel subi car beaucoup le sont malgré eux.

Le sous-entendu selon lequel plus on reste au travail, plus on est performant est aussi faux. Combien de fois j'ai pu constater l'inverse avec des collègues perdants au moins une heure par jour à la machine à café et tout autant à se plaindre de la surcharge de travail. Il est intéressant de constater que cette mentalité bien française de plus je reste tard au travail, plus je bosse est perçue différemment au Royaume-Uni pour qui finir tard signifie un manque d'efficacité durant la journée.

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il y a 5 ans par martin

Effectivement, comment savoir si cet argument concernant le 80% n'est pas un pretexte cachant d'autres raisons encore moins avouables? Je me range franchement du côté des gens qui pensent qu'il n'y a aucun lien "négatif" entre temps et performance, et qu'à l'inverse, une corrélation productivité positive lorsque l'employé arrive à bien gérer l'équilibre vie privée/vie professionelle.

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il y a 5 ans par VincentDuermael

Bonjour,

Souvent, des collaborateurs en temps partiel font en 4 jours le même travail que leurs collègues en 5. Le temps disponible est plus court, mais l'art naît de contraintes, c'est bien connu.  

Seul bémol : s'il faut gérer des déplacements sur plusieurs jours consécutifs, le temps partiel réduit effectivement le champ des possibles. Mais c'est un cas marginal, la question posée porte avant tout sur l'état d'esprit, et je suis d'accord pour dire que cette attitude est regrettable et non fondée.

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il y a 5 ans par IsabellePruvot

Hélas, nous sommes encore dans une culture marquée par le présentéisme, même s'il est "scientifiquement" prouvé que cette pratique nuit à l'efficacité et à la performance des salariés. Peut-être serait-il judicieux de transmettre à ce jury les dernières statistiques sur le sujet ou sur le désengagement massif des salariés (à temps plein évidemment) ? 

L'alternative serait de leur demander à eux de te démontrer dans quelle mesure le temps partiel est synonyme d'un moindre engagement ? 

Encore un long chemin à parcourir qui n'incite pas les indépendants à retrouver un CDI :)

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il y a 5 ans par AlainPASQUIER

Je profite de cette réponse pour dire merci à toutes les autres.

Justement je cherche des études ou des lectures sur le sujet : temps de travail - efficacité, présence vs implication, ou étude qui montre que le temps partiel ne nuit pas à la productivité, ce genre de chose, sans relancer de débat sur les 35h non plus. Si vous avez des liens ou des références, ce serait sympa.

Merci à tous

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il y a 5 ans par IsabellePruvot

Alain,

Tu trouveras ci-dessous quelques éléments de lecture. L'étude de l'Apec est particulièrement intéressante et s'intitule "entre distance et proximité", de quoi apporter de l'eau à ton moulin ;)

 tnova.fr/etudes/bien-etre-et-efficacite-pour-un... 

www2.warwick.ac.uk/fac/soc/economics/staff/epro...

pistes.revues.org/

jd.apec.fr/files/live/mounts/media/medias_deli...

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il y a 5 ans par AlainPASQUIER

merci

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il y a 5 ans par ClementCAHUZAC

Je suis tout à fait d'accord avec cette remarque et j'ajouterais qu'il serait temps que les mentalités évoluent, ce qui se fera naturellement en 15 ou 20 ans, le temps que la génération suivante arrive aux postes à responsabilité. Le problème, à mon avis, vient du fait que la société évolue plus vite que ne le font les entreprises. Celles-ci n'ont pas encore intégré le fait que de nouveaux types emplois arrivent en masse sur le marché du travail notamment auto-entrepreneur qui préfèrent la valorisation de la qualité du travail plutôt que la quantité d'heures effectives.

Ce qui est triste dans cette situation, c'est l'impact que cela peut avoir sur l'individu. Mon exemple personnel en témoigne : lors d'une expérience en agence, il m'arrivait parfois de finaliser une tâche plus rapidement que prévu. La qualité était au rendez-vous, mes supérieurs satisfaits, etc. Mais le fait d'y avoir consacré 3 heures au lieu des 5 annoncées laisse toujours un sentiment d'inachevé. On a beau avoir rendu un bon travail, la culpabilité de ne pas avoir "fait ses heures" peut ronger le moral.

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il y a 5 ans par LudovicTant

Aie, aie, aie.

Les clichés ont la vie dure. Je suis passé à 85% il y a un an. En expliquant que je continuais à être investi/impliqué à 150% dans la boite, comme c'est le cas depuis 15 ans, mais cela a mis du temps à rentrer dans la tête de mon entourage professionnel. Tous n'en sont toujours pas convaincu.

A ce que je sache, quand l'horaire officiel hebdomadaire est passé de 39h à 35h, on n'a pas assisté à un franc et massif désengagement des salariés, non ? Alors pas de raison qu'un passage à temps partiel soit différent...

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il y a 4 ans par usercentric

C'est typiquement le genre de réaction d'organisations (et d'organisateurs) qui n'ont rien compris aux nouveaux paradygmes.

Il est évident que votre proposition était très profitable à votre employeur.

Pour ma part, j'ai alterné plusieurs périodes chez mon principal employeurs où j'étais à temps partiel et il avait tout à gagner en ouverture, en accroissement d'opportunités car cela permet d'établir des connexions avec d'autres écosystèmes, etc...

Ils gagneraient à venir se faire coacher au Transformateur (en ayant un projet bien sûr...) : www.letransformateur.fr/

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