Je partage ici le texte de mon intervention sur le Forum Changer d'Ere à la Cité des Sciences mercredi dernier, afin de récolter vos avis sur l'évolution du monde du travail vers plus de collaboratif, et sur Skiller !
Encore merci à ceux qui étaient présents :)


Quel plaisir d’être là parmi vous aujourd’hui… J’ai même entendu dire qu’il y avait Joël de Rosnay…! Ca tombe bien, j’ai une invitation pour lui… Pour vous aussi d’ailleurs !

Il y a quelques mois, j’étais bien au chaud dans cette belle entreprise désormais célèbre, non pas pour ses produits, mais pour son modèle de management… Poult !
Une entreprise sans comité de direction, sans silos fonctionnels, sans titre ni prime, dans laquelle les décisions stratégiques sont prises par des collectifs représentatifs et tournants … qui est devenue le modèle de management en France ! Quel beau pays !

On en parle dans tous les dîners : si tu ne veux pas être UBERisé, tu dois être Poultisé ! Il faut libérer ton entreprise !!! Moi, je vous dis attention !!!

A force de libérer Poult, j’ai fini par me libérer moi-même !!!
Et hop, direct chez Pôle Emploi, le plus gros fond d’investissement français pour les startups !

Je peux désormais pousser l’expérience à son paroxysme, à la libération totale de l’entreprise, la reconnaissance absolue de l’individu, l’organisation la plus transparente, l’information la mieux partagée, … car je suis seul !

Je suis un start-upper ! J’ai donc rejoint la plus grande et plus libérée des entreprises françaises, le monde des entrepreneurs indépendants ! Je suis libéré au carré !

Selon le bureau américain du travail, un tiers des travailleurs du secteur marchand serait déjà free-lance part-time !
En France, la moitié des jeunes diplômés veut créer sa propre entreprise. Autant dire que ma nouvelle grande entreprise est aussi celle qui recrute le plus actuellement… Et que ça laisse peu d’employés potentiels !

Pourtant, les entreprises qui nous font rêver s’appellent Google, Apple, Facebook, Amazon, et probablement Tesla !

Les mots pour les qualifier sont « globales », « numériques », « agiles », « innovantes »,… j’ajouterais « conquérantes » et « enthousiasmantes ».

Leur priorité, c’est la vélocité et pour aller plus vite, elles ont un secret : elles engagent leur écosystème !

Apple fait travailler des milliers et des milliers d’individus et d’entreprises, chaque jour, gratuitement, pour alimenter ses stores ; Facebook et Google se nourrissent du contenu créé par la foule, Amazon de milliers de vendeurs indépendants, et Tesla ouvre ses brevets dans l’espoir que d’autres s’en emparent pour les améliorer !

Ces entreprises seraient entrées dans l’économie du savoir !

Elles attirent les meilleurs talents et proposent des produits d’une qualité exceptionnelle à leur écosystème, souvent gratuitement !

On parle de Talent Management… Mais dans les faits, elles font du
skills-management !

Elles gèrent un écosystème de compétences dont elles repoussent sans cesse les limites !

Ces entreprises sont entrées dans l’économie des compétences !

Poult nous fait rêver pour son modèle de management… Mais sa plus grande force réside dans sa capacité à s’inscrire efficacement au coeur d’un écosystème et à collaborer avec des start-ups et des entreprises milliardaires, des universitaires renommés et des artistes inconnus, des fab-labs et des fonds d’investissements, des philosophes et des managers d’Airbus…

Pour cela, une seule recette : considérer l’entreprise comme une communauté…
Comme la communauté la plus engagée autour de la mission de l’entreprise, et oublier très vite la division verticale et surtout horizontale du travail chère à Taylor !

Alors, vous n’avez plus de salariés, mais une communauté, le coeur de votre écosystème, qui utilise vos solutions technologiques et les améliore, sur la base de valeurs fortes et d’une mission ambitieuse.

Et une communauté, ça s’écoute, ça s’entretient, ça a besoin de sens, de bienveillance… Ca pourrait bien changer notre vision du management !

Dans une communauté, on est reconnu pour ce qu’on fait, rarement pour ce qu’on a fait par le passé ! Dans une communauté, on donne avant de recevoir, on
fait confiance à priori ! Dans une communauté, pas de service ni de
département mais des projets et de la transparence…

Il va falloir revisiter les paradigmes de l’organisation scientifique du
travail…

Dans une communauté, c’est le leadership qui compte et il se mesure à son influence, à sa capacité à partager sa vision, ses convictions, ses
compétences !!!

Alors, aux oubliettes les plans stratégiques à 10 ou 15 ans ! Désormais c’est la communauté qui nous guide jour après jour ! Adieux les process, place à l’UX, l’expérience des utilisateurs ! Bye bye le reporting, place au big-data pour tenter de comprendre les usages et les besoins.

Le plus remarquable est sûrement que cela implique le décloisonnement et la décentralisation de nos organisations car les usagers réclament des réponses pertinentes et surtout immédiates qui nécessitent presque toujours la collaboration de plusieurs acteurs très éloignés dans nos écosystèmes de plus en plus complexes.

Cela vous semble impossible, lointain, improbable, pourtant les GAFA démontrent chaque jour que c’est un avantage compétitif incomparable.

Et en plus, ça marche !!! L’homo-collaboratus vit toujours au fond de nous !

Offrez à votre communauté de la reconnaissance, de la justice, de l’équité, le droit à l’erreur…
Créez les conditions de la confiance, partagez des projets ambitieux, favorisez les initiatives, la prise de risque, la transversalité, l’apprentissage par l‘expérimentation et vous donnerez un sens, du sens, à votre communauté, à votre organisation.

Je dois vous faire un aveux… Je me suis libéré de Poult pour libérer des compétences !!!

Ca s’appelle Skiller et c’est le premier réseau social, gratuit et
collaboratif, de partage de compétences professionnelles.
Nous sommes déjà un petit millier de pros à démontrer chaque jour que le collaboratif a sa place dans le monde du travail et que nous sommes entrés dans l’économie des compétences !

Dans le monde des start-uppers, on dirait ça autrement, alors je vous fais le pitch !

Skiller, c’est le UBER des compétences, le AirB&B des talents, on a même invité Axelle Lemaire et on attend très bientôt Joël de Rosnay ! On y parle beaucoup d’entreprises libérées, on y partage nos compétences pros dans la bienveillance.

Alors, donnez le meilleur, prenez de la valeur, soyez Skiller !

écosystème management skiller économie du savoir communautés
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11 réponses

il y a 3 ans par Jean_Philippe_RYO
J'adhère ! Fond et forme de cet écrit sont très bien. J'y retrouve les valeurs que j'essaie humblement de développer et de défendre. Ce sont ces valeurs de partage et de confiance qui génèrent le plaisir que je trouve dans mon activité. Et même si l'entreprise n'est pas libérée, il y a déjà tellement de choses positives à prendre dans ce que tu écris ! J'aime la philosophie des petits pas : je suis convaincu qu'à force d'expliquer, de titiller, de valoriser le sens, de partager... On parvient à faire bouger les lignes.
Je ressens cette envie dans ton texte Jérôme, rien qu'en le lisant :)
+1 également pour moi !
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il y a 3 ans par ACTIBIZZ
Si ma mémoire est juste, entendu aussi dans ton avant-pitch au forum changer d'ère :

"Ca s’appelle Skiller et c’est le premier réseau social, gratuit et
collaboratif, je le porte sur mon COEUR..." (la main à gauche sur le logo Skiller de ton tee shirt)

Oui à l'économie des compétences, de la connaissance (www.fondapol.org/debats/le-monde-la-connaissanc...), de la bienveillance (sans oublier aussi l'économie de la débrouillardise...)

Soyons #Skiller !
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il y a 3 ans par DidierdeThoisy
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il y a 3 ans par MyriamDelesalle
Très belle présentation du reste :):) Assurément nous sommes entrés dans l'économie des compétences et plus précisément dans la mutualisation des compétences. Casser les silos, capitaliser sur les savoirs des uns et des autres, construire et collaborer ensemble pour aller plus loin...
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il y a 3 ans par gmaison
Nous partageons les mêmes valeurs, @oimoci. Je ne puis que te suivre sur cette voie, avec plaisir et envie :)
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il y a 3 ans par AurelienClauzel
J'aime beaucoup également, très bon discours. Que de belles choses à venir !!!
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il y a 3 ans par MickaelGUERIN
Il ne manque qu une chose , la vidéo... Car ton magnifique mouvement retourné pour préparer le pitch de fin était absolument grandiose...
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il y a 3 ans par oimoci
C'est pas gentil de se moquer ;) La vidéo est en ligne... mais dans un moment d'1h10...! On va tenter de la "capturer" !
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il y a 3 ans par MickaelGUERIN
Jérôme, il n'y avait pas de moquerie, c'était super bien, et inattendu... Et justement à contrepied des purs startupers...
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il y a 3 ans par CoryneNicq
hello vous tous :) Il y a un socle de compétences du 21 ème siècle qui a été publié et sur lequel je me suis basée pour écrire le dossier de presse du 18ème et 19 ème Mondial des Métiers :) "Tou.te.s les professionnel.le.s, quel que soit le métier concerné, vivent une évolution majeure des métiers, liée à l’usage du numérique, qui vient bouleverser toutes les réalités vécues jusqu’à présent. L’impact de la révolution numérique nécessite de développer de nouvelles compétences pour favoriser la mobilité et l’employabilité. Pour aller plus loin à propos des compétences du 21 ème siècle bit.ly/SocleCompetences. "
Je vous invite à venir au 20ème, :)
d'ailleurs à ce propos, je vais avoir besoin de vous tous :)
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il y a 3 ans par ClaireBouteyre
merci Coryne le lien ne fonctionne pas pour moi, vous pouvez confirmer l'adresse ? merci
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il y a 3 ans par CoryneNicq
désolée Claire ils ont du bouger la rubrique dans le site mais voici le lien retrouvé www.oce.uqam.ca/article/les-competences-qui-fon...
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il y a 3 ans par oimoci
Merci Coryne, c'est très intéressant ! Collaboration, communication, TIC, ... vous êtes bien sur Skiller ;)
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il y a 3 ans par DidierdeThoisy
Par rapport à ça "Apple fait travailler des milliers et des milliers d’individus et d’entreprises, chaque jour, gratuitement, pour alimenter ses stores " quelle est ta position par rapport à la notion de Digital labor, la question de la rémunération des internautes ?

Un post qui résume bien les questionnements autour de cette notion internetactu.blog.lemonde.fr/2014/12/20/digital...
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il y a 3 ans par oimoci
Didier, j'ai bien l'impression que, comme d'habitude, ce monde est coupé en deux ! D'un côté les mastodontes de l'internet et de l'autre, des millions d'initiatives locales disruptives (dont certaines ont des visées mondiales)... Les mastodontes, comme toujours commencent par le bas et la masse, les initiatives disruptives par le haut et une forme d'élite !..

Le sujet des Digital Labor est passionnant car il repose la question de la définition du travail ! Est-ce que je bosse quand je like ? Très bonne question comme on dit par ici ;)

Pour moi la question est toujours la même : que fait-on de cette valeur collective ? Est-elle au service de ceux qui la créent ou de quelques-uns seulement ?

Il me tarde vraiment que nous soyons assez nombreux et assez actifs pour aller expliquer aux entreprises et aux organisations publiques que vos profils Skiller sont la démonstration de vos compétences !............
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il y a 3 ans par ClaireBouteyre
pour mettre de l'eau au moulin de l'économie des compétences, un article posté sur LK par Tim Brown, CEO d'Ideo qui annonce le lancement d'IDEO U, et brosse un panorama rapide des différentes possibilités pour développer ses compétences dans une logique d'apprentissage constant.
www.linkedin.com/pulse/how-inspire-creativity-...
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il y a 3 ans par oimoci
Merci Claire :) #SoSkiller :)
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il y a 2 ans par olivierChaillot
c'est aguichant ... mais il faudra bien poser la question qui tue à un moment : quelle société cela préfigure t il ? la réponse ne pouvant être que collective et descriptive d'une société post moderne ... ou d'une nouvelle civilisation ? c'est là que l'intelligence et la compétence doivent se mobiliser, se cristalliser !

Le challenge est toujours devant, les termes en sont connus, la complexité est à la hauteur des enjeux et des intelligences volontaires réunies ou encore éparse ? Alors, s'interroger sur comment les réunir est une œuvre de salut public ... Encore faut il en accepter la complexité et accepter de remettre en cause ses certitudes ...

Alors je me lance : la question est-elle autour de la découverte d'un modèle économique nouveau (solution individuelle) ou de nouvelles règles de répartition des richesses (solution collective) ? La question est-elle de protéger les solutions mises au point à son simple profit (solution individuelle) ou de définir ce qui relève des communs pour les protéger (solution collective) ? La question est-elle de protéger ses acquis contre des pauvres, venus d'ailleurs, qui en voudraient un tout petit bout pour survivre (solution individuelle) quitte à ériger des murs autour de nous ou à trouver comment peut on vivre tous ensemble (solution collective) ?

Les questions sont nombreuses et je vous laisse poursuivre l'inventaire ...

Mais ces questions ne pourront trouver de réponse si nous refusons de regarder les contraintes qui vont nous impacter, que nous poursuivions la route à l'identique ou que nous inventions un autre monde :

Contrainte démographique d'abord, qui fait porter une pression insoutenable à notre petite planète bleue dont le réchauffement climatique n'est que la partie visible et médiatisée du problème ...

Contrainte financière ensuite qui, parce que nous avons abandonné notre prérogative collective à créer la monnaie au profit de quelques intérêts très privés, alloue les ressources aujourd'hui à partir de critères de rentabilité pour les rentiers plutôt qu'en fonction de l'intérêt général ...

Contrainte agricole encore pour laquelle nous avons fait des choix de mode de production qui sont entrain d’appauvrir les terres cultivables et de détruire les forêts jusqu'à mettre en péril notre capacité collective à nous nourrir demain ...

Contrainte de santé aussi, qui après avoir permis un allongement au delà du raisonnable de l'espérance de vie à la naissance touche à la limite du modèle, là au moins, nous assistons à un inversement de la courbe ...

Contrainte liées aux ressources fossiles, et pas simplement l'énergie, qui va, si nous n'y prenons garde, nous faire tomber directement d'une économie de l'abondance à une économie de la pénurie ... pardon circulaire que notre humanité a déjà connu durant toutes les périodes de guerre de notre histoire ...

Contrainte de pollution qui, progressivement, rend la vie en bonne santé de plus en plus improbable ...

Là encore je vous laisse poursuivre l'inventaire ...

Mais trouver collectivement des réponses ne peut être imaginé que si nous arrêtons d'avoir peur des mots ...

Alors, la mobilisation de compétences, d'intelligences, ... dans des réseaux tels que skiller, podemos, comité Roosevelt, ... ne prend elle tout son sens qu'en fonction de l'objectif pour lequel ces compétences sont réunies ?

La question posée par Jérôme est philosophique puisse qu'elle porte sur le sens de l'action ... la réponse doit être philosophique et sa traduction est naturellement Politique (et non politicienne) ...

Ce qui est peut être nouveau dans la période actuelle, c'est qu'au lieu de confier la recherche de la solution à quelques personnes souvent estampillés "philosophes" (smith, marx, ricardo, bacounine, ... étaient des philosophes non ?) qui ont réunis autour d'eux des écoles de pensées (capitalisme, communisme, école de Chicago ... sont bien des écoles qui ont formés des adeptes pour faire triompher telle ou telle courant de pensées ...), le niveau d'éducation et les progrès technologiques nous permettent (peut-être ?) de trouver des solutions collectivement ?

Un niveau d'exigence nouveau est-il entrain de voir le jour ? et ce nouveau réseau en est une des formes ?
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