Bonjour à tous,

La semaine prochaine commence les festivités toulousaine autour du numérique. J'interviendrai sur la table-ronde organisée par La Tribune Toulouse à l'occasion du lancement de la deuxième édition du startupper (tous les détails ici) à laquelle vous pouvez vous inscrire gratuitement aux côtés de quelques experts.

La thématique du débat est donc "Start-ups et Grands Groupes, comment éviter le divorce ?" et j'aimerais beaucoup recueillir vos impressions, avis, convictions sur ce sujet d'ici là et préparer ce débat en mode collaboratif si cela vous tente !

Merci à tous et excellente semaine.

Jérôme

business model collaboration grands groupes openinnovation startup
8
7

7 réponses

il y a 2 ans par olivierChaillot

Jérôme, un axe de réflexion pour alimenter ta préparation :

grand groupe : structure organisée pour générer des profits afin de rémunérer ses actionnaires. Il doit donc s'organiser pour produire à coût minimum (et donc à l'identique pour avoir l'effet d'expérience les plus fort) et vendre avec la meilleure marge (et donc avoir une capacité de manipulation des comportements d'achat optimum ... pardon une fonction marketing efficace ! c'est donc une organisation qui structurellement ne peux innover !

start up : organisation non structurée, capable de tester dans tous les sens pour trouver de nouvelles solutions à des problèmes non encore identifiés ou connus, mais qui a du mal à se structurer quand elle a trouver son "modèle économique" ...

la seule issu est le mariage et non le divorce : le grand groupe est incapable d'innover et la start up est incapable de se structurer (tu trouveras bien sûr des exceptions à la règle !) les grand groupes doivent "manger" les starts up pour assurer leur survie ...

bonne réflexion ...et bonne table ronde

4
il y a 2 ans par oimoci

Merci @olivierChaillot, je partage ton analyse ! Reste à savoir ce qu'on trouve dans la corbeille de la mariée ;)

1
il y a 2 ans par Julien_

La métaphore du divorce est assez riche, surtout si on élargit à la notion de couple. Ça peut donner un cadre de réflexion, et rendre la table ronde fun en travaillant dessus. Quelques points qui me sont venus en tête :

  • Est-ce qu'on peut dire que les start-ups et les grands groupes ont déjà été "mariés" ? C'est pas vraiment mon impression vu de l'extérieur, et du coup j'ai eu du mal à envisager un divorce. 
  • Est-ce qu'il y a quelque chose à redire sur l'aspect "séduction" ? Par exemple, les grands groupes ont du chiffre d'affaire qui séduit les startups, et les startups ont des capacités d'innovation et de croissance qui séduisent les grands groupes. Autre chose ?
  • Qu'est-ce qui fait que les amourettes ne débouche pas sur des relation sérieuse ? Une peur de l'engagement ? Des conditions pas compatibles avec sa personnalité ?
  • Le cadre légal du mariage. Aujourd'hui, certains préfèrent le pacs, moins engageant, moins symbolique,... Est-ce que les startups aimeraient garder la liberté de "fricoter" avec d'autres ? Est-ce qu'elles n'ont pas envie de mettre en commun leurs biens ?....

Voilà ce que ça m'inspire :)
En gros chacun a des idées sur le couple, les relations, et je pense que ça peut faire émerger des idées en faisant des parallèles avec les startups et les grands groupes. Tout en ajoutant une dimension fun.

3
il y a 2 ans par oimoci

Merci @Julien_ ! Effectivement, il y a moyen de s'amuser un peu ! 

La notion de séduction que tu proposes me semble très intéressante. Il suffit de visiter les sites internet des grands groupes pour comprendre les fantasmes qu'ils entretiennent autour des start-ups (des micro-entreprises dirigées par des associés visionnaires et enflammées)... Pour avoir visité pas mal d'incubateurs ces derniers mois, ils se visitent plus comme des zoos exposants des startupers que comme des zones de disruption des activités historiques de nos belles et vieilles entreprises. Bref, difficile de se projeter à long terme avec un fantasme !

Par ailleurs, concernant la non-transformation des amourettes, peut-être est-ce une erreur de vouloir marier un géant avec une brindille... Surtout si le géant exige une exclusivité des relations amoureuses alors qu'il est déjà très occupé par ses activités de géant !

3
il y a 2 ans par Coquelicom

Si la startup est une entreprise qui cherche encore son modèle économique, ne vise-t-elle pas a devenir un grand groupe?
Dans startup il y a start...
Après est  ce que la startup qui se développe et grandit, celle qui c'est développée diffère du grand groupe?
Mais c'est comme faire un débat sur "l'auto entrepreneur VS Auchan", est ce qu'on peut comparer?
 

3
il y a 2 ans par oimoci

Merci @Coquelicom !

Tu sais que des start-ups de moins de 10 personnes m'interrogent (avec ma casquette management/organisation) pour me demander ce que je pense de leur organigramme... que je m'empresse de déchirer sous leurs yeux !

L'idée ici est plus de s'interroger sur la capacité à marier start-ups et grands groupes qu'à les comparer.

1
il y a 2 ans par Coquelicom

Les grands groupes font déjà des scissions et laissent voler de leurs propres ailes une partie de leur équipe en mode startup...
 

2
il y a 2 ans par oimoci

@Coquelicom, cela m'intéresse beaucoup ! Tu penses à quels groupes en particulier ?

1
il y a 2 ans par Coquelicom

fr.wikipedia.org/wiki/Scission_(entreprise)
Et plus particulièrement les SPIN-OFF :
Le spin-off n'est possible que dans le domaine des sciences appliquées ou quand un savoir est économiquement valorisable. Il prend alors souvent la forme d'une création de « start-ups » qui met au point des pilotes ou prototypes qu'elle cherche ensuite à vendre à des entreprises qui l'incorporent alors à leurs produits ou services et la commercialisent en versant une rente aux détenteurs des brevets ou licences.

1
il y a 2 ans par gmaison

je n'ai jamais su trancher.

D'un côté économique,le travail collaboratif des grands groupes avec les startups innovantes est intéressant. Mais dans quelle mesure ?

Si les startups sont innovantes, elles ont une manière de créer leurs process, de concevoir leurs produits, d'attaquer le marché d'une manière nouvelle. Or, on sait que dans les entreprises installées, le tryptique Ressources (temps, finances, machines, personnes) / Process (règles, principes de fonctionnement, processus de validation, reporting, ...) / Valeurs (culture de l'entreprise, posture individuelle, reporting aussi, ...) font que tout ce qui est innovant passe souvent à la trappe "parce que ça ne rentre pas dans les cases", parce que le marché étudié est (forcément et par essence) trop petit en matière de rentabilité "à l'échelle" du groupe. Donc, l'innovation, même externe est menacée par "l'habitude de penser et de travailler" des grands groupes. Donc, selon moi, dans le lien entre grands groupes et startups, l'aspect "opérationnel" de la startup doit être très très sécurisé, voire protégé. Enfin, n'oublions pas que les startups les plus innovantes doivent aussi avoir le temps de grandir pour changer certains paradigmes et certaines manières de faire/voir. Quid si AirBnb, Blablacar ou autres avaient été rachetées par des grands groupes de filières respectives ?

En même temps, dans le simple principe de la collaboration humaine, le fait que les startups travaillent avec les grands groupes permet, dans l'autre sens, une pollénisation des innovations et nouvelles techniques dans ces grands groupes, de l'air frais, quoi. De plus, ces grands groupes peuvent aussi être des terrains de tests et d'expérimentation de nouveaux services sur des dimensions très précieuses pour le feedback des startups.

Je pense que l'équilibre est très instable entre les deux.Qu'il n'y a pas de règle absolue, en fait. Très probablement que cela dépendra à la fois des personnalités des dirigeants du grand groupe et de la startup (et de ses conseillers/associés) et de leur rencontre.

Pour ma part, je serais plus enclin à laisser les startups se débrouiller et grandir "à l'abri". Pour faire émerger de nouvelles choses. Mais ceci tient plus de cette petite voix rebelle et révolutionnaire qui me susurre toujours que bousculer les zones de confort est préférable :)

3
il y a 2 ans par oimoci

Merci @gmaison ! J'aime beaucoup ton idée d'équilibre instable à maintenir... avec une problématique d'échelle à adresse : on compterait 5.000 start-ups à Paris et sa Région, et toujours 40 grands groupes dans le CAC40 !

1
il y a 2 ans par CREAgile

La thématique me semble des plus intéressantes, néanmoins j'ai l'impression que les problématiques ne sont pas encore posées de manière claire: "X et Y, comment éviter le divorce?" me semble proche d'un problème de la théorie des jeux: X et Y gagnent ensemble, ou X gagne et Y perd, ou réciproquement, ou X et Y perdent. 

A titre pro, j'ai eu la chance d'être manager du Start-up programme d'un grand groupe de télécoms, puis de l'autre côté du miroir, coach de start-ups cherchant à établir des partenariats avec des grands groupes. J'ai vécu les 4 scénarios ci-dessus (GG, GP, PG, PP) Les enseignements que j'en ai tirés sont simples: plus les scénarios sont clairement imaginés et partagés ensemble, dès le début des échanges, plus le divorce sera loin ou réalisé sans trop de douleurs. Pour fonder une négociation sur des gains respectifs et mutuels,il faut des scénarios élaborés conjointement, un peu comme un contrat de mariage en état de brouillon, avant signature ;-). On appelait cela des MoU de mon temps, pour Memorandum of Understanding. La start-up a plus a perdre à poursuivre des négociations à l'aveugle, pertes de temps, de cash, de focus, de motivation.... C'est du bon sens mais c'est parfois peu partagé ;-) J'ai pu observer beaucoup de malentendus à cause d'attentes illusoires, de faux besoins des grands groupes (exemple typique: faites moi un proto spécifique pour une démo interne avec des décideurs dans 15j, et youpi la startup y croit à fond et mobilise son énergie...) de pertes de temps à cause de rythmes incompatibles, des critères d'achat averse au risque de pérennité (clauses de ré-appropriation des la propriété intellectuelle...), de clash à cause de "faux décideurs" découverts au fil de l'eau (exemple: des personnes "en charge" mais qui n'ont en fait pas du tout de pouvoir de décision!). Bref, vaste thématique et plein de cas en perspective!

3
il y a 2 ans par oimoci

Merci @CREAgile pour ce retour d'expériences ! Ceci dit, une approche structurée nécessite d'être très au fait des objectifs visés et des moyens réellement disponibles, ce qui implique aussi d'abandonner la fameuse sérendipité. Concernant les grands groupes, c'est probablement une bonne voie.

2
il y a 2 ans par CREAgile

avec plaisir! cela dit je ne suis pas certain de bien comprendre: une approche structurée n'est pas incompatible avec la "sérendipité"? Concrètement la découverte et l'adoption d'opportunités ad hoc, au fil de l'eau, est même l'un des bénéfices d'une organisation Agile ou Lean Startup. On peut structurer la vision d'ensemble a priori en retenant des scénarios gagnant-gagnant (acronyme GG demon post précédent;-), en définissant les premières preuves à produire pour tester et mesurer la valeur attendue (concepts, maquettes, protos etc), des indicateurs qui permettent d'évaluer le succès vu du Grand Groupe et de la StartUp, puis en en poursuivant selon un processus apprenant, itératif et incrémental sur des cycles courts. Certains grands groupes ne sont pas à l'aise, du point de vue organisationnel, pour gérer les cycles courts, la transversalité ou encore l'interdisciplinarité, afin de saisir ces opportunités. Mais justement ils peuvent déléguer cette "agilité" à des startups, moyennant un partage jugé équitable des résultats: échecs à coûts partagés ou réussites à gains partagés. Le plus dur c'est de se mettre d'accord a priori sur cette répartition, les GG étant plutôt averse au risque ayant tendance à le reporter sur leurs fournisseurs ou partenaires...

Si cette analyse n'est pas fun, je propose de la mener au moyen de jeux collaboratifs: "Souviens-toi du futur" pour se positionner à la date du succès en fêtant les résultats obtenus, avec 2 catégories de joueurs qui changent de rôle pour être en empathie, des représentants de Startup et de grands groupes. Ajoutons un "Mon Pire Cauchemar", un jeu de partage de scénarios catastrophes qui a le mérite de mettre sur la table les risques, craintes, a priori et autres biais de négociation qui ressortirons sinon au cours du mariage...

2
il y a 2 ans par oimoci

Nous sommes bien d'accord ! Mon point vise, plus trivialement, la difficulté à répondre à l'objection : "mais, ce n'est pas au budget !" ? Du coup, l'échelle de temps n'est pas la même et la collaboration devient très complexe !

1
il y a 2 ans par AlexiaLesReizoteuses

On va se régaler au débat !
Déjà, je trouve que c'est intéressant de créer du lien entre les deux, et de ne pas partir du principe qu'ils ne peuvent pas faire de leur différence, une force (même si je rejoins Julien sur le fait que pour le moment ils ne semblent pas avoir été mariés). Paradoxalement, j'ai l'impression que les GG lorgnent de très près les StartUp et cherchent éventuellement à les incuber, créer des pôles dédiés, favoriser les intrapreneurs etc., comme je trouve que les StartUp l'air de rien aimeraient bien devenir les GG de demain en imposant leur vision du management et de l'innovation. Les opposés s'attirent :) 
J'ai l'impression que la scission est bcp plus importante entre les StartUP et PME plus traditionnelles qui ne comprennent pas toujours l'engouement et les nouvelles formes d'organisations qu'elles engendrent sachant qu'au final elles rencontrent peu ou prou les mêmes problématiques, ont le même nombre de salariés etc. 
Bref je n'ai aucune expertise sur le sujet, là c'est vraiment une impression personnelle :) 
Trop sympa en tout cas, d'avoir lancé cette thématique, rien que de lire les commentaires, ça permet d'ouvrir sa réflexion ! 
A mardi pro ! Bises 
 

3
il y a 2 ans par oimoci

Merci @AlexiaLesReizoteuses :)

Effectivement les GG sont de plus en plus à cocher les cases du "programme start-ups" même si nous avons un gros problème d'échelle : les moyens accordés sont ridicules comparés aux enjeux (10 start-ups de 3 ou 4 personnes comparés aux dizaines de milliers de salariés d'un grand groupe).

De l'autre côté, le modèle gagnant semble reposer sur des fonds d'investissement dédiés à ces nouveaux business et rarement limités à un domaine d'activité précis. Ce n'est pas GM qui finance Tesla... Qui rêve effectivement de devenir le GM du 21ème siècle, avec un impact écologique sensiblement différent. Ce sont bien les gagnants du numérique qui financent les start-ups du numérique !

J'aime beaucoup ton apport sur la scission naissante entre les PME (et j'ajouterais bien les TPE) et les start-ups. Là, on parle me semble-t-il de jalousie, et c'est bien légitime ! A tel point que des boites de conseils ou des TPE de mécanique se présentent comme des start-ups, ce qui leur permet une bien meilleure visibilité dans les médias ! Une différence notable : les PME sont financées en dette par des banques, les start-ups en fonds propres par des investisseurs, ça change beaucoup de choses culturellement.

2
il y a 2 ans par ThierryMerquiol

Vaste débat ! Voici quelques points avec le prisme de mon expérience d'accompagnateur et d'investisseur:

- La bienveillance: elle est quasiment toujours au rdv dans ce type de partenariat mais attention: "qui trop embrasse mal étreint"... Fixer donc le cadre précis et les attendus respectifs même si R&D.

- La notion de temps: elle n'a rien à voir entre celui des startups et des grands groupes. C'est culturel et malheureusement difficilement comptatible. Il convient de caler un agenda dès le début de la collaboration et suivre tout décalage (surtout côté grand compte ;-))

- Le passage par la case "achat": mortelle à chaque fois, malgré la volonté de la Direction Générale ou des décideurs style COMEX. Les processus internes des grands groupes n'ont pas prévu de bypass à ce sujet (sauf exception. Il faut donc aborder ce point dès le démarrage (notamment pour anticiper la phase de déploiement si succès du ou des pilotes).

L'open innovation souffre également de ces aspects.

Bref, ma recommandation: identifier dès le départ tous ces points et les contractualiser, pour éviter de mourir guéri...

2
il y a 2 ans par oimoci

Hasard de l'actualité, comme on dit à la télé, le dernier épisode de l'émission Out Of The Box de Radio Village Innovation est en ligne et le sujet est "entreprises ouvertes et écosystémiques" !

Promis, la prochaine fois je parle DANS le micro ;) 

1

Vous aimez Skiller?

Rejoignez la communauté.